top

King Dong

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    King Kong Index du Forum -> LE VILLAGE INDIGENE : L'UNIVERS DE KING KONG -> Livres
Auteur Message
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 584
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 623
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 18/07/2009, 14:29    Sujet du message: King Dong Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
KING DONG (HarperCollins, novembre 2005, 248 pages)
De Edgar Rider Ragged, Steve Barlow et Steve Skidmore.



Dans cette parodie déjantée, l’intrépide explorateur Indiana Bones est engagé pour capturer le légendaire King Dong, un gorille à la taille démesurée. Accompagné de son meilleur ami gay Fey Ray et de la blonde platine Ann Darling, qui doit servir d’appât, Indiana s’enfonce dans des territoires inexplorés à la recherche du gorille géant. Au cours du récit, interviennent dinosaures, nazis, orcs et une myriade de personnages et d’évènements issus de films classiques et contemporains. L’histoire se termine par un monstrueux climax sur le sol américain, Dong escaladant les lettres géantes d’Hollywood avant que des vaisseaux spatiaux viennent l’importuner.

Sans même avoir pris connaissance du contenu du livre, on voit tout de suite qu’il doit s’agir d’une vaste farce au seul nom de l’auteur principal. En effet, Edgar Rider Ragged sent bon le pseudo à peine déguisé, combinaison de Edgar Wallace (qui a écrit la première mouture du scénario de King Kong) et H. Rider Haggard, créateur notamment du personnage d’Allan Quatermain et auteur de nombreux livres d’aventures à succès dont certains ont été portés à l’écran plusieurs fois : She et Les Mines du Roi Salomon.

Ce qui est intéressant dans le cas de H. Rider Haggard justement, c’est qu’une des aventures d’Allan Quatermain pourrait bien avoir en partie inspiré King Kong et Son of Kong. Vers la fin du 18ème siècle, Haggard a passé plusieurs années en Afrique coloniale. Il avait donc une très bonne connaissance du territoire africain et de ses autochtones, ce qui l’a conduit à écrire des histoires se passant principalement sur ce continent, et ce avec une touche unique de véracité mêlée de mysticisme. Son respect et sa compréhension des africains transparaissaient à chaque page, loin du chauvinisme affiché des colons blancs de l’Empire.



Dans l’une des toutes premières aventures d’Allan Quatermain, appelée «Heu-Heu or The Monster » et sortie en 1923, l’aventurier et son ami Hans parcourent la brousse avec des chars à bœufs dans le but de faire du troc avec les indigènes en échange d’ivoire. Au terme d’une journée très orageuse, ils se retrouvent prit au milieux des éclairs qui tuent un grand nombre de leurs bêtes. Les deux hommes trouvent refuge dans une mystérieuse caverne alors que la tempête se déchaîne. Ils découvrent des peintures rupestres sur les parois de la grotte dont une stupéfait Allan : « Imaginez un monstre deux fois plus grand qu’un humain, c'est-à-dire 11 ou 12 pieds de haut (environ 3,60 m)… Imaginez cette chose comme étant un immense singe, à coté duquel le plus gros gorille ressemblerait à un enfant ». Allan refuse de croire à l’histoire que lui raconte Hans et qui voudrait que cette créature encore vivante soit adorée par les indigènes. Une fois la tempête passée, ils s’aperçoivent qu’il ont perdu la plupart de leurs bêtes et se rendent dans un endroit plus familier, The Black Kloof, une vallée abritant le sorcier Zikali. Mais en échange des bœufs dont il a besoin, Allan doit s’acquitter d’une étrange mission auprès du sorcier. En compagnie d’un autochtone parlant arabe, Allan et Hans doivent parcourir un long périple qui les mène à un territoire perdu, entouré d’immenses marécages. Au centre des marais, entourés d’hommes préhistoriques et de grands animaux, Allan découvre que le singe représenté dans la grotte est bien l’idole vivante déifiée par les indigènes. Surviennent alors plusieurs sous intrigues : un grand prêtre jaloux qui désire épouser la fille du chef, une indigène qui tombe amoureuse d’Allan etc… Le chef, qui éprouve pour le dieu-singe Heu-Heu un respect mêlé de crainte, doit sacrifier sa fille pour apaiser le monstre. Cette scène, qui est décrite par le chef, offre une troublante ressemblance avec celle de King Kong :

« Dans 3 jours la lune sera pleine, ce qui marque le début des récoltes. Cette nuit là, nous devrons emmener ma fille, que le destin a désigné, sur l’île au milieu du lac où se dressent les montagnes fumantes et l’attacher aux piliers du rocher des offrandes qui se trouve entre les deux colonnes du feu éternel. Nous devrons ensuite la laisser et à l’aube, ainsi qu’il est dit, Heu-Heu lui-même viendra la saisir et l’emporter jusqu'à sa caverne, où elle disparaîtra à jamais ! »

A partir de là, les sous intrigues reprennent jusqu’à la nuit de la pleine lune, où Allan et Hans sauvent la fille du chef attachée aux piliers en la remplaçant par le corps d’une femme morte. Alors que survient l’aube, le singe géant apparaît pour réclamer son sacrifice !
Les deux hommes décident de mettre un terme à tous ces sacrifices en faisant sauter les portes d’écluses à l’aide de tambours qu’ils ont rempli de poudre. Le cours de la rivière ainsi détournée s’engouffre dans la chambre souterraine du volcan et provoque une réaction en chaîne à l’issue de laquelle l’île toute entière va sombrer dans les flots.

Haggard, cependant, choisi de s’engager dans une voie médiane en révélant que le singe de 4 mètres n’est autre que le grand sorcier monté sur des échasses et revêtu d’un costume de singe. Plus intéressante est la suite des évènements : alors que la supercherie nous est dévoilée, l’île s’enfonce progressivement dans le lac et le sorcier grimpe de plus en plus haut sur la montagne, essayant de sauver sa vie. Il disparaîtra finalement avalé par les flots, d’une manière très proche de la fin de Son of Kong.

Donc, la question est de savoir si oui ou non O’Brien ou Cooper avait lu le roman de Haggard et, enthousiasmés par certaines scènes, les avaient consciemment reproduites au moment de réaliser King Kong et sa suite. Nous ne le saurons sans doute jamais mais la question méritait d’être posée. En tout cas, en tant qu’aventurier et explorateur lui même, il ne serait guère surprenant que Cooper ait lu les romans de Haggard consacrés à son personnage fétiche : Allan Quatermain. D’ailleurs, peu après King Kong, Cooper, en tant que producteur cette fois-ci, adaptera en 1935 un autre roman de H. Rider Haggard : She.

Heu-Heu or the Monster à été publié à l’origine par Grosset & Dunlap en 1923. Il a été réédité en 1924 par Doubleday et Hutchinson & Co (repris en 1972), en 2000 par Wildside Press et dernièrement en 2005 par Dodo Press.

Il existe une version française mais qui n’est pas disponible dans le commerce. Elle a été publiée chez l’éditeur belge Recto-Verso dans la collection Ides et Autre en mars 1997.



Revenir en haut
SUPERMEGALOSAURUS
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2007
Messages: 1 963
Localisation: Région parisienne
Point(s): 1 883
Moyenne de points: 0,96

MessagePosté le: 19/07/2009, 10:09    Sujet du message: Re: King Dong Répondre en citant

SKULL.ISLAND a écrit:
on voit tout de suite qu’il doit s’agir d’une vaste farce au seul nom de l’auteur principal. En effet, Edgar Rider Ragged sent bon le pseudo à peine déguisé, combinaison de Edgar Wallace […] et H. Rider Haggard


Ça n'est pas sans rappeler Edgar Rice Burroughs également !

SKULL.ISLAND a écrit:
Cette scène, qui est décrite par le chef, offre une troublante ressemblance avec celle de King Kong :

« Dans 3 jours la lune sera pleine, ce qui marque le début des récoltes. Cette nuit là, nous devrons emmener ma fille, que le destin a désigné, sur l’île au milieu du lac où se dressent les montagnes fumantes et l’attacher aux piliers du rocher des offrandes qui se trouve entre les deux colonnes du feu éternel. Nous devrons ensuite la laisser et à l’aube, ainsi qu’il est dit, Heu-Heu lui-même viendra la saisir et l’emporter jusqu'à sa caverne, où elle disparaîtra à jamais ! »


C'est vrai que c'est troublant… Ceci dit, on retrouve dans cette histoire de nombreux concepts qui remontent, pour certains, à l'antiquité : Thésée et le Minotaure (avec les jeunes gens à sacrifier périodiquement au monstre), Andromède (attachée au rocher et livrée en pâture au serpent de mer), la Belle et la Bête… Il y a fort à parier que ce type de mythe remonte même à la préhistoire, et que nos lointains ancêtres parlaient déjà (voire pratiquaient !) de tels sacrifices humains à des puissances de la Nature géantes et mystérieuses. Difficile donc, selon moi, de soupçonner un réel plagiat, même inconscient, dans ce cas précis. Mais qui sait ?


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:59    Sujet du message: King Dong

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:    Sujet précédent : Sujet suivant  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    King Kong Index du Forum -> LE VILLAGE INDIGENE : L'UNIVERS DE KING KONG -> Livres Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation