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LES PROJETS AVORTES
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SKULL.ISLAND
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MessagePosté le: 05/09/2009, 00:39    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

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KING KONG : LES PROJETS AVORTES



Depuis qu'il est sorti sur les écrans en 1933, King Kong n'a cessé d'enflammer l'imagination des cinéphiles à travers le monde. Dès cette année-là, pas moins de trois parodies virent le jour et même si ce n'était que des cartoons, le mythe du singe géant détruisant tout sur son passage s'installait dans les esprits. L'année suivante, Kong eut un fils et les projets les plus variés mettant en scène King Kong ou d'autres gorilles gigantesques commencèrent à germer dans l'esprit des producteurs. Certains de ces projets se sont concrétisés, d'autres sont restés au stade de la simple évocation ou ont été abandonnés en pleine production. Quelques uns étaient très alléchants, d'autres, comme vous le lirez, beaucoup plus anecdotiques...


1933 : THE NEW ADVENTURES OF KING KONG

Après la sortie de Son of Kong en 1933, Merian C. Cooper conçut le projet d’une autre suite, « The New Adventures of King Kong » qui raconterait les mésaventures de Denham durant le voyage pour ramener Kong à New York, montrant l’évasion du singe dans l’archipel malais. Alors que l’équipage est occupé à réparer le Venture qui vient de s’échouer sur une ile de Malaisie, les hommes sont attaqués par des créatures étranges et monstrueuses. Ils libèrent Kong de ses chaines afin que celui-ci affronte les monstres puis tentent de le capturer à nouveau. Ce fut Schoedsack qui dissuada Cooper d’une telle suite, prétextant qu’ils avaient suffisamment exploités le concept.



1934 : THE LOST ISLAND

Une parodie de King Kong, "The lost island", ne fut jamais terminée et est donc inconnue du public. Cette production des studios Christie fut commencée au début de l’année 1934 et c’était l’un des premiers courts-métrages (mis à part les films d’animation) à être réalisé en technicolor. C’était une comédie musicale qui reprenait avec beaucoup d’imagination le thème de Kong. Les acteurs humains étaient des marionnettes imaginées et réalisées par Blanding Sloan, Wah Ming Chang, Charles Cristadoro et Mickey O’Rourke. On se souvient de Wah Chang et de ses dragons extraordinaires, ainsi que des autres effets d’animation qu’il réalisa pour les films de George Pal : The wonderful world of the brothers Grimm, Seven faces of Dr Lao et The time machine.
Parmi les personnages de The lost island, on reconnaissait Mae West et les Marx Brothers. Kong, cette fois-ci, était incarné par Charles Gemora* en costume de gorille. D’autres monstres étaient eux aussi joués par des acteurs sous d’ingénieux déguisements. Orville Goldner, l’un des auteurs de "The making of King Kong", (1975), était directeur de production. La musique originale fut composée par Eddie Ward. Le réalisateur était LeRoy Prinz, qui dirigeait si brillamment la chorégraphie des spectacles Paramount. L’opérateur était Ray Rennahan, l’architecte-décorateur Juan Larrinaga, et les décors furent construits par Harry Barclay. Orville Goldner était assisté par William Morgan.

Malheureusement on dut abandonner The lost island quand les fonds virent à manquer. C’était un film à gros budget, l’utilisation du procédé technicolor sur trois pellicules revenait beaucoup plus cher que les films uniques d’aujourd’hui. Comble d’ironie, ce procédé fit ses débuts un peu plus tard dans l’année avec La Cucuracha, un film en deux bobines réalisé par Pioneer Pictures pour la RKO, qui obtint une série d’oscars, couvrant de gloire ses réalisateurs et entre autres le directeur de production de Pioneer : Merian C. Cooper.

Les scènes tournées pour ce film n'ont jamais refait surface, seules subsistent quelques rares photos que je vous livre ici.







A suivre...

* Charles Gemora était un acteur spécialisé dans l'incarnation des gorilles à l'écran, rôle qu'il jouait depuis les années 20 dans un costume de sa propre fabrication. Il prétendit pendant des années que c'était lui qui interprétait King Kong dans le film de Schoedsack et Cooper jusqu'à ce que la fabrication des effets spéciaux soit révélée au public.
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MessagePosté le: 06/09/2009, 14:04    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

On reconnait Mae West, en effet !

Encore un article extraordinaire, comme d'hab', et encore ce n'est que le début. Je suppose qu'il fait partie des articles abandonnés prévu à l'origine pour Metaluna N°5 ?

Félicitations une fois encore, mon cher Skil (ça devient lassant à la fin… xD ).
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MessagePosté le: 06/09/2009, 21:15    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Merci beaucoup

C'est en effet un des articles prévu pour Metaluna mais qui a dû être supprimé. C'était le plus long de tous et même en opérant de très larges coupes il prenait trop de place (plus de 8 pages à lui tout seul après en avoir retiré un bon tiers). Je comprend ce choix dans la mesure où l'on peut considérer qu'il n'est pas très utile de consacrer autant d'espace à des films qui n'ont même pas été tournés et que l'on ne verra jamais.

D'un autre coté, comme je le disais dans le post sur Metaluna c'était l'article dont j'étais le plus fier, pas en termes d'écriture (je n'ai jamais été satisfait de ma prose) mais pour le travail de recherche qui m'a demandé plusieurs années d'un décorticage minutieux de plusieurs centaines d'articles issues de livres, magazines, fanzines, sites web, forums en tout genre et tout cela parfois dans de drôles de langues comme l'allemand ou le japonais !

Voilà le genre de sujet qui n'intéresse sûrement pas grand monde mais qui moi me passionne. Je me sens, tel Cooper, un aventurier défrichant des territoires vierges où les autres ne ce sont pas aventurés avant. Enfin si un peu quand même, je ne suis pas le premier à en parler mais ce qui est sûr, c'est que vous ne trouverez pas mieux et plus complet ailleurs, je vous le garanti. C'est une exclu King Kong World !!!

Et maintenant assez de bla-bla, la suite :







1935 : TARZAN VS. KING KONG

Quand M. C. Cooper et Jock Whitney fondent Pioneer Pictures en 1935, Cooper demande à Selznick que ce dernier lui propose une idée de film que la compagnie pourrait développer. Dès le lendemain le producteur lui suggère Tarzan vs King Kong. Malheureusement pour Cooper, non seulement la MGM n’avait pas l’intention de céder les droits pour le personnage de tarzan mais en plus une soudaine activité autour des droits concernant King Kong lui fit prendre conscience qu’il ne possédait pas un contrôle total sur son propre personnage et dut suspendre le projet. Dès 1931, Cooper qui avait déjà le pitch de King Kong en tête, essayait d’acquérir auprès de Irving Thalberg les droits pour porter à l’écran les aventures de Tarzan dans l’espoir de tourner simultanément deux aventures africaines : « Tarzan » et « King Kong » et économiser ainsi sur les coûts de production.



1949 : JOE MEETS TARZAN

Peu après la sortie de Mighty Joe Young (Monsieur Joë en france), en 1949, Merian C. Cooper et Sol Lesser annoncèrent qu'ils allaient en tourner une suite, Joe Meets Tarzan, où l'acteur Lex Barker (qui incarnait Tarzan à l'époque), devait rencontrer un Monsieur Joe légèrement grandi. On engagea Leland Laurence pour développer le scénario du film, mais l'entreprise ne dépassera jamais ce stade; probablement parce que les producteurs réalisèrent vite que Mighty Joe Young allait être un échec financier. Et en effet, l'accueil mitigé du public pour le film en décida autrement et rejeta ce beau projet aux oubliettes.

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MessagePosté le: 07/09/2009, 22:00    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

ABBOTT AND COSTELLO MEET CAPTAIN KIDD AND KING KONG (194?)









En 1949 sort sur les écrans Abbott et Costello en Afrique (Africa Screams) de Charles Barton où les deux nigauds – comme on les appelait chez nous – rencontrent très brièvement un clone de King Kong dans les profondeurs de la jungle africaine. Sans être une des meilleurs comédie du duo, celle-ci se hisse néanmoins à un niveau fort honorable dans la filmographie des rois du slapstick, avec cette séquence mémorable où Lou Costello tombe sur un spécimen d’orangoutang gargantua d’une bonne dizaine de mètres. Cette scène qui dure à peine quelques secondes est tout ce qui reste d’un projet complètement dingue où le tandem se retrouvait à l’origine confronté à King Kong et à une bande de pirates dirigés par le capitaine Kidd. L’incroyable scénario envisagé initialement (dévoilé un peu plus bas), concocté par un petit génie que j’aimerais féliciter, sera finalement débarrassé de tous ses éléments « kingkonguesques » et réutilisé 3 ans plus tard pour Abbott and Costello Meet Captain Kidd (Joyeux Corsaires en Belgique) de Charles Lamont où nos deux compères entrent en possession d'une carte au trésor, celui-ci étant situé sur une île appelée Skull Island.



Scénario de Abbott and Costello Meet Captain Kidd

Alors qu'ils sont en route pour se rendre à leur travail à la taverne "La Tête de Mort" sur l'île de Tortuga, Oliver et Rocky sont arrêtés par Lady Jane qui leur remet un mot d'amour adressé à Bruce Martingale, chanteur à la taverne. Pendant ce temps là, l'impitoyable Capitaine Kidd dîne avec le pirate féminin Anne Bonny. Celle-ci réclame que le capitaine, qui a jeté l'ancre sur son territoire, lui reverse la part du butin qui lui revient de droit, comme le veut la coutume. Kidd l'informe qu'il a caché le trésor sur l'île de Skull Island et que lui seul détient la carte qui indique son emplacement. Ils décident que Bonny naviguera jusqu'à l'île sur le propre bateau du capitaine, alors que l'équipage de la femme pirate la suivra sur son navire, prêt à attaquer en cas de trahison. Oliver qui attend auprès des deux pirates pour leur servir le dîner est très nerveux. Lors d'une bousculade avec le capitaine Kidd le billet d'amour et la carte sont échangés. Rocky, qui s'est apperçu qu'Oliver est maintenant en possession de la carte négocie en échange une partie du butin. Le capitaine accepte mais prévoit d'éliminer les deux garçons une fois la carte récupérée.
Le bateau pirate lève la voile avec à son bord le Capitaine Kidd, Anne Bonny, Oliver, Rocky et Bruce qui a réussi à se faire engager parmi l'équipage. Les tentatives du capitaine pour éliminer Rocky et Oliver échouent systématiquement alors que la carte et le billet ne cessent de passer de main en main. Anne Bonny, qui a intercepté le billet, croit alors que celui-ci lui est adressé et que l'auteur n'est autre qu'Oliver. Sur la route de Skull Island les hommes de Kidd abordent un vaisseau anglais et enlèvent Lady Jane qui se trouvait à son bord. Une fois sur l'île déserte, Rocky et Oliver déterrent le trésor et démasquent le Capitaine Kidd qui projettait de doubler Anne Bonny. Elle averti son bateau qui ouvre le feu sur l'équipage de Kidd. Oliver et Rocky aident la femme pirate à récupérer sa part du trésor, se joignent à son équipage et prennent le Capitaine Kidd pour en faire leur prisonnier...




Si la comparaison avec King Kong s'arrête là dans le film - Skull Island n'étant plus qu'une île déserte tout à fait ordinaire - il en allait bien autrement dans la première mouture du scénario où Oliver et Rocky sont appelés Ollu et Buzsla.

Détail du scénario original :

Le capitaine Kidd se trouve en possession de la carte d'une île situé dans l'océan Indien, au sud-ouest de Sumatra et appelé Skull Island. Selon la légende, de grands dangers se cachent sur cette île ainsi qu'un fabuleux trésor. Kidd décide de se rendre sur Skull Island mais ses hommes, effrayés par la nouvelle, ne tardent pas à déserter. Kidd recrute un nouvel équipage et s'associe avec une femme pirate : Anne Bonny. Après plusieurs péripéties, Ollu se retrouve avec la carte de Kidd et négocie une part du trésor avec lui. Afin d'éviter d'être massacré pendant le voyage, Ollu découpe la carte en plusieurs sections et montre seulement les parties nécessaires. Ollu et Buzsla sont accompagné par leur ami Bruce Martingale, qui travaillait avec eux à la taverne et qui se révèle être un excellent escrimeur. Comme dans le film, Kidd aborde et capture un navire anglais et retient captive Lady Jane mais c'est la première fois que celle-ci apparaît dans le script. C'est à partir du moment où les deux bateaux arrivent en vue de Skull Island que les versions diffèrent complètement. En dépit de la carte, la difficulté de situer l'île de façon précise était accrue par le fait que celle-ci était en permanence entouré d'un épais brouillard. Après avoir fait le tour de l'île, l'équipage se rend compte que celle-ci est majoritairement composée de falaises abruptes et escarpées mais finit par trouver une petite péninsule ou jeter l'ancre. Une fois débarqués, ils ont affaire aux indigènes de l'Ile du Crâne qui semblent être un mélange de groupes ethniques négroïdes et polynésiens. Un des membres de l'équipage, d'origine malgache, parle leur langue et ils apprennent ainsi que les indigènes vivent dans une petite zone près de la péninsule sableuse et séparé du reste de l'île. La majeure partie de l'île se trouvait de l'autre coté d'un profond précipice et, entre celui-ci et la péninsule, se dressait une immense muraille en bois de 130 pieds de haut. Le petit village des indigènes était construit au milieu des ruines d'une ancienne civilisation dont on ne connaissait pas l'origine du fait qu'une grande partie de l'île n'avait jamais été explorée. Le scénario toutefois laissait suggérer qu'il pouvait s'agir des vestiges du continent perdu de Mû ou de la Lémurie.
Une fois soumis à la puissance de feu des pirates, les indigènes proposent un marché au Capitaine Kidd : en échange des deux femmes blanches, Anne Bonny et Lady Jane, ils lui montreraient le grand trésor de l'Ile du Crâne. Cependant, d'après la carte en possession d'Ollu, il y avait un autre trésor au milieu de l'île. Kidd décide de protéger ses arrières et cède Lady Jane aux indigènes mais garde pour lui Anne Bonny, sentant qu'il pourrait avoir besoin de l'équipage de la femme pirate. En dépit des protestations de Bruce et Ollu, Lady Jane est attachée entre deux colonnes et, pendant qu'un gong est martelé, deux gigantesques portes dans le mur sont ouvertes pour laisser pénétrer Kong, un immense singe de 50 pieds de haut. La créature prend tendrement Jane dans sa main et s'enfonce dans la jungle. Kidd, demandant alors aux indigènes où se trouve le trésor, apprend que Kong représente à leurs yeux le grand trésor dont ils lui avaient parlé. Le capitaine force les indigènes à rouvrir les portes et s'aventure dans la jungle avec ses hommes. Ils découvrent toutes sortes de dragons géants, d'immenses reptiles et insectes. Au centre de l'île était une montagne taillée en forme de crâne, probablement par la civilisation antique qui vivait sur l'île dans le passé. Près d'un lac d'asphalte se trouvait d'autres ruines dont de nombreux bâtiments avaient glissés dans le lac et étaient presque entièrement submergés. Explorant les ruines, Kidd et ses hommes découvrent une grande plaque en or dépeignant l'histoire de l'île mais seules quelques gravures étaient préservées, la chaleur dégagée par le lac ayant fait fondre la plupart des pictographes. Ils trouvent aussi la statue taillée dans le diamant d'un singe tenant un soleil en or massif et, dans des ruines voisines, des gemmes placées dans les restes de machines faites de métal et de cristal. Tandis que l'équipage pille les ruines, Bruce Martingale, Buzsla et Ollu partent à la recherche de Lady Jane. En suivant la piste laissées par Kong, ils finissent par retrouver sa trace mais ils découvrent aussi un groupe entier de singes géants vivants dans une région montagneuse située dans la partie nord de l'île. Le groupe de singes est composé d'individus de tailles diverses, les plus petits étant recouverts d'un pelage blanc. Lady Jane, qui a été entièrement déshabillée, est blottie dans les bras d'une femelle. Attendant jusqu'à ce que les singes s'endorment pour la nuit dans les arbres ou parmi les rochers, Buzsla et Ollu rampent au milieu de la tribu de primates et délivrent la jeune femme. Mais alors qu'ils se trouvent à une demi-heure de marche du repaire des grands singes ils entendent un terrifiant rugissement et des pas lourds martelant le sol. Kong est à leur trousse, accompagné par une femelle ainsi qu'un autre mâle. Courant pour leur vie, Bruce, Jane, Buzsla et Ollu tombent alors sur les pirates qui transportent leur lourd fardeau amassé dans les ruines. Contraint d'abandonner les pierres précieuses et les pièces d'or arrachées des murs du palais des pictograhes, l'équipage se rue sur les portes de la muraille mais celles-ci sont bloquées par les indigènes. Anne Bonny se rappelle alors qu'elle avait vu sur les pictographes un tunnel passant sous le mur. Longeant le mur ils trouvent l'entrée du tunnel mais celui-ci est devenu le repaire d'une araignée géante. Devant affronter le monstre et sa progéniture, ils auront fort à faire pour se frayer un passage. Une fois de l'autre coté du mur, le Capitaine Kidd tente de trouver un plan pour récupérer le butin qu'il a laissé mais Anne Bonny déclare qu'elle en a assez de l'île et qu'elle se contentera du trésor déjà assemblé. Ils se partagent le reste de l'or qu'ils ont pu sauver et les gemmes. Alors qu'ils regagnent leurs navires, Kidd échaffaude un plan pour neutraliser le bateau de Anne, la livrer elle et ses amis à Kong et récupérer le butin. Buzsla et Ollu on percés sa traîtrise et s'arrangent pour mettre ses canons hors d'état de nuire et déchirer les voiles de son bateau. Anne Bonny abandonne le Capitaine Kidd sur Skull Island mais ils découvrent vite que ce dernier à laisser croupir l'eau. Plutôt que de retourner sur l'Ile du Crâne ils trouvent une petite île habitée et négocient avec les indigènes pour la nourriture et l'eau tandis que Ollu leur montre comment fabriquer un piège efficace pour capturer les sangliers. Avant de partir Ollu donne au chef de la tribu une grande gemme trouvée sur Skull Island. Anne Bonny décide d'utiliser sa part du trésor pour devenir une respectable femme mariée et envisage Ollu pour époux. De son coté, Bruce avoue qu'il est membre des Chevaliers de Malte et qu'il enquête sur les attaques de bateaux de pèlerins par des pirates pour savoir si la flotte Maltaise devait devenir impliquée. Cependant il est tombé amoureux de Lady Jane et souhaite quitter l'ordre mais pour ce faire il doit revenir à Malte et avoir la permission du Grand Maitre.
Quand le bateau de Anne Bonny arrive à Naples, Ollu, Buzsla, Bruce et Lady Jane font route séparément. Ces deux derniers font route vers Malte tandis que Ollu et Buzsla voyagent vers le nord pour échapper à Anne Bonny et traversent l'Angleterre d'où ils partent ensuite pour le Nouveau Monde. Ils seront plus avisés que le capitaine Kidd qui décidera lui de retourner dans les Caraïbes et découvrira qu'il est recherché pour actes de pirateries. De retour à New York il sera arrêté puis pendu. Dans ses affaires personnelles se trouvait une carte qu'il avait dessinée à partir des morceaux de celle de Ollu. Cette version de la carte avait par la suite atterrie entre les mains de Nils Helstrom, qui l'avait ensuite vendu à Carl Denham.


Cette incroyable histoire aurait pu s'intituler "Abbott & Costello Meet Captain Kidd and King Kong" mais le studio trouva que le mélange de pirates, de dinosaures et de singes géants était vraiment too much. Ils eurent l'idée de faire un autre film tournant uniquement autour du voyage à Skull Island et appelé "Abbott and Costello Meet King Kong". Malheureusement, le film ne se fera jamais et l'on apercevra que brièvement un singe géant dans "Abbott et Costello en Afrique" qui ressortira d'ailleurs très furtivement en VHS dans les années 80 sous le titre "Abbott and Costello Meet King Kong". Pour des raisons de droit concernant le personnage de King Kong, la cassette fut très vite retiré de la location et a dû devenir un super collector depuis.



Il est intéressant de noter que certaines planches du storyboard de Africa Screams sont l’œuvre de l’artiste Glenn Cravath qui avait déjà illustré la jaquette du roman original de King Kong en 1932 ainsi que le comic strip dévoilant les scènes clés du film avant sa sortie.



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MessagePosté le: 07/09/2009, 23:25    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

SKULL.ISLAND a écrit:
1949 : JOE MEETS TARZAN

... où l'acteur Lex Barker (qui incarnait Tarzan à l'époque)...



En tout cas, sur le photomontage, c'est bel et bien Johnny Weissmuller (Tarzan), Johnny Sheffield (Boy) et... la divine Maureen O'Sullivan, la plus belle Jane que le cinéma connaitra jamais !



La famille au grand complet. Maureen, je t'aime !…
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MessagePosté le: 08/09/2009, 22:17    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

THE EIGHTH WONDER (1952)

Avec la ressortie de King Kong sur les écrans américains en 1952, Cooper – qui travaillait pour la compagnie Cinerama – eut l’idée de faire un remake en couleur utilisant ce nouveau procédé révolutionnaire. A cette fin, il engageât Willis O’Brien – officiellement pour travailler sur This is Cinerama (Place au Cinérama), le premier long métrage utilisant le nouveau procédé de l'écran ultra large. O'Brien n'eut pas grand chose à faire au cours du tournage proprement dit, mais Cooper lui confia la tâche d’étudier la possibilité de faire un remake en Cinérama de King Kong.

Le défi était énorme : le procédé nécessitait l’utilisation de trois caméras placées cotes à cotes et filmant en parfaite synchronisation afin que le film puisse ensuite être diffusé par trois projecteurs sur trois écrans larges dans une configuration à 180°. Cette technique particulière compliquait d’autant plus les prises de vues en rétro projection et autres procédés habituels utilisés pour les effets spéciaux et l’animation image par image.

Parmi les divers projets de films que le réalisateur voulait tourner avec ce nouveau procédé, il y en avait un en animation et il ne cacha pas son intention de se servir du personnage de King Kong pour porter à l’écran une idée qu’il avait eu 19 ans plus tôt. Cooper avait en tête de tourner la partie du film qui avait été omise dans le scénario original : l’épisode inédit de la fuite de Kong, lors du voyage de retour entre Skull Island et New York. Cooper avait imaginé que, suite à un naufrage, le grand singe se serait évadé vers la cote malaise mais aurait finalement sauvé l’équipage en affrontant des animaux sauvages, uniquement pour les beaux yeux d’Ann Darrow !

La nouvelle fut imprimée dans diverses publications professionnelles et le film, destiné à être appelé « The Eighth Wonder », semblait en bonne voie. Malheureusement le technicien chargé de concevoir les moteurs extrêmement complexes devant servir à la prise de vue image par image avec trois cameras mourut soudainement d'une crise cardiaque, et le contretemps qui s'ensuivit fut tel que la production dû être suspendu. Cooper quitta la compagnie Cinérama peu après, signant l’arrêt de mort de ce beau projet.

*Dans diverses sources, le titre évoqué pour ce projet est « The New Adventures of King Kong », en référence au projet initial de Cooper datant de 1933-34. Bien qu’il semblerait que « The Eighth Wonder » ait finalement été choisi, il est fort probable que divers titres aient été envisagés.


GODZILLA : THE GORILLA WHALE VERSION (1953)

Tomoyuki Tanaka, créateur de Godzilla et producteur de la série jusqu’en 1997, avait à l’origine imaginé un tout autre monstre que le dinosaure cracheur de flammes que nous connaissons aujourd’hui. Sous la plume du romancier de science-fiction Shigeru Kayana – engagé pour écrire le script -, ce que Tanaka avait en tête tenait plus du gorille géant et l’histoire prenait une tournure plus « gothique » à la Frankenstein, un thiller matiné de maison hantée et de kaiju eiga, directement inspiré de King Kong et du Monstre des Temps Perdus.
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MessagePosté le: 11/09/2009, 16:42    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant





KING KONG VS FRANKENSTEIN / KING KONG VS. THE GINKO / KING KONG VS. PROMETHEUS (1961 – 62)




A la fin des années 50, la carrière de Willis O’Brien est au plus bas. La stop motion n’intéresse plus les studios, effrayés par les coûts et les délais que demande cette discipline. Lassé d’attendre en vain qu’on lui propose quelque chose, O’Brien décide de frapper un grand coup et songe à un moyen de faire revenir King Kong sur les écrans. Plutôt que d’envisager un simple remake, O’Brien conclut que le meilleur moyen de susciter l’intérêt du public et des producteurs est d’opposer à Kong une autre créature célèbre. Il ressort de ses cartons un vieux projet datant des années 20, réaliser une version du Frankenstein de Mary Shelley. S’agissant de l’un de ses romans favoris, Willis O’Brien avait déjà songé, dès 1928, à réaliser un film en animation avec la créature de Frankenstein. Il travaillait à l’époque pour First National Pictures mais, alors qu’il avait entamé des travaux préliminaires en vue de cette adaptation, le projet avait dû être suspendu avant même d’être entré en production. Le succès phénoménal de la version de Universal en 1931 avec Boris Karloff dans le rôle du monstre avait ensuite enterré les espoirs d’O’Brien de porter cette histoire à l’écran.

Le désir de voir Kong affronter un autre monstre géant ravive l’intérêt d’O’Brien pour le roman de Mary Shelley mais, plus de 30 ans plus tard, il n’est bien sûr plus question d’adapter l’histoire telle quelle. En 1961 il réactualise donc ce vieux projet afin d’y inclure le personnage de King Kong, cher à ses yeux. Le résultat aura pour titre King Kong vs Frankenstein. Cette première version du script devait montrer l’affrontement entre le singe géant et une nouvelle version de la créature de Frankenstein dans un film entièrement tourné en couleur, le climax se situant cette fois-ci sur le célèbre Golden Gate de San Fransisco.





"Dans son laboratoire caché dans les profondeurs de la jungle africaine, un descendant du célèbre Baron Frankenstein crée un nouveau monstre de près de quinze mètres de haut, à partir de morceaux provenant de cadavres humains. Mais le monstre s'échappe, tuant le docteur et détruisant son laboratoire. Des comptes rendus de ses ravages parviennent à la civilisation ainsi que quelques photographies, et un groupe de promoteurs de San Francisco décident de capturer la créature et de la ramener pour l'exhiber en public. A peu près au même moment, une expédition menée par Carl Denham fait voile vers Skull Island pour capturer Kong. Ses dirigeants décident également de montrer Kong à San Francisco, et la ville devient le centre d'intérêt du monde entier au fur et à mesure qu'avancent les préparatifs de l'exhibition des deux monstres cote à cote dans un grand stade. Mais les monstres s'échappent de leurs cages et engagent un féroce combat au cours duquel une grande partie de la ville est détruite, l'affrontement se terminant sur le pont du Golden Gate.".

Craignant d’avoir des problèmes de droits concernant l’utilisation du nom Frankenstein, alors propriété supposée de Universal, O’Brien finit par intituler son histoire King Kong vs the Ginko (le mot Ginko venant d’un mélange des mots King et Kong). Il s’avéra finalement que les droits d’Universal ne concernaient que le maquillage de Boris Karloff, créé par Jack Pierce et encore utilisé de nos jours pour représenter la créature. Malchanceux dans ses tentatives pour intéresser les studios et les producteurs, O'Brien dû remanier son script et délaissa l’option d’une créature assemblée de morceaux humains pour lui préférer un monstre créé à partir de divers animaux sauvages. Selon lui, le duel n’en serait que plus efficace si Kong affrontait un autre animal monstrueux. Il créa aussi pour l’occasion de nombreux croquis et aquarelles en couleurs dont seule une petite partie a refait surface.



On y apprend que King Kong n’est pas mort lors de sa chute de l’Empire State Building et qu’il fut ramené en fraude sur Skull Island par Carl Denham pour y être soigné (une idée étrangement proche du postulat de départ du catastrophique King Kong Lives de De Laurentiis). Ce dernier, près de 30 ans plus tard, a dans l’idée de retrouver King Kong et d’organiser un combat avec un autre monstre à San Francisco. Pendant ce temps là, le petit fils du Dr. Frankenstein crée une nouvelle créature géante à partir d’organes de rhinocéros, d’éléphants et d’autres animaux africains de taille imposante. Fidèle à ses prédécesseurs du grand écran, le monstre tue son créateur et détruit le laboratoire avant d’être capturé par des promoteurs et ramené à San Francisco.
Dans un auditorium de la ville, Denham a mit au point un numéro dans lequel une jeune fille marche sur une corde raide, tendue à dix mètres du sol entre les deux mains du Ginko. Quand la corde casse, Kong, croyant que le ginko s’en prend à la fille, se libère de sa cage et attaque la créature géante. Le combat se poursuit dans les rues de San Francisco jusqu’à ce que les deux monstres tombent du Golden Gate et disparaissent dans la mer.






Willis O’Brien apporta ses idées et ses nombreuses esquisses à Daniel O'Shea, le président de la R.K.O., auprès duquel il devait garantir ses droits d'utilisation de King Kong. Ce dernier fut intéressé par le projet et le présenta à John Beck, un producteur qui, pensait-il, pourrait y donner suite. Beck apprécia l'idée de Willis O'Brien mais demanda au scénariste George Worthing Yates (qui avait participé au script des Soucoupes Volantes Attaquent) d'écrire une nouvelle histoire : ce sera King Kong vs. Prometheus (ce dernier terme faisant référence au titre original du roman de Mary Shelley intitulé Frankenstein or the Modern Prometheus). Le Ginko devient donc Prometheus alors que le personnage de Denham est tout simplement supprimé. Prometheus V est la création de Kurt Frankenstein qui rêve de construire une armée de géants ouvriers. Dévoilé au public dans le Candlestick Park de San Francisco, le monstre démontre des aptitudes inattendues, devenant plus rusé de jour en jour. Il finit par tuer son créateur puis affronte King Kong, lui aussi exhibé dans le parc. A partir de là le déroulement de l’histoire est fidèle au script de O’Brien.



John Beck tenta de vendre l'idée aux Etats-Unis mais, quand il s'aperçu qu’il ne trouverait pas de financement de la part des studios hollywoodiens, il parti avec son script sous le bras, d’abord en Italie puis finalement au Japon où la Toho accepta de produire le film à condition que King Kong soit opposé à leur monstre Godzilla. La rencontre titanesque entre les deux monstres serait un événement qui conviendrait à merveille pour fêter le trentième anniversaire de la Toho et de King Kong. Beck et la Toho réussirent à acquérir les droits de la part de la RKO contre 25 000 $ plus un pourcentage sur les bénéfices. La production du film pouvait commencer et on engageât le scénariste maison, Shinichi Sekizawa, pour écrire le script final. Le trio gagnant du premier Godzilla – à savoir Inoshiro Honda (réalisation), Eiji Tsuburaya (effets spéciaux) et Akira Ifukube (musique) – fut rappelé pour cette suite et c’est ainsi que le script original d’O’Brien devint King Kong Contre Godzilla.
Mais Beck se passa de tenir parallèlement O'Brien informé de ses progrès. Ce dernier lui téléphonait régulièrement et Beck lui assurait chaque fois qu'il le préviendrait si quelque chose aboutissait. Plusieurs mois passèrent sans qu'il eût de nouvelles et O'Brien fut engagé pour superviser les effets spéciaux de la dernière séquence du film à grand spectacle en Cinérama de Stanley Kramer, Un Monde Fou, Fou, Fou (It's a Mad, Mad, Mad, Mad World). Ce fut au cours des préparatifs du tournage que les journaux professionnels annoncèrent soudainement que John Beck, qui n'avait pas contacté O'Brien depuis plusieurs mois, était aux studios Toho de Tokyo, en train de mettre la touche finale à King Kong Contre Godzilla, dans lequel Kong était incarné par un homme vêtu d'une peau de singe. O’Brien, qui espérait utiliser le procédé de la stop-motion pour animer les deux créatures en eut le cœur brisé et tout le temps, les efforts et la dépense que lui avait coûté le développement de son histoire étaient réduits à néant. Il mourut d’ailleurs très peu de temps après avoir appris la nouvelle, le 8 novembre 1962, à l’age de 76 ans. Merian C. Cooper eut vent lui aussi du projet et intenta un procès à la RKO, les droits qu’il leur avait concédés ne concernant que 2 films - King Kong et Son of Kong - et ne pouvant porter au-delà. La décision de justice finale, qui ne fût prononcé qu’en 1980, lui donna finalement raison en lui restituant, lui et ses héritiers, les droits du personnage de King Kong.



Voici les propos qu’a rapporté Darlyne O’Brien lors d’une interview avec Kevin Brownlow vers 1970 : « King Kong vs Frankenstein se terminait à San Fransisco et Willis voulait faire prendre le tram à King Kong, mais il n’a pas fini les illustrations. Il y avait de merveilleuses idées d’action. C’est il y a environ dix ans (1960) qu’il a eu l’idée de King Kong vs. Frankenstein mais c’est devenu King Kong vs. Godzilla. Il n’a pas été impliqué du tout dans ce film, mais c’est ce qui était prévu au départ et ça ne s’est pas déroulé comme ça. Normalement ils se rencontraient sur une île et s’affrontaient dans une terrible bataille. Les gens venaient du monde entier pour y assister. Et il a fait ces dessins (13 visages du monstre de Frankenstein) et en a fait encore une demi-douzaine d’autres, ceux-là sont partis au Japon et on ne les a jamais revus. Donc il faisait des essais de physionomie pour voir laquelle lui plairait le mieux. C’est comme ça qu’il concevait ses personnages, en dessinant toutes sortes de types différents et parfois en empruntant un morceau de l’un, un morceau de l’autre pour faire un personnage.



Le neveu de Darlyne O’Brien, Donald E. Hughes, commenta lui aussi cette triste situation : "Je crois qu’il y a eu des poursuites judiciaires et je pense qu’elles furent abandonnées, parce que, financièrement, les hommes de loi vous boufferont la chemise sur le dos, et en fait, c’est ce qui est arrivé alors il a laissé tomber et il n’en est rien sorti. Je ne me souviens plus comment il l’a appris, mais il l’a su, et c’est à ce moment qu’ils ont intenté les poursuites". Peu de temps après la mort de Willis O'Brien, la Toho sorti donc King Kong Contre Godzilla qui reprenait une histoire identique à celle de King Kong vs. Frankenstein à ceci près que la créature de Frankenstein était remplacée par Godzilla, la terreur locale.

Le titre Frankenstein vs King Kong refit surface en 1965. A l’époque il était question que ce soit un film de la Toho mais le projet tombera à l’eau et il faudra attendre 1967 pour que King Kong refasse son apparition dans King Kong Escapes ! Les idées d’O’Brien qui n’avaient pas été retenues pour King Kong contre Godzilla furent utilisées pour l’occasion et servirent aussi à élaborer le scénario de Frankenstein Conquers the World.



En Allemagne, King Kong Escapes fut appelé King Kong Frankensteins Sohn, les distributeurs allemands étant visiblement au courant de ces projets non aboutis et voulant capitaliser sur la popularité du Dr. Frankenstein.






Affiche réalisée par Amandine Ciosi pour le projet Invisibles de l'association Café Creed.



* Une copie de ce script a été mise en vente en avril 2001 sur le site américain de ventes aux enchères Ebay. Celui-ci, intitulé "King Kong vs. the Ginko (Frankenstein's Monster) by Willis H. O'Brien", consistait en un traitement de 9 pages précédées de 2 pages d'introduction.


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MessagePosté le: 11/09/2009, 18:07    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Je savais pas mal de truc sur ce projet, mais le SKULL y va très fort et il nous gratifie en plus sont post de superbes photos inédites !!!!
Je n’ai qu’un mot : FELICITATION !!!!!
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MessagePosté le: 11/09/2009, 20:40    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Rien à ajouter, c'est nickel, comme d'habitude.

Okay
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MessagePosté le: 12/09/2009, 21:23    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

CONTINUATION : KING KONG VS GODZILLA (1963)

En raison de l’immense succès de « King Kong Contre Godzilla » au box office, la Toho souhaite réaliser une suite dans la foulée qui aurait dû s’appeler Continuation : King Kong vs Godzilla. Un premier traitement est écrit par Shinichi Sekizawa, qui avait déjà travaillé sur le film précédent. Le script est soumis à la Toho dès 1963 mais ne dépassera jamais le stade de l’ébauche. Pour d’obscures raisons la compagnie japonaise ne demandera même pas une deuxième version et les idées développées par Sekizawa resteront inconnues. En conséquence Godzilla aura droit à un break cette années là mais reviendra dans deux film en 1964 et devait même apparaître dans un autre projet qui reprenait certaines idées de Willis O’Brien : Frankenstein vs Godzilla.



OPERATION CRUSOE : KING KONG VS EBIRAH (1966)

King Kong contre Godzilla ayant cartonné au box office (il reste à ce jour le Godzilla qui a fait le plus d'entrées au japon - plus de 11 millions de spectateurs lors de sa sortie), les studios Toho décidèrent de remettre le couvert et s'associèrent en 1966 avec la compagnie américaine Rankin/Bass (déjà responsables du King Kong Show diffusé sur ABC) pour produire Operation Crusoe : King Kong vs Ebirah dont le script paraîtra familier aux fans de Godzilla :



Un pauvre pécheur, Ryota, a volé un yacht et pars à la recherche de son frère Yata, disparu depuis longtemps. Celui-ci, selon l'oracle, est encore vivant sur une île isolée dans les mers du Sud. Deux jeunes amis de Ryota, Nitta et Ichino, ainsi que le propriétaire du yacht, Yoshimura, qui est justement un voleur de banques, sont avec lui. Après avoir été attaqué par ce qui apparaît être une gigantesque pince surgie hors de l'eau, le groupe échoue sur l'île de Letchi et découvre que celle-ci sert de base à une organisation terroriste appelée "Red Bamboo". Ses membres fabriquent des armes nucléaires avec l'intention de conquérir le monde. Une partie des indigènes condamnés à l'esclavage essaye de s'enfuir de Letchi dans une barque mais un énorme homard, Ebirah, sort de la mer et les dévore. Une jeune indigène nommée Daiyo, informe Ryota et ses amis que les esclaves ont été emmenés de l'île d'Infant, où réside Mothra, une mite géante. Tous les esclaves veulent s'enfuir, mais cela exige trois jours de navigation, et de plus Ebirah est toujours là entre les deux îles. Alors qu'ils sont découverts par l'ennemi, Daiyo aide nos amis à échapper aux soldats de l'organisation en se cachant dans une grotte. Là, ils découvrent King Kong plongé dans un profond sommeil. Ils décident de tout tenter pour détruire la base mais ils sont rapidement découverts après s'y être introduit. En essayant d'échapper aux soldats, Ryota se prend les pieds dans un ballon dirigeable qui s'envole en l'emportant pendant que Nitta est capturé par l'ennemi. Ryota finit par arriver sur l'île d'Infant où il retrouve son frère Yata. Les habitants de l'île, qui essayent vainement de réveiller Mothra, veulent naturellement sauver ceux des leurs qui ont été pris comme esclaves mais Ebirah reste un problème. Deux petites fées, gardiennes de Mothra, affirment que les bateaux de Letchi sont capables d'entrer dans le port et d'en sortir en toute sécurité à condition qu'un liquide jaune spécial soit versé dans la mer au moment du passage… un liquide qui répugne Ebirah et dont l'existence est aussi connue de l'organisation terroriste qui se sert des esclaves indigènes pour le fabriquer.
Après s'être procuré un tonneau du liquide, Ryota et son frère partent pour Letchi dans un petit bateau. Mais un orage détruit leur barque alors qu'ils approchent de leur destination, et ils perdent le liquide jaune. Au moment où Ebirah va dévorer les deux frères un éclair frappe King Kong. Aussitôt réveillé, il provoque Ebirah et réussi à le chasser après un féroce combat. Ryota et Yata retrouvent leurs amis mais ils sont bientôt séparés de Daiyo quand surgissent des soldats. King Kong aperçoit la jeune femme qui tente d'échapper à ses poursuivants et manifeste aussitôt un vif intérêt pour elle. Il met en fuite les soldats mais à peine commence t-il à l'examiner que celle-ci est attaquée par un condor géant qui essaye de l'enlever. Fou de rage, le singe empoigne la créature ailée et l'étrangle avant de la jeter à la mer. Alors qu'il revient pour étudier Daiyo plus attentivement, il est interrompu une seconde fois par une escadrille de jets appartenant à l'organisation. Pendant que King Kong se débat avec les avions, Daiyo est secouru par nos amis qui l'emmène avec eux. Parti à la recherche de la jeune indigène, Kong tombe sur la base de Red Bamboo qui ouvre le feu sur lui. Il commence à la détruire pendant que Yochimura, Ichino, Ryota et Yata en profite pour délivrer Nita et les indigènes. Le personnel évacue la base en bateau après avoir activé le bouton d'auto-destruction mais, à leur insu, les esclaves indigènes avaient préparé le liquide jaune uniquement avec la peau des fruits, ce qui est sans effet sur Ebirah. Le homard géant détruit le bateau de Red Bamboo ce qui attire l'attention de King Kong. Les deux monstres entament un nouveau combat à l'issue duquel King Kong sortira vainqueur une fois de plus. Pendant ce temps les indigènes construisent une plate-forme pour accueillir Mothra qui vient de se réveiller et qui doit les ramener sur Infant. Dès son arrivé, King Kong lui lance un défi mais la mite percute avec son aile la tête du singe qui est assommé. Mothra revient chercher les indigènes et s'envole bientôt, suivi par Kong qui se jette dans la mer juste avant que l'île ne disparaisse sous les flots.




Rankin/Bass insistait pour avoir Inoshiro Honda et le maître nippon des effets spéciaux Eiji Tsuburaya sur le film, alors que la Toho voulait imposer le réalisateur Jun Fukuda et le technicien Teisho Arikawa pour les effets spéciaux. Incapables de trouver un arrangement, Rankin/Bass décida de retirer ses billes et garda le personnage de King Kong. De son coté la Toho désirait mener le projet à terme et pour ce faire, ils substituèrent simplement King Kong par Godzilla, l'histoire restant la même. Le résultat fut Ebirah Contre Godzilla (Godzilla vs the Sea Monster). Le fait que Ebirah doive à l'origine affronter King Kong explique peut-être le look plutôt banal de la créature, finalement pas bien menaçante en regard d'un Godzilla amphibien et cracheur de flammes. Cela explique aussi quelques invraisemblances quand Godzilla se nourrit de l'énergie de la foudre (alors que l'électricité était jusqu'ici son point faible) et son intérêt KingKonguesque pour la ravissante actrice kumi Mizuno. Un condor géant du nom de Daikondura devait également apparaître dans le film.
Rankin/Bass et les studios Toho surent finalement mettre leurs différents de coté en s'associant à nouveau l'année suivante : King Kong revint dans le plus ambitieux King Kong s'est Echappé (King Kong Escapes), avec cette fois-ci Inoshiro Honda à la réalisation et Eiji Tsuburaya aux effets spéciaux.
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MessagePosté le: 13/09/2009, 12:13    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

C'est vrai que Godzilla qui s'intéresse à Kumi Mizuno, c'est assez étrange (encore que pour ma part, je le comprenne aisément ! xD )

Une petite remarque en passant :

Pendant fort longtemps, le nom de Ishiro Honda a été mal retranscrit en langue occidentale : en effet, suite à une erreur d'interprétation d'un caractère nippon, son nom était devenu INOshiro Honda et non Ishiro. Cette orthographe, désormais abandonnée par les américains, est encore souvent utilisée en France, et il n'est pas rare de la retrouver aussi bien sur des jaquettes DVD/VHS que sur de nombreux sites internet. Même de distingués spécialistes comme Jean-Pierre Putters (dans ses fameux Craignos Monsters) ou Jean-Pierre Dionnet (dans la présentation du DVD français Mothra contre Godzilla) ont usé de cette mauvaise transcription ! Bref, le réalisateur historique de Godzilla s'appelait bien Ishiro Honda, et non Inoshiro.



Ishiro Honda prend les choses en mains avec Kumi Mizuno
sur le tournage d'Invasion Planète X !
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MessagePosté le: 14/09/2009, 18:05    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

HAMMER VERSION I (1966)

Hammer Films, la première compagnie britannique à avoir réalisé des remakes en couleur des grands films de monstres de Hollywood tels que Dracula, Frankenstein et le Fantôme de l’Opéra, espérait réaliser en 1966 un remake de King Kong pour célébrer sa centième production. Mais RKO, à l’époque opposée à toute idée de remake concernant Kong, refuse de céder les droits. Le studio anglais se rabat alors sur One Million B.C. (Tumak, Fils de la Jungle), un film de Hal Roach datant de 1940. Le remake, qui sera baptisé Un Million d'Années avant J. C. (One Million Years B.C.), bénéficiera des effets spéciaux de Ray Harryhausen et, pour la première fois à l’écran, de la présence de la superbe Raquel Welch dans un bikini préhistorique devenu célèbre.





SPACE KONG (1969)

En 1969, Merian C. Cooper, jamais à court d’idées, imagina King Kong sur un astéroïde dérivant dans l’espace.
L’idée de l’astéroïde fut développée aux cours de discussions sur un projet de comic-book qui proposait aux lecteurs de les ramener sur Skull Island, idée que Cooper rejeta puisque chacun sait que Kong a trouvé la mort au sommet de l’Empire State Building. Afin d’inclure le personnage de Carl Denham dans l’histoire, Charles Fitzsimons – producteur et ami proche de la famille Cooper - proposa de faire intervenir une substance gériatrique pour contrecarrer les effets du vieillissement. L’idée fit son chemin dans le cerveaux de Cooper pour finalement devenir la rivière de l’éternelle jeunesse, une source mystique à l’instar de la flamme de la vie dans She. Denham aurait trouvé cette rivière ce qui expliquerait qu’il n’ait pas changé en l’espace d’une génération.

C’est en cherchant une astuce pour moderniser l’histoire tout en gardant les éléments clefs de l’originale qu’il résolut de situer les évènements dans l’espace, ce qui lui servirait d’alibi pour faire évoluer les personnages dans un endroit plus vaste et mystérieux que Skull Island. Il imagina des milliards de planètes abritant la vie, certaines avec des civilisations ayant des millions d’années d’avance sur nous et la possibilité de l’ultime monde perdu dans l’espace, en fait une petite planète de la taille d’un gros astéroïde, divisée en deux mondes bien distincts sur chacune de ses faces : d’un coté, plongé dans un printemps éternel, un monde paradisiaque fait de beauté et de merveilles ou coulerait la rivière de l’éternelle jeunesse et de l’autre, un enfer préhistorique régenté par la sauvagerie, un monde chaotique grouillant de dinosaures ou la lutte pour la survie serait omniprésente et ou se cacherait la plus incroyable des créatures : la réincarnation de King Kong. Ce dernier aurait été une fois de plus ramené à la civilisation pour y trouver la mort sous le feu d’armes plus sophistiquées dans une situation analogue à la scène finale sur l’Empire State Building, vaincu par la belle comme dans le film original.

Cooper et Fitzsimons pensaient pouvoir faire le film dès que l’imbroglio juridique concernant les droits de King Kong serait clarifié mais ils n’en eurent jamais le temps.



HAMMER VERSION II (1970)

Très satisfaite des recettes obtenues par Un million d’années avant J.C. et Quand les Dinosaures Dominaient le Monde, la Hammer tente en 1970 de remettre sur le tapis son adaptation de King Kong. La préhistoire ainsi que les dinosaures ont le vent en poupe et Michael Carreras, patron de la firme anglaise, veut miser gros sur ce projet dans lequel il croit énormément. Il propose à Ray Harryhausen, déjà responsable des effets spéciaux de One Million Years B.C., de travailler sur une nouvelle version. Bien qu’honoré et excité à l’idée de se mettre à la tâche, l’animateur reste perplexe sur la nécessité d’un remake, l’original restant insurpassable. Le projet arrive également aux oreilles d’un autre animateur, David Allen (Quand les Dinosaures dominaient le Monde), qui désire aussi participer au film. Le jeune homme, persuadé de l’imminence d’un remake - qu’il vienne de la Hammer ou d’un autre studio - confectionne une marionnette de Kong très proche du modèle construit par Delgado et tourne quelques bouts d’essais, histoire de montrer ce qu’il sait faire.

Malheureusement pour Michael Carreras, il ne parviendra jamais à acquérir les droits de l’original. La RKO (propriétaire de la licence), ne sait même pas où elle en est concernant les droits du titre et fait traîner les choses. Son dirigeant, Daniel T. O’Shea (un personnage qui va revenir plusieurs fois au cour de ce dossier et dont j’aurais l’occasion de reparler plus en détail), clame à qui veut l’entendre que lui vivant, aucun remake de King Kong ne verra le jour mais il demande en même temps une somme exorbitante pour céder les droits. Découragé par des négociations laborieuses et vaines, Carreras décide de lâcher l’affaire après un an de tractations. A la fois déçu mais soulagé de ne pas avoir à endosser la responsabilité d’une entreprise aussi pharaonique, Ray Harryhausen n’aura plus jamais l’occasion de se frotter au monarque de Skull Island. Quant à David Allen, son bout d’essai servira finalement de base pour la réalisation d’une publicité mettant en scène King Kong et la Volkswagen 411 en 1972.

Ci-dessous, quelques images du film test réalisé en 1970 par David Allen :




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MessagePosté le: 18/09/2009, 22:50    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

LE KING KONG DE JIM DANFORTH (1972)

Jim Danforth - qui avait brillement animé les dinosaures de Quand les Dinosaures Dominaient le monde en 1966 (et qui avait déjà travaillé avec Willis O’Brien en 1962 sur It’s a Mad, Mad, Mad World) - a toujours caressé le rêve de porter à l’écran sa propre version de King Kong ou de Mighty Joe Young. Hélas, ses déboires qui seront nombreux dans ce domaine commencent un beau jour d’automne 1972. C’est à cette époque qu’il réussi à obtenir un rendez-vous avec Stan Kallis, producteur à Universal, pour lui exposer sa vision du mythe. L’entrevue se passe fort bien et, à l’issue de celle-ci, Kallis lui suggère d’adresser une lettre aux exécutifs du studio, en y joignant ses dessins préparatoires. Cette lettre, datée du 27 septembre 1972, propose à Universal un remake ou une préquelle de King Kong, qui raconterait des évènements se déroulant sur Skull Island avant l’arrivée de Carl Denham. Mais l’idée ne plait pas trop au studio qui ne se montre pas d’un enthousiasme débordant malgré une très belle présentation. La réponse qu’il reçoit le 16 octobre exposait les faits suivants :

« Cher Jim, j’ai le regret de vous informer que votre projet n’a pas suscité un intérêt suffisant, c’est pourquoi je vous retourne vos documents. Quand les circonstances seront plus propices, j’essaierais à nouveau d’en parler. C’était un plaisir de vous rencontrer et je reste admiratif de votre talent. J’espère sincèrement que nous pourrons travailler ensemble un jour.
Respectueusement, Stan Kallis.


C’est le début d’une longue série noire pour Danforth, qui ne réussira jamais à concrétiser ses espoirs concernant des gorilles géants.



LE KING KONG DE STEVE BARKETT ET JIM DANFORTH (1974)

En 1974, Jim Danforth qui travaillait alors chez Cascade Pictures pour qui il réalisait des spots de pub en animation, s’associe avec le scénariste / réalisateur / spécialiste des effets spéciaux Steve Barkett. Cherchant un sujet à développer, les deux hommes portent rapidement leur choix sur King Kong, un de leur film préféré. L’idée initiale de Danforth, qui était de faire une préquelle racontant ce qui se passait sur l’île de Kong avant l’arrivée du Venture n’ayant pas suscité l’intérêt des studios, les deux animateurs décident de réfléchir à une autre version.


Steve Barkett (à gauche) en compagnie de John Cassavetes sur un tournage en 1972.

Celle–ci commençait en montrant l’océan filmé par une caméra aérienne. On voyait ensuite un canot, avec à son bord un jeune couple d’indigènes, presque morts. La jeune femme murmurait « Kong ! » La caméra montrait ensuite un navire voguant à l’horizon, puis le générique commençait. Cette séquence servait d’amorce pour expliquer comment Denham avait pu récupérer la carte de l’île. On apprenait ensuite que la jeune fille était sur le point d’être sacrifiée à Kong, et que son amoureux l’avait sauvée en s’enfuyant en mer avec elle, puis leur canot s’était mis à dériver au large de l’île. Le reste de l’histoire différait peu du film original mais Danforth avait déjà en tête d’explorer plus avant la mystérieuse civilisation à laquelle on doit les constructions cyclopéennes de Skull Island.

Fort de cette nouvelle version, Barkett contacte Daniel T. O’Shea, président de la RKO et seule personne à consulter pour tout ce qui concerne King Kong. Le bouillant dirigeant est farouchement opposé à toute idée de remake mais laisse la porte ouverte pour une suite comme avait pu le faire la Toho avec « King Kong vs Godzilla ». Danforth, grand amateur de la version de 1933 rejette d’emblée cette proposition car pour lui King Kong est mort à New York au pied de l’Empire State Building ce qui exclut catégoriquement l’idée d’une suite.


Peinture à l'huile de Jim Danforth représentant sa vision de King Kong

Echaudé mais pas impressionné par l’antipathique O’Shea, Barkett entreprend de longues recherches qui vont durer plus d’un an pour retrouver la trace des droits concernant King Kong afin de déterminer si oui ou non, O’Shea était la seule personne habilité à les négocier. Il finit par découvrir que RKO General ne possédait pas de copyright sur le roman, écrit en 1932 par Delos Lovelace d’après une histoire conçu par Merian C. Cooper et Edgar Wallace. La novélisation était la propriété des héritiers de Cooper et, creusant plus profondément, Barkett finit par établir que Cooper, sans doute par inadvertance, n’avait pas renouvelé les droits quand ils virent à expirer en 1960, ce qui signifiait que le roman était depuis tombé dans le domaine public *. Barkett en conclut que lui et Jim Danforth pourraient produire leur propre version, basée sur le roman, sans violer le copyright détenu par RKO.

Quand O’Shea apprit la nouvelle, il menaçât de traîner les deux hommes en justice. Bien que Barkett et Danforth étaient sûr d’être dans leur bon droit, ils jugèrent que les dépenses nécessaires à préparer leur défense étaient trop élevées et décidèrent d’en rester là. De plus, c’est à ce moment (nous sommes alors fin 1975) que Paramount, immédiatement suivi de Universal, annonça son intention de produire un remake à très gros budget de King Kong puisqu’elle venait d’en acquérir les droits grâce au producteur Dino De Laurentiis. Stupeur dans le camp Barkett/Danforth, à la vue des révélations apportées par Steve et des dires d’O’Shea. Il était clair que face à deux grands studios, le duo ne faisait pas le poids, raison de plus pour abandonner leur projet. Danforth, cependant, qui n’en sera pas à sa dernière tentative pour ramener King Kong ou Mighty Joe Young sur les écrans, allait immédiatement attraper le train en marche quand il apprit les projets de Universal et de la Paramount. Après avoir essayé d’obtenir des explications de la part de Daniel O’Shea qui, visiblement gêné, resta évasif en bredouillant d’obscures raisons, Danforth contacta tour à tour Dino De Laurentiis puis Universal.

Quand il s’aperçu que l’équipe technique de De Laurentiis passait son temps à dénigrer le King Kong original, prétextant que les effets spéciaux étaient affreux et qu’ils ne voulaient en aucune façon procéder de cette manière, Danforth se tourna vers Universal, qui désirait au contraire utiliser la bonne vieille technique de l’animation image par image. Mais les exécutifs du studio ne voulaient pas de lui, arguant du fait qu’ils pourraient s’en sortir seuls. Ce n’est qu’après de longues semaines d’âpres négociations et plusieurs recommandations de gens influents comme Steven Spielberg que Jim Danforth fut engagé à la fin de l’hivers 1976 pour s’occuper du bestiaire de Skull Island dans le projet de remake de Universal : La Légende de King Kong.


Page issue du fanzine "The Movie People" de septembre 1975 où on pouvait commander un poster de la peinture de Danforth.

* Cette histoire passionnante, qui démontre les abus de Daniel T. O’Shea et l’incroyable imbroglio juridique autour des droits de King Kong, sera plus longuement exposé à la fin de ce topic dans un très gros dossier qui concernera aussi la « guerre du gorille ».
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MessagePosté le: 19/09/2009, 11:23    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Excellent topic, beaucoup de choses intéressantes sur tout ces films !
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MessagePosté le: 19/09/2009, 14:52    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Que dire que je n'ai déjà dit cent fois : que du bonheur de te lire mon cher Skil !

La suite, vite !!!

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