top

LES PROJETS AVORTES
Aller à la page: <  1, 2, 3, 4  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    King Kong Index du Forum -> LE VILLAGE INDIGENE -> Les films
Auteur Message
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 703
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 743
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 22/09/2009, 00:10    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
THE LEGEND OF KING KONG (1975)


Ce projet, qui est sans doute le plus connu de tous avec King Kong vs Frankenstein, est à l’origine de ce que l’on a appelé à l’époque “la guerre du gorille”, la désormais célèbre bataille juridique opposant les studios Universal à Paramount et Dino De Laurentiis.

Les prémices de cette histoire commencent au début des années 60 : c’est en effet à cette époque que la compagnie japonaise Toho achète à la RKO les droits d’adaptation du personnage de King Kong pour produire deux films certes sympathiques mais pas très conformes à l’original : King Kong Contre Godzilla (1962) et King Kong s’est échappé (1967).
Universal acquiers ensuite en 1963 les droits de distribution et d’exploitation de King Kong vs Godzilla sur le sol américain. Ce que le puissant studio ignore, c’est que le contrat qui autorise Daniel T. O’shea (et donc la RKO) à négocier les droits concernant King Kong va expirer dans 8 ans. L’irascible avocat/président ne prendra jamais la peine de le faire renouveler mais continue, en toute illégalité, de faire comme si de rien n’était, imposant sa loi à quiconque ose vouloir se frotter à King Kong. C’est le début des futurs ennuis de Universal.

Dés 1972, le studio est approché par Jim Danforth qui souhaitait réaliser un remake de King Kong, mais les dirigeants ne se montrèrent pas intéressés. Puis le producteur italien Dino De Laurentiis, célèbre pour avoir produit quelques classiques comme Mandingo, fit son apparition. A la fin de l’été 1975, il annonça son intention de réaliser un remake à gros budget pour le compte de Paramount, remake dont il avait acquis les droits auprès de la RKO. Les gens de Universal, piqués au vif et persuadés qu’ils détenaient toujours ces fameux droits, annoncèrent eux aussi la mise en chantier d’un remake et c’est alors que les avocats des 2 parties déterrèrent la hache de guerre.

Quand la situation sembla s’éclaircir, quelques mois plus tard, De Laurentiis et Paramount étaient déjà fort occupés à filmer leur version basée sur le classique de Shoedsack et Cooper pendant que Universal entamait seulement la phase de pré production, leur version étant basée quant à elle sur le livre de Edgar Wallace, Merian C. Cooper et Delos Lovelace.





Le remake de Universal, baptisé « La Légende de King Kong » se mit alors en route et des personnes talentueuses furent embauchées ou envisagées :

- Joseph Sargent, un des réalisateurs les plus doué sous contrat avec Universal et ayant à son actif un nombre conséquent de téléfilms et séries fut choisi pour diriger ce projet.

- Jim Danforth, créateur des spectaculaires monstres préhistoriques de « Quand les Dinosaures Dominaient le Monde » et accessoirement meilleur animateur de la nouvelle génération prenait en charge les effets spéciaux.

- Albert Witlock, le maître des peintures sur verre, avait été choisi pour donner un aspect réaliste aux décors peints.

- Bo Goldman écrivit un traitement de l’histoire, avec pour référence le roman de Edgar Wallace, Merian C. Cooper et Delos Lovelace.

- Le compositeur Max Steiner apporterait sa contribution posthume puisque Universal avait acquit les droits de la musique du film original auprès de sa veuve et avait donc l’intention de la réutiliser pour cette nouvelle version.

- Peter Falk avait signé pour interpréter Carl Denham, le producteur bourru et dur à cuire qui organise l’expédition sur Skull Island. Cette nouvelle version montrait un Denham beaucoup moins sympathique, dépeignant un escroc sans scrupules qui n’hésite pas à mettre la vie des autres en danger pour satisfaire ses ambitions.

- Robert Redford, qui avait montré un certain intérêt pour le film, s’était vu offert le rôle de Jack Driscoll, héros et figure romantique du film. Dans le cas ou il n’aurait pas été disponible, Nick Nolte, encore tout auréolé de son succès dans le triomphal « Le Riche et le Pauvre » (Rich Man, Poor Man) produit par Universal d’après l’œuvre de Peter Benchley, était le second choix.

- Susan Blakely, qui donnait la réplique à Nick Nolte dans « Le Riche et le Pauvre » et vétéran de la « Tour Infernale », était pressentie pour le rôle de Ann Darrow « la plus brave des filles qui ait jamais existé ». Il était également prévu que Fay Wray elle-même fasse une courte apparition dans le film.

La Légende de King Kong aurait dû être le troisième film (après Tremblement de Terre et Midway) à utiliser le procédé exclusif « Sensurround » : des enceintes spéciales étaient placées à l’avant et à l’arrière de certaines salles de cinéma pour amplifier les moments clés de certaines sections des effets sonores afin que les spectateurs aient le sentiment d’être plongés au cœur de l’action.

Il fut décidé que le film ne serait pas actualisé, les évènements prenant place dans les années 30 comme dans l’original. Le scénario de Bo Goldman restait respectueux du roman publié en 1932, même si, comme le fera d’ailleurs Lorenzo Semple Jr pour la version de la Paramount, le personnage de Kong était rendu plus sympathique que dans le film original. Il aurait naturellement combattu tout un bestiaire préhistorique sur Skull Island mais, pour des raisons légales, les animaux auraient été différent de ceux de la version de 1933. Une scène clef du film devait montrer l’héroïne déposée au sommet d’une colonne surplombant les ruines d’un temple alors que Kong devait affronter un tricératops.
De nouvelles sous intrigues furent ajoutées, explorant plus avant la mystérieuse civilisation qui bâtit le grand mur ou bien approfondissant le personnage de Denham, un homme plus nuancé que dans le premier film. C’est d’ailleurs un autre point commun avec le script de Lorenzo Semple où le personnage de Fred Wilson est dépeint comme un être cupide et sans scrupules, deux termes qui s’adaptent parfaitement à la nouvelle version de Carl Denham. Ann Darrow y était également représenté comme une femme beaucoup moins naïve : comme dans la version de Peter Jackson en 2005 ou même, tel Jack Prescott dans la version de De Laurentiis, elle refusait de participer à l’exploitation de King Kong à New York.



Désolé mais pour des raisons légales je ne peux pas t'utiliser.


Le Venture quant à lui devenait le Panama Queen et sur Skull Island, les dinosaures du film original laissaient la place à d’autres spécimen : le stégosaure était remplacé par un arsinoitherium (cette créature devait faire partie du bestiaire de 1933 mais ne fut en fait utilisée que pour la bobine test projetée aux exécutifs de la RKO en 1932) et le brontosaure dans le marais par un parasaurolophus. En hommage à la scène des araignées, coupée lors du montage du film original, des scorpions géants devaient s’en prendre aux hommes de Denham. King Kong affrontait un triceratops à la place du tyrannosaure et l’élasmosaure devenait un mille pattes géant. Un gigantesque oiseau préhistorique remplaçait le ptéranodon dans la scène où celui-ci essaye d’enlever Ann Darrow et une araignée géante était aussi de l’aventure. Lors du voyage de retour le gorille était attaché sur un radeau fabriqué avec les restes de la porte qu’il avait fracassé. Les scènes se passant à New York devaient aussi apporter quelques nouveautés : l’attaque du métro aérien était remplacé par une ingénieuse scène se situant dans un chantier de construction. On y voyait le combat de Kong contre un vieux tractopelle des années 30 ayant vaguement l’apparence d’une version mécanique du T-Rex (façon Dinosaurus). Denham, quant à lui, trouvait une fin tragique : alors que, à bord d’un biplan, il tentait de filmer les derniers instants de Kong livrant bataille au sommet de l’Empire State Building, il subissait le courroux de l’animal en allant s’écraser au pied du célèbre gratte ciel. Cette dernière scène valait d’ailleurs son pesant de cacahuètes car l’on y voyait le cinéaste s’éjecter de son avion en flammes tout en continuant à filmer la scène durant sa chute mortelle.





Ci-dessus : 2 dessins de Jim Danforth représentant un tricépatops et un mille-pattes géant.


Cependant, malgré toutes ces bonnes idées et une équipe compétente, la seule chose qui aurait pu faire de ce remake un digne successeur de la version de Schoedsack et Cooper c’est la qualité de l’animation image par image. Jim Danforth, finalement choisi après bien des tentatives pour intégrer le projet, était pourtant d’un enthousiasme modéré à l’idée de cette nouvelle version : « le film original est tellement bien fait qu’aucun remake ne soutiendra la comparaison. En outre j’ai aussi mes propres projets. Quoi qu’il en soit, si cela doit être fait et que quelqu’un doive s’en charger, je suppose que c’est à moi que doit échoir cette responsabilité » (c’est exactement le genre de phrases qu’avait prononcé Ray Harryhausen lors du projet de remake de la Hammer). Concernant Danforth, il s’agissait d’un choix tout à fait logique, son animation étant la plus fluide à l’époque dans le monde du cinéma. Angles de caméra inhabituels, rétro projections savantes et technique d’animation hors paire - surpassant celle des pros de la génération précédente - faisaient de lui le candidat idéal pour un projet de cette envergure.
Mais la logique n’est pas forcément l’apanage des studios hollywoodiens et malgré toutes ses qualités, Universal refusa dans un premier temps de faire confiance au jeune homme. Ses exécutifs argumentaient « non, nous n’avons pas besoin de lui. Il pense qu’il sait comment faire ce film et ce n’est pas ce dont nous avons besoin ». De son coté Danforth déclarait « Tous les studios s’imaginent connaître la meilleure manière de faire un film et ils ne veulent pas s’entendre dire ce qu’ils pensent déjà savoir ». A force de persévérance Jim finit cependant par rentrer chez Universal grâce à Albert Whitlock, un des vices présidents qui organisa une réunion avec Marshall Green, assistant réalisateur sur de nombreux films dont le Spartacus de Kubrick. Après lui avoir expliqué la situation ils lui offrent le job mais Jim, se doutant que Universal n’a pas vraiment clarifié la question des droits concernant King Kong, refuse. De toute évidence, en l’état actuel des choses, ils ne pouvaient pas faire le film et lui avait un bon boulot, à la tête d’un service où il réalisait ; donc pourquoi s’en aller ?
« Je pense qu’il y a de grandes chances pour que vous soyez déboutés » leur dit-il « et je ne voudrais pas me retrouver sans boulot dans 3 mois ». Ce à quoi ils répondirent « nous avons 12 des meilleurs avocats d’Hollywood et nous savons que vous avez tord. Nous en sommes d’ailleurs tellement sur que nous vous paierons un an de salaire que le film se fasse ou pas ».
Le salaire étant deux à trois fois plus élevé que ce qu’il gagnait alors, Jim accepta finalement et quitta son job à Cascade Pictures pour travailler chez Universal en tant que consultant.





Planches du storyboard conçu par Jim Danforth.


Il conçu de nouveaux dinosaures, des décors, un storyboard ainsi que des plans détaillés concernant les efforts à venir pour l’animation proprement dite.
Durant son travail sur le film, Danforth mis tout de suite en garde la Universal qui envisageait d’utiliser le procédé stop motion uniquement pour l’animation des dinosaures ainsi que pour certains plans à New York tout en voulant confier le rôle de Kong à un acteur dans un costume. C’était un des principaux points de désaccord entre le studio et l’animateur et c’est ce qui lui vaudra son embauche tardive. Les exécutifs considéraient que cette technique était bien trop coûteuse et désiraient simplement employer un figurant déguisé en singe. Ils firent appel au spécialiste Bob Burns pour filmer quelques essais mais lui imposèrent un costume beaucoup trop grand, conçu à l’origine pour le célèbre catcheur André le Géant. Pour rogner sur les coûts de production, ils allèrent même jusqu’à engager un acteur nain dans un décor réduit de moitié ou envisagèrent d’employer un cul-de-jatte pour figurer les petites pattes du gorille. Bien sûr, aucune de ces approches pour le moins farfelues n’a fonctionnée et on finit par confectionner un costume cousu main bien plus élaboré que devait revêtir Franco Columbo, un bodybuilder de petite taille mais avec des muscles incroyables. Ce dernier avait été choisi en fonction de sa capacité à pouvoir enfiler le costume sans avoir à le rembourrer (Rick Baker a rapporté qu’il a eu l’occasion de voir le costume et qu’il avait l’air très bien fait). L’option du masque fut également écartée au profit d’un maquillage plus adapté.



Franco Columbo


Opiniâtre, Danforth tenta également de convaincre le studio d’utiliser une idée du Fils de Kong, qui est que la géographie de l’île comporte des aspects qui n’avaient pas été montrés dans King Kong, notamment les vestiges d’une civilisation ancienne. Cette idée remontait même à un autre projet avorté : Création. Les dessins préparatoires de Willis O’Brien montraient les ruines d’anciens temples et des colonnes surgissant au milieu de la jungle.

De nouveaux litiges survinrent alors que les deux compagnies travaillaient sur leurs remakes respectifs. Finalement on trouva un arrangement, chaque studio produirait sa propre version mais Universal s’engageait à ne sortir son King Kong que 18 mois après la version de la Paramount. En retour, cette dernière offrirait à Universal des compensations financières concernant les droits de distribution internationale en dehors du sol américain. Compensation qui devait servir à faire rentrer assez d’argent dans les caisses pour au final rembourser le travail de pré production déjà effectué.

C’est alors que le travail pour la préparation du film cessa presque complètement. Sargent et Danforth tenaient bon mais les semaines passaient et toujours pas de reprise du travail. Les techniciens embauchés pour le film s’en allèrent sur d’autres projets, Sargent lui-même s’en retourna à ses téléfilms et la nouvelle version du grand mur de Skull Island, construite sur les terrains du studio en juin fut démolie à peine un mois plus tard… le film était bel et bien mort.

Que s’était-il passé ? Ce sont purement et simplement des raisons économiques qui ont motivé la décision finale. 18 mois c’est une longue période dans l’industrie cinématographique. Sur cette durée, deux possibilités étaient envisageables pour la version de la Paramount : soit le film faisait un flop, rendant la tâche extrêmement difficile à Universal pour attirer le public dans les salles avec leur version, soit c’était un succès, ce qui aurait considérablement amoindri l’impact d’un film similaire sorti quelques mois plus tard.
De plus, les droits de distribution octroyés à Universal sur le film de la Paramount leur permettaient de faire de larges bénéfices en cas de succès alors qu’ils n’auraient rien perdu si ça avait été un échec. Dans ces circonstances, c’est même un miracle que les exécutifs de Universal n’aient pas tirés la sonnette d’alarme plus tôt.

3 mois seulement après avoir été embauché, Jim se retrouvait une fois de plus le bec dans l’eau mais les dirigeant d’Universal tinrent leurs engagements et lui versèrent un an de salaire. Malheureusement pour lui, Danforth ne pouvait pas travailler pour quelqu’un d’autre durant cette période car il devait se tenir disponible au cas où la production redémarrerait.

Le témoignage de Bob Burns, reproduit ci-dessous, est particulièrement édifiant. Il reflète bien le peu de considération accordé aux effets spéciaux durant les premiers jours de la pré production, effets pourtant d’une importance capitale dans ce genre de film. De plus, le manque évident de préparation ainsi que l’avarice et la bêtise de certains producteurs montrent de manière flagrante que le film n’était pas parti sous les meilleurs auspices.



Bob Burns en compagnie de Ray Harryhausen.


Bob Burns : « L’opportunité de pouvoir incarner le plus grand singe de tous les temps s’est présenté au milieu des années 70, quand Universal Pictures était en concurrence avec la Paramount pour réaliser un remake de King Kong. Je me suis retrouvé impliqué dans le projet car mon ami Chris Mueller (un talentueux sculpteur qui a élaboré, entre autre, le design de la Créature du Lagon Noir) travaillait pour Universal à l’époque et avait entendu dire qu’ils cherchaient un acteur avec un costume de singe.
Il m’a recommandé et j’ai reçu un appel pour venir faire des essais au studio. Si j’avais eu la moindre idée de ce qui m’attendait je leur aurais répondu que j’étais trop occupé à me laver les cheveux ce jour là. Je profitais de mon passage au studio pour leur faire un pitch sur l’animation image par image. Quelques années auparavant, en 1971, j’avais aidé l’animateur David Allen à mettre en œuvre un court essai montrant Kong luttant contre les biplans au sommet de l’Empire State Building. Allen est un artiste brillant doublé d’un excellent animateur. Il a fait, par exemple, les publicités pour Pillsbury Doughboy et il avait recréé la scène finale de King Kong pour montrer à la Hammer, qui prévoyait à l’époque de réaliser un remake, de quoi il était capable.
En tant qu’ancien monteur de films, j’étais en mesure d’isoler des extraits de la bande sonore originale de King Kong de façon à pouvoir extraire les sons appropriés pour les biplans. Comme David s’était servi des facilités qu’offrait le studio de ses employeurs pour réaliser son bout d’essai, il les autorisa à utiliser ses prises de vue pour leurs films promotionnels. Quand les gens de chez Volkswagen virent la bobine en question ils s’exclamèrent « Il nous faut King Kong pour notre prochaine publicité ! ».
David m’avait donné ce superbe test pour ma collection et j’ai apporté la marionnette de Kong avec moi dans les studios de Universal. J’ai montré la figurine aux décisionnaires et ils l’ont trouvé incroyable mais beaucoup trop coûteuse. « Ce sera beaucoup mieux de faire ça avec un gars dans un costume de singe » ont-ils décrétés. Ce que je ne savais pas à l’époque, c’était que Universal avait engagé Jim Danforth comme consultant et que celui-ci s’était vu rétorqué la même réponse.



Bob Burns en costume.



J’ai donc tourné un bout d’essai avec mon propre costume, prêt à donner la meilleure interprétation possible de Kong. Dès le début des signes avant coureurs m’indiquaient que je m’étais engagé dans une bien étrange expérience. En premier lieu, ils décidèrent qu’ils ne voulaient pas utiliser mon costume et m’habillèrent dans celui du Bigfoot de la série « l’Homme qui Valait 3 Milliards ». Le costume avait été réalisé pour le catcheur André le Géant et ils ont dû plier les bras et les jambes pour que je puisse rentrer dedans. Le résultat était désastreux mais ce n’était rien comparé au masque. Comme le studio refusait de dépenser l’argent nécessaire au moulage de ma tête, le maquilleur fut contraint de sculpter un visage de singe sur un moulage déjà existant de l’acteur Joe Don Baker. Joe était un gars imposant. Je suis imposant aussi par la corpulence mais Joe était un véritable géant. Le masque était bien trop large et ne tenait pas en place. Mais ils avaient une solution : un nouveau type d’adhésif – le genre de chose utilisé pour maintenir les membres artificiels en place – a été fixé sur mon visage pour tenir le masque. A la fin de la journée ils ont dû détruire complètement celui-ci pour le retirer et mon visage a ressemblé à un hamburger des semaines durant.



André le Géant, en Bigfoot et au naturel... à moins que ça ne soit le contraire.


Une fois revêtu du costume, j’ai été conduit sur un plateau équipé d’un décor de jungle miniature avec une plage où nous avons fait quelques prises. Je devais déambuler parmi les arbres qui m’arrivaient à la taille jusqu’à une clairière et ramasser une poupée Barbie qui représentait Ann Darrow. Je pensais ne m’être pas trop mal débrouillé mais le réalisateur vint me voir après la première prise pour me donner son point de vue sur ma performance. « C’était bien » a-t-il déclaré « mais sur la prochaine peux-tu essayer de faire des mouvements saccadés de façon à ce que ça ressemble à de l’animation !!!???» Sérieux, il a vraiment dit ça !
J’ai pouffé de rire derrière ce masque la majorité des deux jours que j’ai passé sur le plateau. L’équipe avait toutes sortes d’idées farfelues. Ils ont envisagés, par exemple, d’embaucher un acteur amputé pour mieux convenir aux petites jambes des gorilles. Bien qu’il n’ait jamais donné suite à cette suggestion, un directeur artistique décida qu’ils pourraient économiser de l’argent en construisant leurs décors miniatures à une échelle encore plus réduite et de prendre un nain dans un costume adapté pour alterner les prises de vue avec moi en King Kong.
Malheureusement, les arbres qui composaient le décor et qui m’arrivaient à la taille dépassaient d’une bonne tête le petit acteur et il devenait totalement invisible quand il grondait dans les sous-bois. Tout ce que la caméra arrivait à capter occasionnellement était une branche qui bruissait ou un buisson qui remuait légèrement jusqu’à ce que mini-Kong déboule dans la clairière. Alors que je me tenais à l’écart du plateau, attendant mon tour, j’ai entendu Clifford Stein, qui fut à la tête du département effets spéciaux chez Universal pendant des années, marmonner dans sa barbe : « je me demande bien pourquoi j’ai interrompu ma retraite pour faire cette merde ! »



Bob Burns croqué par l'artiste Richard Harrison.
Revenir en haut
Titou.65
Brontosaure

Hors ligne

Inscrit le: 27 Aoû 2007
Messages: 478
Localisation: Hautes Pyrénées
Point(s): 477
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: 22/09/2009, 06:55    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

EXCEPTIONNEL !!!!
Encore un dossier complet fait de main de maitre par notre SKULL en puissance. BRAVO
Revenir en haut
SUPERMEGALOSAURUS
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2007
Messages: 2 012
Localisation: Région parisienne
Point(s): 1 931
Moyenne de points: 0,96

MessagePosté le: 23/09/2009, 21:52    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Encore un magnifique article, que du bonheur. Certes, il est facile de dire qu'un projet resté sur le papier aurait été meilleur que celui qui a été finalement porté à l'écran (et qui fut l'échec artistique que l'on sait), mais quand même... ça avait l'air MORTEL !!! Okay

André the Giant, un compatriote né à Grenoble en 1946, a fait carrière comme catcheur en Europe puis aux Etats-Unis et a fait quelques apparitions sur le grand et le petit écran. On se souviendra affectueusement de lui dans le rôle, ben… du géant, dans le sympatoche Princess Bride (1987), et surtout dans celui, complètement méconnaissable, du dieu Dagoth dans le tout pourri Conan le Destructeur (1984). De son vrai nom André René Roussimoff, ce colosse souffrait en réalité d'acromégalie, une maladie hormonale produisant trop d'hormones de croissance (un peu comme King Kong, quoi). Il est décédé en 1993 à l'âge de 46 ans ; une vie bien courte pour un monsieur si grand.
Revenir en haut
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 703
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 743
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 23/09/2009, 23:27    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

koroxx a écrit:
Excellent topic, beaucoup de choses intéressantes sur tout ces films !


Titou.65 a écrit:
EXCEPTIONNEL !!!!
Encore un dossier complet fait de main de maitre par notre SKULL en puissance. BRAVO


SUPERMEGALOSAURUS a écrit:
Encore un magnifique article, que du bonheur.




OUAIS !!! ENCORE !!!!!!! :tatatatiiiiin: *dieu* xD :singe3: :singe2:










... jesors!


Merci les gars !

Bon plus sérieusement, comme dit SUP, c'est vrai que ça avait l'air d'être autre chose que la version De Laurentiis même si on peut regretter le choix d'un acteur costumé pour incarner King Kong. Par contre Peter Falk en Denham, c'était une idée de génie. Comme beaucoup d'autres d'ailleurs dans ce projet, quel dommage !
Merci pour ce petit récapitulatif sur le père André, Princess Bride est en effet très sympathique et son apparition en bigfoot dans l'Homme qui valait 3 milliards m'avait carrément foutue les jetons quand j'étais môme, avec ses yeux tout blanc et sa coupe afro.



En plus c'est vrai qu'il était grand quand même.



Quant au méconnu Franco Columbo, malgré sa petite taille (je crois qu'il ne dépassait pas 1 mètre 55) et une renommée toute relative qui n'a pas dépassé les frontières du monde du bodybuilding, il était assez impressionant lui aussi.

Revenir en haut
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 703
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 743
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 24/09/2009, 19:43    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

BABY KONG (1976)

Avec la sortie imminente de la version de John Guillermin produite par Dino De Laurentiis, les projets se multiplient. Pendant que Frank Agrama réalise Queen Kong dans les studios londoniens, Mario Bava annonce son intention de réaliser sa propre version du mythe avec Baby Kong. Un scénario, une affiche et un story-board sont réalisés, la préparation pour les effets spéciaux également. Le tournage était prévu à Ponza en Italie mais la production fut arrêté brutalement quand le remake de De Laurentiis sorti sur les écrans.

Ce dernier n’y est d’ailleurs peut être pas étranger. En effet, dès l’annonce du remake de la Paramount, le producteur italien avait proposé à Mario Bava de prendre en charge les effets spéciaux du film. En tant que compatriote passé maître dans l’art de cette discipline, Bava était tout indiqué pour ce poste mais il déclina l’offre. Le fait de devoir s’expatrier aux Etats-Unis le temps du tournage le contrariait beaucoup et c’est lui-même qui suggéra Carlo Rambaldi pour relever le défi. Connaissant le bouillant caractère de De Laurentis, on peut supposer que celui-ci, déçu de la défection de Bava – et souhaitant de toute manière écarter tout projet similaire pouvant nuire à sa version - ne lui ait mis des bâtons dans les roues quand il a eu vent du projet.



Une partie du story-board de Baby Kong est reproduite dans un excellent et volumineux ouvrage paru en 2007 : Mario Bava : all the Colors of the Dark.



KING KONG Version Roger Corman (1976)

En pleine bataille juridique entre Universal et Paramount, Roger Corman attrape le train en marche et profite du fait que les droits sur le roman soient tombés dans le domaine public pour annoncer son propre remake de King Kong, un projet qui apparemment n’ira pas beaucoup plus loin que cette simple annonce.



THE ILLEGITIMATE SON OF YOU KNOW WHO (1976)

Malgré un procès qui se solda par une interdiction de diffusion pour une durée de 25 ans (putain, faut pas le faire chier Dino, hein ?) le parodique Queen Kong trouvait déjà son concurrent immédiat avec The Illegitimate Son of you Know Who que devait produire et diriger David Winters. Le scénario dû à Bob Kane (le créateur de Batman) mettait en scène, non pas une femelle Kong mais bien un gorille mâle et gay sur les bords qui tombe amoureux du jeune premier au lieu de s'intéresser à l'héroïne. Ce projet complètement fou ne verra d'ailleurs jamais le jour, contrairement à Queen Kong qui lui refera surface au terme de son interdiction.



THE MIGHTY GORGA Version II (1976)

Avec la sortie annoncée des remakes de King Kong par Universal et Paramount, les producteurs de Mighty Gorga – un des pires films de gorille géant jamais réalisé - envisagent de retourner les scènes à effets spéciaux (c’est à dire des acteurs dans les costumes les plus miteux que l’on puisse trouver) pour les remplacer par des modèles animés en stop motion afin de ressortir le film, datant à l’origine de 1970.



KONGORILLA et les autre projets asiatiques (1977)

En 1977, le succès de la nouvelle version produite par Dino De Laurentiis provoque une nouvelle fournée de projets qui ne verront jamais le jour. Parmi les titres annoncés : Attack of the Giant Apes, The return of King Kong (chine) et The New King Kong (co-production américano-coréenne qui deviendra finalement A*P*E*).

De son coté, la compagnie japonaise Toei envisageait de produire un kaiju eiga à gros budget en faisant appel à un financement étranger, la compagnie Amicus en Angleterre en l’occurrence. Peu de temps auparavant, la Toho et Hammer Films avaient tentées en vain de s’associer pour porter à l’écran Nessie, un kaiju eiga sur le monstre du Loch Ness. Cela n’empêcha pas leurs principaux concurrents de tenter l’expérience en produisant un film de singe géant appelé Kongorilla. Apparemment Amicus a rapidement retiré ses billes, condamnant du même coup le projet.




Ci-dessus : l'affiche de Nessie et une photo du monstre. Crying or Very sad
Revenir en haut
SUPERMEGALOSAURUS
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2007
Messages: 2 012
Localisation: Région parisienne
Point(s): 1 931
Moyenne de points: 0,96

MessagePosté le: 24/09/2009, 19:56    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Ça fait froid dans le dos de voir combien de nanars auraient pu nous tomber dessus…

En même temps… que de mémorables soirées pizza-bières entre potes ça aurait donné ! xD xD :tatatatiiiiin: xD :tatatatiiiiin: xD
Revenir en haut
Titou.65
Brontosaure

Hors ligne

Inscrit le: 27 Aoû 2007
Messages: 478
Localisation: Hautes Pyrénées
Point(s): 477
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: 24/09/2009, 20:14    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Nessie, je l'ai chercher pandant des années pensant qu'il existé .... Grande déception ....
Sinon quel fantasme sa aurait été de voir toutes ces productions :blah:
Encore un post digne du grand SKULL.
Revenir en haut
SUPERMEGALOSAURUS
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2007
Messages: 2 012
Localisation: Région parisienne
Point(s): 1 931
Moyenne de points: 0,96

MessagePosté le: 24/09/2009, 22:40    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Sérieux, quand on sait le temps que ça prend d'écrire des articles comme ça, on ne peut qu'être admiratif du travail de recherche et de synthèse accompli.





Pas étonnant que t'ais pas davantage le temps de bosser la guitare avec ça !

jesors!


Dernière édition par SUPERMEGALOSAURUS le 25/09/2009, 10:00; édité 1 fois
Revenir en haut
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 703
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 743
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 24/09/2009, 23:15    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Sup et Titou, puisque je vois que vous êtes à fond ce soir, j'en remet une petite couche. xD



KING KONG IN AFRICA et les délires de Dino De Laurentiis (1976 – 1978)

Cherchant lui même à capitaliser sur le succès de son remake, Dino De Laurentiis annonce divers projets dès 1976 et durant les deux années qui suivent. C’est d’abord King Kong in Africa, annoncé dès le mois de mai 1976, soit plus de 6 mois avant la date de sortie de sa version, ceci pour amortir la croissance exponentielle des coûts de production, qui venaient de passer de 13 à 24 millions de dollars en quelques mois. Pour récupérer au plus vite son investissement, le producteur charge Lorenzo Semple Jr. (déjà responsable du script de King Kong 76) et la scénariste Joanna Crawford de lui écrire un scénario pour une suite alternativement connue sous les titres King Kong II ou King Kong in Africa.
D’après le New York Magazine du 10 mai 1976, il demande à Crawford de lui fournir un premier traitement en 3 jours seulement et lui laisse ensuite un mois pour rédiger un scénario complet – faisant intervenir russes patibulaires et fourbes, sous-marins, hélicoptères et tout le toutim – car il espérait commencer les prises de vue dès le mois de juillet. Ce dernier point est à prendre avec des pincettes, puisque je ne vois pas comment De Laurentiis, alors en plein tournage de son remake, aurait trouvé les moyens nécessaires pour réaliser deux tournages presque simultanés. Plus probable est la version de Earl Wilson, qui dans sa colonne du 4 janvier 1977, rapporte que le producteur prévoyait de commencer la production dans le courant de l’année, pour une sortie prévue en 1978. Semple a confirmé que des discussions avaient bien eu lieu à propos d’une suite mais à sa connaissance, aucun scénario n’avait jamais été rédigé. Lui et Crawford avaient juste écrit quelques pages de notes sur une histoire à la Frankenstein, dans laquelle Kong était ramené à la vie par un groupe de savants et tombait sous l’emprise de gens mal intentionnés.

De Laurentiis tenta de convaincre Jeff Bridges et Charles Grodin de tenir les rôles vedettes dans le film mais Jessica Lange avait clairement fait comprendre durant la soirée réservée à la presse pour la première de King Kong qu’elle ne voyait pas l’intérêt d’apparaître dans une suite. De Laurentiis plaisantât en déclarant qu’il voulait que Lorenzo Semple écrive une scène où Dawn, devenue une grande star, venait rendre visite à un King Kong fraîchement revenu de la mort et que celui-ci la prenait dans sa main comme au bon vieux temps avant de soudainement la dévorer !

Joanna Crawford désirait écrire une autre histoire, Daughter of King Kong, et en faire une sorte de traitement féministe du mythe, mais Dino ne sentait pas l’odeur de l’argent dans ce projet. Il répondit qu’il valait mieux attendre avant d’envisager ce troisième King Kong et que, si tout allait bien, le tournage pourrait commencer dès que les deux premiers auraient été terminés.

Malgré toutes ces discussions et ces annonces, la suite annoncée ne verra jamais le jour. Les raisons n’ont jamais été rendues publiques mais la déception de De Laurentiis à n’avoir pu détrôner Les Dents de la Mer au box office a certainement pesé dans la balance. Le fait qu’il devait avoir la permission de Universal pour produire une suite a du également motiver la décision finale. De Laurentiis avait en effet trouvé une nouvelle raison de se brouiller avec Universal, cette fois-ci en produisant un film sur un orque meurtrier nommé Orca (1977). Universal se plaignait que ce film soit une copie à peine déguisée de Jaws (Les Dents de la Mer) et on peut sans peine imaginer que le studio n’était pas près à coopérer avec lui pour l’aider dans ses projets.

Mais Dino n’est pas homme à se laisser abattre et, galvanisé par les chiffres encourageants de Orca, il imagine une suite qui ferait se rencontrer le singe géant et l’orque carnassier dans King Kong vs Orca, The Killer Whale. Dans la foulé il annonce qu’il prépare deux autres suites à son remake : The Bionic Kong, pour surfer sur la vague d’engouement provoqué par des séries comme L’Homme qui Valait 3 Milliards (The Six Million Dollar Man) et Super Jaimie (Bionic Woman) et King Kong in Moscow, ce dernier devant être réalisé par John Guillermin en personne. Une fois de plus tous ces projets resteront sans suite et sans autres explications. Cette longue gestation d’une hypothétique suite perdurera jusqu’en 1986, date à laquelle le scénariste Ronald Shusett, à la demande de De Laurentiis, trouve un moyen crédible (!) de ressusciter King Kong en le dotant d’un cœur artificiel dans le piteux King Kong Lives ! (King Kong II chez nous, ce qui fait que la boucle est bouclée, en référence au titre annoncé pour la suite initiale en 1976).
Revenir en haut
SUPERMEGALOSAURUS
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2007
Messages: 2 012
Localisation: Région parisienne
Point(s): 1 931
Moyenne de points: 0,96

MessagePosté le: 25/09/2009, 08:43    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Quand y'en a plus y'en a encore !

Quelque chose me dit qu'il y aura justement un petit (!) article sur King Kong Lives bientôt sur le forum, si tu vois ce que je veux dire... xD
Revenir en haut
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 703
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 743
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 25/09/2009, 16:08    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

SUPERMEGALOSAURUS a écrit:
Quand y'en a plus y'en a encore !



Ta remarque me laisse penser que tu croyais que le dossier était terminé. Je te rassures, il en reste encore un bon tiers (et pas des moindres) même si les plus intéressant à priori ont déjà été traités (King Kong vs Frankenstein et La Légende de King Kong). Le dernier projet recensé date de 2007 donc tu vois, il y a encore de la marge.

Et puis comme je l'ai dit dans l'article consacré au projet de Steve Barkett et Jim Danforth, dès la fin de ce topic j'enchainerais avec un méga dossier sur les problèmes de droits liés à King Kong, la guerre du gorille et un retour très en détail sur le projet des deux animateurs. Ce dossier est à lui seul aussi important que tous les posts de ce topic réunis. De quoi meubler les longues soirées d'hiver en perspective. xD
Revenir en haut
SUPERMEGALOSAURUS
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2007
Messages: 2 012
Localisation: Région parisienne
Point(s): 1 931
Moyenne de points: 0,96

MessagePosté le: 25/09/2009, 16:31    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Cool ! Okay
Revenir en haut
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 703
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 743
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 26/09/2009, 23:03    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

MIGHTY JOE YOUNG (1980’s)

Au tout début des années 80 Barney Rosenzweig, producteur de Cagney and Lacey, tente de réaliser une satire de deux heures basée sur Mighty Joe Young pour ABC. Il embauche Terry Southern pour écrire un scénario et approche Gene Warren pour s’occuper des effets d’animation image par image. Mais Rosenzweig est obligé de tout arrêter quand il découvre que Dino DeLaurentiis à payé la RKO pour qu’elle retire de la circulation tout projet concernant Mighty Joe young car lui-même envisageait d’en tourner un remake. Dino ne leva l’interdiction que quelques années plus tard.


THE RETURN OF MIGHTY JOE YOUNG (1984)

En 1984, Harry Walton, un collègue animateur de Jim Danforth lui propose de réaliser un remake ou une suite de Mighty Joe Young. S’agissant de son film préféré en matière d’animation, Danforth n’est pas long à se laisser convaincre. Walton souhaite adapter le film au goût du jour et avait même proposé à l’origine de tourner des scènes additionnelles en couleurs au film de 1949 pour le ressortir en édition spéciale. De son coté, Danforth préfère opter pour une suite se déroulant 35 ans plus tard et envisage plutôt de tourner un film adapté au format télévisuel. Il contacte Ben Johnson qui interprétait un des personnages principaux dans le film original. L’acteur se laisse lui aussi rapidement séduire par l’idée de reprendre son rôle : vivant toujours en Afrique, il servirait de guide à des anthropologues cherchant la Vallée des Grands Singes dont est natif Joe.

Jim Danforth contacte alors Charles Fitzsimons, ami et conseiller de Merian C. Cooper, sur la question des droits du personnage de Joe. Fitzsimons appelle à son tour la veuve de Cooper, l’actrice Dorothy Jordon, et lui demande de consulter les dossiers de son défunt époux. Celle-ci retrouve un document montrant que Cooper avait l’intention de conserver les droits du personnage pour une éventuelle suite. Mais après un examen du document avec un avocat spécialisé, celui-ci conseille à Danforth et Fitzsimons de traiter directement avec la RKO, seule vraie détentrice des droits de Mighty Joe Young. La firme refuse de céder les droits mais propose un partenariat sur la production. A cette époque la RKO était très instable au niveau de ses dirigeants et on ne savait même pas qui serait à sa tête au moment de lancer la production du film. Danforth, qui avait déjà connu des déboires dans des situations analogues commençait à être hésitant. C’est à ce moment qu’il reçut un message de Walton lui annonçant qu’on lui offrait un poste chez ILM et qu’il déménageait pour aller travailler chez eux. Comme l’idée venait de son ami, Jim Danforth eu quelques scrupules à poursuivre le projet sans lui et décida de laisser Joe aspirer à une retraite bien mérité en Afrique.


SON OF KONG (1986)

En 1978, forts du succès de leur nouvelle version, Dino De Laurentiis et John Guillermin clamaient déjà un King Kong à Moscou après avoir précédemment annoncés toute une ribambelle de suites. Le film ne se fera jamais mais les deux compères récidivent et commettent, dix ans après leur remake, un King Kong Lives de sinistre mémoire. Avant même la sortie du film, le producteur Dino De Laurentiis avait déjà envisagé une suite. Déjà en 1984, au moment de trouver une astuce pour ressusciter King Kong – un problème récurent dans toutes tentatives de suite jusqu’ici, les précédents projets n’étant pas vraiment crédibles d’après Dino (enfin une lueur de lucidité) – ses scénaristes lui avaient proposé de se rabattre sur Son of Kong. A cette époque Dino n’était pas intéressé, ce qu’il voulait lui, c’était King Kong en personne. Mais après avoir trouvé un moyen de le ramener à la vie puis de le faire mourir à nouveau, il n’avait plus d’autre choix que de raconter les aventures de Baby Kong. Voici ce que déclarait Ronald Shussett, co-scénariste du film, durant le tournage de King Kong Lives ! :

"Dino m’en a déjà parlé et il m’a suggéré de penser à une aventure dont le héros serait Baby Kong. Mon co-scénariste et moi avons présenté la semaine dernière un projet à Dino, mais il ne l’a pas du tout apprécié. J’espère toutefois qu’il changera d’avis. Le film coûterait très cher, et c’est une des raisons de son refus. "Il me suffit d’imaginer son budget pour que je le déteste d’emblée ! ".
Mais si "King Kong Lives ! " est un triomphe, il se mettra peut-être à mieux l’aimer. Nous comptons bien lui vendre notre scénario, car nous y croyons beaucoup. C’est une idée géniale, ça ne me dérange pas de vous la révéler, car plus les gens lui en parleront en termes élogieux, plus il sera susceptible de changer d’avis et de nous dire : "Vous aviez raison. Faisons-le ! " L’idée est donc de commencer le film à l’adolescence de Baby Kong – il mesure alors une bonne douzaine de mètres -, et nous l’avons infligé d’un terrible talon d’Achille. Il a le vertige. Vous rendez-vous compte ? Le fils du plus célèbre alpiniste du monde a peur de la hauteur ! Au plus fort du film, il doit escalader la Tour Eiffel pour sauver la gamine de quatorze ans dont il est tombé amoureux, car sa donzelle a été enlevée par des terroristes. Il est comme James Stewart dans Sueurs Froides ! Mais il repense alors à son père – tôt dans le film, il va se recueillir sur sa tombe -, et ça le rassure aussitôt. Nous insèrerons peut-être un plan de Kong pendant l’ascension de l’Empire State Building ou du World Trade Center. Donc, Baby Kong sait qu’il peut surmonter sa peur, gravit la Tour Eiffel et récupère la fillette.
»

Ronald Shusett serait-il encore plus fou que Dino De Laurentiis ? Une idée géniale !!!?? Mais quel cerveau malade peut bien enfanter de telles monstruosités ?
La suite on la connaît : "King Kong Lives ! " fut loin d’être un triomphe, ceci étant dû à l’extrême médiocrité du film, un des plus mauvais de la série, surpassé sans peine par d’autres productions du même type pourtant beaucoup moins fortunées. Cette suite mettant en scène Baby Kong ne fut donc jamais tournée et l’on peut se demander s’il faut s’en plaindre ou finalement s’en réjouir étant donné l’ineptie du scénario.
Revenir en haut
koroxx
Stégosaure

Hors ligne

Inscrit le: 08 Aoû 2008
Messages: 200
Localisation: Suisse
Point(s): 202
Moyenne de points: 1,01

MessagePosté le: 27/09/2009, 10:27    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

TU METS PLUS D'IMAGES ? C'EST QUOI CETTE FLEMME TOUT D'UN COUP ? :tatatatiiiiin:





Je plaisante, encore de très bons "petits" articles
-----------------
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 703
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 743
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 27/09/2009, 10:50    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

J'aimerais bien ! Le problème (comme tu l'as sûrement deviné) c'est qu'il n'en existe pas. La plupart de ces projets ne sont même pas entrés en production et sont restés au stade d'une simple ébauche de scénario voir d'une simple évocation sans que rien d'autre ne soit entreprit. Dans ces conditions, difficile de pouvoir illustrer les titres cités (à moins de faire un photo montage comme pour Joe Meets Tarzan ou les projets japonais).
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:44    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:    Sujet précédent : Sujet suivant  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    King Kong Index du Forum -> LE VILLAGE INDIGENE -> Les films Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: <  1, 2, 3, 4  >
Page 2 sur 4

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation