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LES PROJETS AVORTES
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SUPERMEGALOSAURUS
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MessagePosté le: 27/09/2009, 11:32    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
C'est toi qui les avais fait les photomontages ? Ben tu te démerdes pas si mal sur Photoshop en fait !?!
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koroxx
Stégosaure

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MessagePosté le: 27/09/2009, 14:44    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

SKULL.ISLAND a écrit:
J'aimerais bien ! Le problème (comme tu l'as sûrement deviné) c'est qu'il n'en existe pas. La plupart de ces projets ne sont même pas entrés en production et sont restés au stade d'une simple ébauche de scénario voir d'une simple évocation sans que rien d'autre ne soit entreprit. Dans ces conditions, difficile de pouvoir illustrer les titres cités (à moins de faire un photo montage comme pour Joe Meets Tarzan ou les projets japonais).


Bah genre une photos des types qui ont eut l'idée du projet ? :blah:
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SKULL.ISLAND
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MessagePosté le: 27/09/2009, 21:58    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

SUPERMEGALOSAURUS a écrit:
C'est toi qui les avais fait les photomontages ? Ben tu te démerdes pas si mal sur Photoshop en fait !?!


Ben non justement ! Ceux-là je les ai trouvé en grattant sur des sites ou d'autres forums. Tu penses bien que si je savais les faire j'en aurais mis partout ! xD
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SUPERMEGALOSAURUS
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MessagePosté le: 28/09/2009, 10:48    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Si tu passes un de ces jours à la maison, j'te montrerais ! xD

C'est parfois un peu long, mais pas super compliqué.
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SKULL.ISLAND
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MessagePosté le: 28/09/2009, 17:03    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

GODZILLA VS KING KONG + GODZILLA VS MECHANI-KONG (1992)

En 1992 (pour coïncider avec le 60ème anniversaire de la compagnie) la Toho souhaite réaliser un remake de leur plus grand succès, King Kong contre Godzilla. Le film devait s’appeler Godzilla vs King Kong et, tout comme l’original, Kong était capturé sur l’ile Faro et ramené à la civilisation avant de devoir affronter Godzilla. Selon certaines sources, Kong, à l’instar d’autres ennemies de Godzilla remis au goût du jour dans les années 90, se serait vu doté de pouvoir surnaturels. Les nouvelles versions de Mothra et Rodan, apparue respectivement en 1992 et 1993, montraient les deux monstres dotés de nouvelles possibilités, en particulier celles d’envoyer des rayons. Comme dans la version de 1962, l’électricité serait la clé de la puissance de Kong et vu le penchant du spécialiste des effets spéciaux Koichi Kawakita pour les rayons laser, il aurait été très probable que Kong soit capable d’envoyer des décharges électriques de son torse et de ses yeux. Le film devait en outre bénéficier de la présence de Angilas mais, d’après Tomoyuki Tanaka (producteur de nombreux Godzilla), Ted Turner, patron de la compagnie Turner Entertainment, qui détenait à l’époque les droits du film original, demandait trop d’argent pour utiliser le personnage de Kong.

Du coup, la Toho se tourne vers un autre projet : Godzilla vs Mechani-Kong.

« Pour contrer Godzilla, l’UNGCC lance la construction de Mechani-Kong, un robot élaboré d’après un singe géant légendaire. Lors de leur première confrontation, Mechani-Kong réussit à injecter dans le corps de Godzilla une sonde contenant une équipe de scientifiques. Le combat va alors se poursuivre sur deux fronts, Godzilla devant lutter à la fois contre un robot truffé de gadgets meurtriers et des savants déterminés à l’anéantir depuis l’intérieur de son propre organisme. »




Mais là encore Ted Turner s’interpose. L’idée ne lui plait pas du tout et il pense que le personnage de Mechani-Kong revient au même que d’utiliser King Kong. Il insinue aux japonais qu’ils vont devoir payer pour l’exploitation de l’image de Kong. Outrée, la Toho refuse tout net, considérant qu’elle n’a pas à verser des droits pour un personnage lui appartenant. Finalement le film sera remplacé par Godzilla vs Mecha-Godzilla II.


THE RETURN OF MR. JOSEPH YOUNG (1993)

En 1993 l’animateur Hal Miles écrit un traitement appelé « The Return of Mr. Joseph Young » et envisage de réaliser le film lui-même mais le scénario ne reçu pas l’approbation des héritiers de Cooper et le projet tomba à l’eau.


La marionnette originale de Mighty Joe Young.

Harold « Hal » Miles s’est spécialisé dans les effets spéciaux et la stop motion après avoir vu Mighty Joe Young dans les années 70. Il est professeur au Savannah College of Art and Design et a amassé une vaste collection d’accessoires de cinéma dont de nombreuses figurines et armatures réalisées pour des effets d’animation image par image. Il a débuté chez Tex Avery et a eu l’occasion d’épauler Ray Harryhausen, sa principale influence. Tout au long de sa prolifique carrière, il a travaillé sur une centaine de films et de séries TV dont Rocketship X-M, Titanic, Starship Troopers, Dinosaur Island, Alien 3, Godzilla (1998), Terminator 2, Gremlins 2, ou encore Kraa! The Sea Monster. Sa compagnie, Hal Miles Imagination Studios, crée également des effets spéciaux pour les parcs d’attractions.


Hal Miles et une de ses figurine, affectueusement surnommée Ray.


KRANGOA (1994)

En 1994, Jim Danforth entre une nouvelle fois en contact avec la RKO afin de tester leur éventuel intérêt pour un remake de Mighty Joe Young.
Il lui est répondu qu’en effet la compagnie envisage de réaliser une nouvelle mouture des aventures du gorille géant mais qu’ils désirent plutôt confier les effets spéciaux à Rick Baker. Les deux hommes se connaissent bien et Jim est persuadé qu’ils pourraient faire un super boulot ensemble mais après avoir vainement tenté de convaincre la RKO de lui confier la direction des effets visuels en partenariat avec Baker, Danforth en conclu que si il veut travailler sur un film avec des gorilles géants il devrait désormais en prendre l’initiative et commencer à développer ses propres idées.

Au cas où la nouvelle version de Mighty Joe Young ouvrirait la voie à d’autres productions de ce type, Danforth ressort des ses cartons les bases de scénarios qu’il avait écrit pour « Track of the Yeti » et « Jongor », deux projets restés inachevés. Il les combine pour aboutir à une histoire appelée « Krangoa » qui parle de la dernière famille de Gigantopoides dont l’existence est menacée quand des anthropologues débarquent sur l’île de Krangoa…


Dessin de Jim Danforth pour Krangoa.

Jim à l’intuition que l’approche utilisée pour les effets de Mighty Joe Young (combiner prises de vue avec un acteur dans un costume de singe et animatronic taille réelle) à des chances de bien fonctionner mais il envisage une autre solution plus en rapport avec sa spécialité, l’animation image par image. Il fait appel à Jeff Taylor, un ami animateur lui aussi (qui avait écrit son propre script sur un gorille géant et dont l’action se déroulait à Las Vegas). Les deux hommes sont persuadés que la stop motion combinée avec les nouvelles technologies digitales peuvent donner d’excellents résultats mais ils ont besoin d’un film test pour étayer leur point de vue auprès des studios hollywoodiens. Jim demande à son frère de mettre au point un programme informatique adapté pendant que Jeff s’atèle à la construction d’une armature de gorille Gigantopoide.

Malheureusement, pour d'obscures raisons le projet n’ira pas beaucoup plus loin.


Dernière édition par SKULL.ISLAND le 07/01/2014, 22:36; édité 1 fois
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MessagePosté le: 04/10/2009, 14:25    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

KING KONG Version Peter Jackson (1996)

Dès la fin des années 80, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson s’était déjà fait un nom avec ses comédies horrifiques à petit budget tournées sur sa terre natale (Bad Taste, Meet the Feebles, Braindead), mais c’est à partir du succès de Créatures Célestes en 1994 que sa renommée va grimper en flèche. Universal lui propose alors de réaliser Fantômes contre Fantômes, basé sur un scénario écrit par Jackson et sa femme, Fran Walsh. Jackson accepte à condition de pouvoir tourner le film chez lui, en Nouvelle-Zélande, prétextant que les coûts inhérents à ce genre de production seront moindres qu’à Hollywood. Impressionné par la capacité de Jackson à diriger un film incluant beaucoup d’effets spéciaux avec un budget réduit, le studio américain, qui envisageait à cette époque de tourner un remake de « La Créature du Lagon Noir » (1954), lui offre l’opportunité de réaliser le film. Peter Jackson décline l’offre mais quand les exécutifs sont mit au courant de sa passion pour le King Kong de Merian C. Cooper, ils décident de ressortir des cartons ce projet vieux de 20 ans.



Désireux de pouvoir enfin concrétiser leur version (et par là même prendre leur revanche sur celle de De Laurentiis), Universal Studios, par l’entremise du producteur Brad Wymann, propose alors le projet à Jackson mais, contre toute attente, celui-ci refuse dans un premier temps. Comme d’autres éminent spécialistes à qui on avait confié cette tâche avant lui, Jackson est plutôt réticent à l’idée de se confronter à un tel classique. Il craignait de rater le coche et ne voulait pas tenter le sort en risquant de proposer un film décevant (le gâchis de la version de 76 lui restait en mémoire, de même que les vives réactions des fans déçus). Mais finalement, à bien y réfléchir, il changea d’avis. Sachant que Universal avait décidé de remettre le film en chantier, il réalisa que si ça n’était pas lui qui dirigerait le film, quelqu’un d’autre le ferait à sa place – quelqu’un qui n’aurait peut-être pas la même passion ou le même respect pour le film original et qui pourrait faire quelque chose de pire que ce que lui craignait de réaliser. De plus, Jackson avait le sentiment qu’un remake pouvait être une bonne chose car, en dépit de son statut de classique, le film original n’intéressait plus les jeunes générations, non habituées à regarder des films en noir et blanc. Jackson désirait offrir à ce public un film aussi enthousiasmant que l’avait pu être pour lui la version de 1933 et c’est dans cet état d’esprit qu’il décida d’accepter l’offre de Universal.

Le studio propose alors de revoir le script que Bo Goldman avait écrit en 1975 pour La Légende de King Kong mais Jackson préfère repartir de zéro. Début 1996, en pleine post-production de Fantômes Contre Fantômes, Peter Jackson et Fran Walsh commencent à écrire un nouveau scénario. Situé dans les années 30, comme dans le film original, le résultat de ce premier jet est un curieux mélange d’éléments propres à King Kong, son remake de 1976, la vie de Cooper, Mighty Joe Young, Les Aventuriers de l’Arche Perdue et Jurassic Park.
A la fois surprenant (le film s'ouvre sur une poursuite d'avions au-dessus des tranchées de la première guerre mondiale) et très respectueux (la mythique scène coupée dans le film de Shoedsack et Cooper, avec les araignées géantes, figure évidemment dans la version de Walsh et Jackson), le script optimise la structure du premier film tout en réservant plus de surprises, plus de monstres, et plus d'humour que dans son illustre prédécesseur.



France, 1917. Jack Driscoll, à bord de son biplan, est engagé dans un féroce combat contre les avions de chasse allemands. Touché, son appareil s’écrase au sol et il perd son meilleur ami dans le crash.



L’histoire reprend en 1933 à Sumatra. Jack dirige une scierie et a de fréquents rapports avec le célèbre anthropologue anglais Lord Linwood Darrow et sa fille Ann qui tentent de mettre à jour d’anciennes ruines indiennes. Carl Denham, un réalisateur de Hollywood aux manières plutôt rustres, arrive à Sumatra à bord du SS Venture pour tourner un documentaire. Durant les prises de vue, Denham et son équipe mettent à jour accidentellement une ancienne statue représentant un singe géant.



Lord Darrow identifie le singe comme étant Kong, une divinité légendaire au centre d’un culte effrayant très répandu dans la partie Est de l’Inde. Ce culte a été finalement éradiqué par les Hindouistes, bien que Lord Darrow ait eu vent de certaines rumeurs selon lesquelles il serait toujours actif dans une île située dans l’océan indien et ne figurant sur aucune carte. Par chance, une carte est gravée sur la statue et Denham et Ann ont juste le temps d’en faire une reproduction avant que la statue ne soit détruite par les autorités locales. Cherchant à éliminer toute trace de Kong, celles-ci tentent d’interdire les fouilles entreprises par Lord Darrow et de fermer le site. A la suite de cette situation stressante, l’archéologue est victime d’une attaque cardiaque qui lui sera fatale. Sur le point d’être arrêtés, Ann et Jack réussissent à s’échapper et trouvent refuge à bord du Venture alors que celui-ci s’éloigne du port. Dans l’espoir de trouver une tribu primitive (et de préférence dénuée de tout vêtement) qu’il pourrait photographier pour épicer son documentaire, Denham décide de faire voile en direction de l’île dessinée sur sa carte. De son coté, Ann décide de mettre à profit cette décision pour honorer la mémoire de son père grâce, espère-t-elle, à une découverte archéologique majeure.

Le Venture arrive en vue de l’île mystérieuse qui est perpétuellement entouré d’un épais brouillard. Une équipe menée par Jack, Ann et Denham débarque pour explorer l’île et découvre une tribu primitive vivant dans un village construit devant un gigantesque mur. Observant les indigènes affairés aux préparatifs d’un sacrifice humain, Ann réalise que la tribu fait partie des adorateurs de Kong. Repérés, les membres de l’équipage sont capturés et alors qu’ils allaient être tués, Jack et Ann réussissent à les libérer et regagnent au plus vite le bateau où la décision est prise de quitter l’endroit dès que possible. Alors que le Venture se prépare à lever l’ancre, un groupe d’indigènes s’introduit à bord et enlève la jeune femme.



De retour au village, Ann est emmené sur le mur où elle est revêtue de vêtements sacrificiels puis attaché sur un autel. A l’aide de cordages, l’autel est ensuite redescendu de l’autre coté du mur, dans une clairière un peu plus loin. Ann entend quelque chose d’énorme avancer avec fracas à travers les arbres et là, Kong, un gorille à dos argenté de 8 mètres émerge de la jungle. Alors que la jeune femme pousse un cri d’horreur, Kong arrache ses liens et l’emporte dans la jungle. Après s’être frayé un chemin parmi les indigènes hostiles, les hommes du Venture, dirigés par Jack et un Denham réticent, lui donnent la chasse.



Kong, qui est carnivore, emporte Ann dans son « terrain de jeu » et s’apprête à dévorer la jeune femme quand sa coiffe sacrificielle tombe, révèlant sa chevelure blonde. Kong est fasciné et Ann, cherchant à tirer parti de cette situation inattendue, essaie d’amadouer l’animal en lui chantant une berceuse. Pendant ce temps, l’équipe de recherche survit tant bien que mal à l’attaque de différents dinosaures avant d’être prise en chasse par un tricératops et de s’engager sur un tronc d’arbre surplombant un profond ravin. Alerté par les cris des hommes, Kong abandonne Ann sur un arbre et se poste devant l’autre extrémité du tronc. Jack a juste le temps de se glisser le long d’une liane jusqu’à une grotte dans la paroi du précipice alors que Kong commence à secouer le tronc pour se débarrasser des marins. Ceux-ci tombent au fond du gouffre où ils sont attaqués et dévorés par des insectes monstrueux. Alors que Kong essaye d’attraper Jack, il est attiré par les cris de Ann qui vient de voir surgir un allosaure. Kong se précipite à son secours mais bientôt l’allosaure est rejoint par deux autres de ses congénères. La partie est inégale mais Kong, dépassé en nombre et devant faire face sur tous les fronts, réussit à se débarrasser des monstres au terme d’un combat titanesque.



Profitant de cette lutte acharnée, Jack regagne le sommet du précipice et tombe sur Denham qui à réussit à échapper à Kong. Il décide de continuer après Ann pendant que Denham retourne au village chercher de l’aide. Kong arrive dans son repaire au sommet de la Montagne du Crâne. Il apporte de la nourriture à Ann et la belle et la bête profitent d’un moment d’accalmie pour s’observer mutuellement. Kong est ensuite attaqué par une nuée de créatures semblables à des chauves souris géantes. Ann profite de l’attaque pour s’enfuir avec Jack qui l’avait rejoint. Furieux, Kong les poursuit jusqu’au village, fracasse le mur et détruit les huttes à la recherche de Ann. Il est stoppé dans sa folie destructrice par Denham qui lui tire dans la rotule avec un fusil mitrailleur avant qu’il soit endormi et mis hors d’état de nuire.

New York, quelques mois plus tard. Denham s’apprête à exhiber King Kong dans un théâtre. Scandalisée par la façon dont le cinéaste exploite l’animal, Ann essaie de faire stopper le show. Alors que Denham la bouscule devant les caméras, Kong brise ses chaînes. Le public effrayé se rue vers la sortie alors que Kong se jette sur Denham et le tue. Jack et Ann grimpent dans un taxi mais Kong est à leurs trousses. Espérant sauver la vie du grand singe, Ann accepte de se laisser prendre et le gorille l’emmène au sommet de l’Empire State Building. Apprenant qu’un escadron de la Navy est en route pour abattre l’animal, Jack « emprunte » un biplan en état de marche exhibé devant un cinéma local et s’interpose face aux avions, les empêchant d’ouvrir le feu. Kong réussit à saisir au vol l’avion de Jack et le détruit pendant que l’intrépide aviateur a juste le temps de sauter sur le dôme de l’Empire State Building. Débarrassés de Jack, les pilotes font feu de toutes parts. Mortellement blessé, Kong caresse une dernière fois Ann pendant qu’elle lui chante une berceuse puis finit par aller s’écraser une centaine d’étages plus bas.




Bourré de poursuites haletantes, de combats aériens, de charges de dinosaures et d’actes héroïques, ce scénario à l'ambition démesurée est un modèle du genre. A l’inverse du remake de 1976, il rend hommage à la vision de Cooper et l’amplifie en présentant Kong comme un animal brutal et sauvage. Devant ce script plus que prometteur, Universal peine à cacher son enthousiasme. Le studio engage Robert Zemeckis comme producteur exécutif et lance la pré production. Il est prévu de commencer le tournage dans le courant de l’année 1997 pour une sortie annoncée pour l’été 1998.
Fidèle à son habitude, Peter Jackson envisage de tourner la quasi-totalité du film en Nouvelle-Zélande, à la fois pour profiter des splendides décors et sites naturels qu’offre le pays et pour amoindrir les coûts de production. Sa compagnie, Weta Ltd., commença à travailler sur des prises de vues test pour les nombreux effets spéciaux requis par King Kong. Il fut envisagé que tous les effets ainsi que l’animation de Kong seraient générés par ordinateur. L'équipe de Weta fut bientôt rejointe par un dieu du "comic book" américain, Berni Wrightson, chargé de peindre des dizaines de planches représentant une jungle luxuriante et un gorille géant, puissant et athlétique.

Dès le mois de juin 1996, la presse locale faisait état d'informations selon lesquelles l'histoire se déroulerait pendant les années 30, comme l'original, et que le final verrait bien King Kong en haut de l'Empire State Building. Aucun casting ne fut officiellement annoncé mais il y eu des rumeurs selon lesquelles Kate Winslet, qui avait déjà travaillé avec Jackson sur Créatures Célestes, pourrait reprendre le rôle d’Ann Darrow, interprété par Fay Wray dans la version originale et que, selon les vœux de Jackson, cette dernière pourrait apparaître dans un cameo. Les noms de Kate Beckinsale et Gwyneth Paltrow circulèrent aussi mais il semble que Kate Winslet était la mieux placée. En ce qui concerne le casting masculin, le magazine néo-zélandais « The Listener » écrivit que Jackson était sous pression de la part du studio pour intégrer des noms connus. Ceux de Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger furent semble-t-il proposé mais Peter Jackson déclara qu'il souhaitait bénéficier du charisme de George Clooney pour interpréter Jack. Des acteurs comme Robert De Niro et Ian Mckellen furent aussi envisagés, pour tenir respectivement les rôles de Denham et Lord Darrow. Le réalisateur dévoila aussi qu'il ferait une apparition dans le rôle du pilote d'avion qui abat Kong.


Photomontage représentant Kate Winslet et Kong.

Un technicien qui eu la chance de visiter les Studios Weta en octobre 1996 rapporta qu’il avait vu de nombreuses maquettes de gorilles dans des poses et expressions très variées, les dinosaures quant à eux étant très proches du travail de Stan Winston sur Jurassic Park. Mais le model principal sur lequel ils étaient en train de travailler était une sculpture représentant King Kong combattant trois tyrannosaures et tenant dans sa main une femme (que l’équipe appelait Fay Wray !). « Tout cela paraissait absolument incroyable, spécialement les dessins de pré-production montrant un Kong déchaîné dans son île préhistorique. En les voyant j’ai immédiatement deviné que cette scène allait servir d’ouverture pour le film. » Lors de cette visite, il fut aussi confié que les effets prévus seraient une combinaison de poupées animatroniques et d’images de synthèse, la technique de la stop-motion ayant eu son heure de gloire, mais jugée à présent trop désuète. Pour Weta Digital, Universal investit dans l'achat de quarante stations Silicon Graphics et le réalisateur négocia avec le gouvernement néo-zélandais pour faciliter le tournage dans son pays bien aimé. En décembre 1996, lors du lancement de Fantômes Contre Fantômes en Nouvelle Zélande, Peter Jackson aurait déclaré à un journaliste que la raison pour laquelle il s’attaquait à un deuxième remake de King Kong était qu’ «… il se sentait obligé de faire ce film pour rattraper la version foireuse des années 70. »





Les choses allaient pour le mieux. Les fans eurent vent du projet sur Internet et les réactions semblaient très favorables. C'était compter sans la concurrence. Sony/Tristar annoncèrent leur intention de produire un remake à gros budget de Godzilla pour une sortie prévue le même été 98. Les gens d’Universal commencèrent à se poser des questions sur King Kong quand ils apprirent que Tristar avait débauché l’équipe responsable du carton de l’été 1996 : Independence Day, et que la compagnie prévoyait un budget faramineux pour leur projet. Ils craignaient que la sortie conjointe de deux remakes traitants de monstres géants ne soit de trop. C’est à ce moment là que la compagnie Walt Disney fit part de son intention de produire une nouvelle version de Mighty Joe Young pour la même période et qui devait être aussi le film le plus cher jamais réalisé par le studio.
Avec la sortie simultanée de trois remakes sur des monstres géants le même été, Universal Studio et Miramax annoncèrent en janvier 1997 que la production de King Kong était retardée. Il leur fallait plus de temps pour développer le concept, tout en évitant la compétition avec d’autres productions similaires. Une nouvelle date pour démarrer la production du film fut envisagée pour le début de l’année 2000. Selon certaines sources non officielles (et donc à prendre avec des pincettes), on apprenait au mois de mai 97 que la version de Jackson devait finalement se dérouler dans un contexte actuel et que ce n'était pas tant un remake qu'un hommage à l'original. Kong aurait été conçu entièrement en images de synthèse et le scénario jouait beaucoup sur l'humour. Universal aurait d'ailleurs à ce propos demandé à Peter Jackson de réduire les passages humoristiques. Mais les choses végétaient et, très vite, Universal commença à se désolidariser du projet, pour finalement arrêter la production. Peter Jackson lui, se mit à travailler sur d’autres projets, notamment une adaptation du Seigneur des Anneaux, décliné en trilogie avec le succès que l’on sait. Alors que King Kong était stoppé net dans sa production, Godzilla, dont le budget fut revu à la baisse, sera une grosse déception en termes de rentabilités et la version Disney de Mighty Joe Young sortit finalement six mois plus tard que la date prévue, ce qui peut laisser penser que le King Kong de Universal avait toutes ses chances au box office.

Le scénario de Jackson et Walsh a été recyclé depuis par Universal dans quelques-uns de ses blockbusters maison. La fuite des héros au milieu d'un troupeau de dinosaures herbivores au galop dans Jurassic Park III est ainsi un plagiat direct du King Kong de Walsh et Jackson. De même, la structure de la première heure de La Momie, ainsi que les caractéristiques des personnages du groupe, ressemblent beaucoup à celles imaginées par le duo néo-zélandais.



Les chiffres décevants de Fantômes Contre Fantômes, sortit en juillet 1996 sur le sol américain, contribuèrent peut être également à l’arrêt de la production mais le succès phénoménal du Seigneur des Anneaux permit à Jackson de relancer King Kong en 2003. Un nouveau scénario, plus proche du film original, fut rédigé par la même équipe et le film fut prêt à être diffusé juste avant les fêtes de Noël en 2005... Mais ceci est une autre histoire !
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MessagePosté le: 07/10/2009, 12:52    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

KING KONG Version John Landis (1998)

En mai 1998, le magazine américain Variety rapportait que le producteur Brad Wyman (Barb Wire, Freeway) avait proposé au réalisateur John Landis de travailler sur un remake de la version de 1933 pour le compte de Universal. Landis, bien que fan absolu du film original, était plutôt réticent à l’idée de s’atteler à la rénovation de grands classiques et déclara qu’il allait y réfléchir tout en attendant de voir quelles réactions les nouvelles versions de Godzilla et Mighty Joe Young allaient susciter. On ne sait pas jusqu’à quel point le projet était avancé mais les résultats décevant de ses concurrents condamnèrent ce King Kong pour quelques années encore. Comme on le sait, Wyman s’était auparavant intéressé à Peter Jackson pour ce projet.


THE LEGEND OF KING KONG (1999)

En 1999, le magazine anglais TV Times annonçait un projet à venir, présenté comme le téléfilm le plus cher jamais réalisé. BBC Films, CBS et TNT s’associaient pour mettre en œuvre une nouvelle adaptation de «The Legend of King Kong». Laurence Fishburne (Matrix), Sam Neill (Jurassic Park), Rachel Weisz (La Momie) et Ian McShane étaient pressentis pour jouer dans ce film doté d’un budget de 25 millions de £. Les effets spéciaux devaient être réalisés par l’équipe responsable de « Star Wars : Episode I ».
Le tournage devait avoir lieu en Nouvelle Zélande et à Londres durant l’hiver 1999-2000 pour une sortie prévue aux Etats-Unis en juillet 2000. Une fois de plus le projet a été sacrifié pour d'obscures raisons ; dommage, le casting semblait intéressant...


KING KONG VS FRANKENSTEIN (2007)

En avril 2007 un certain Rock Baker annonce qu’il vient de finir le script d’une nouvelle mouture de King Kong contre Frankenstein. Celui-ci décrit la capture d’un nouveau King Kong par Carl Denham Jr. en 1966 puis l’affrontement spectaculaire du singe géant et de la créature de Frankenstein. Universal aurait posé une option sur le script mais se refuse pour l’instant à donner le feu vert pour la production d’un film.

Afin de vérifier la théorie de son père selon laquelle Kong n’était pas le seul de son espèce, Carl Denham Jr. embarque pour l’île de Meniko qui est sensé abriter d’après la légende un monde perdu, peuplé de reptiles préhistoriques, sur lequel régnerait un géant. Sur place il découvre un nouveau Kong et assiste au combat de ce dernier avec un paresseux géant puis un dinosaure. Capturé à l’aide de grenades à gaz, Kong est amené au Japon pour y être exhibé. Le pays du soleil levant abrite aussi le Dr. Frankenstein qui travaille avec sa fille Hilda sur une nouvelle forme de thérapie à base de radiations pour des applications chirurgicales. Le monde a finit par oublier les expériences inhumaines de la famille Frankenstein durant le siècle passé mais le docteur garde le corps congelé du monstre dans une chambre secrète pour garder à l’esprit que certaines expériences ne doivent pas être tentées.

Alors que Kong est transporté dans un lieu conçu pour l’accueillir, il se réveille et brise ses chaînes. John McMurray, un ami de Carl qui est aussi le fiancé de Hilda, prend le contrôle d’un bulldozer et force l’animal à reculer assez pour pouvoir employer de nouveau une grenade à gaz. Pendant l’opération John est mortellement blessé et Frankenstein se précipite pour lui venir en aide. Son cerveau est intact mais son corps broyé interdit toutes chances de guérison. La seule option qui reste au docteur est de transplanter le cerveau de John dans un autre corps et le seul disponible s’avère être celui de la créature. A l’aide de sa fille il procède à l’opération, prévoyant de trouver une nouvelle enveloppe dès que possible. Le cerveau de John est substitué à celui du monstre et retrouve ses fonctions grâce à l’énergie atomique.

John survit à l’opération mais il est horrifié par sa nouvelle apparence. Frankenstein découvre que l’adrénaline engendre dans le corps du monstre des particules radioactives qui causent une augmentation inquiétante de sa taille. John devient incontrôlable et s’enfuit en emportant Hilda. Omnubilés par le fait de contenir Kong, les militaires sont incapables d’aider le docteur à retrouver sa fille. Le gorille est devenu très agressif depuis que le monstre a commencé à grandir et Frankenstein, réalisant que Kong a repéré dans sa créature un ennemi mortel qu’il doit détruire, provoque une explosion pour libérer le singe géant. Carl, Frankenstein et l’armée japonaise s’unissent pour stopper les deux créatures et ne tardent pas à assister à la bataille des géants.


Malgré quelques éléments intéressant, le scénario est assez proche de celui de Frankenstein Conquers the World et son coté naïf et suranné, au vu des critères actuels, ne laisse guère de chances à la mise en chantier d’un film. Le manque de nouvelles récentes à ce sujet laisse penser d’ailleurs que le projet a été suspendu.


Voilà pour les films. Je me dois de signaler également un cartoon : DONALD MUNCHAUSEN (1938) pour lequel Carl Barks avait imaginé une histoire où Donald racontait à ses neveux comment il avait du affronter des dinosaures et King Kong en Afrique. Marc Davis avait réalisé quelques croquis pour ce projet qui fut abandonné.




Ci-dessus : le rêve fou d'un fan très inspiré : casting de rêve, production béton, le tout réalisé par un cinéaste efficace et talentueux, ça aurait pu déchirer grave !
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MessagePosté le: 16/10/2009, 21:37    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Avant de passer à la suite du sujet qui va nous éclairer sur la douloureuse question des droits liés au personnage de King Kong, voilà un petit bonus concernant le projet initial de Peter Jackson en 1996.


















Les trois T-rex (qui n'étaient pas encore devenu des V-rex).


Ann et Jack.




3 exemples du travail de Berni Wrightson.


Ann et Jack victimes d'une attaque de crocodiles alors que leur véhicule s'enfonce sous les eaux.


Kong et les Terapusmordax.






Une main mécanique créé par Weta pour les prises d'essais.
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MessagePosté le: 04/11/2009, 21:03    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Comme je le disais dans l’introduction de ce dossier (et comme vous avez pu le constater vous-même) certains projets semblaient très alléchants tandis que d’autres, annoncés à la va-vite pour profiter d’un engouement passager pour les grands singes, étaient beaucoup plus anecdotiques.

Hormis les sempiternels problèmes budgétaires liés à l’abandon de quelques projets, il ressort que tous ces présumés ex-futurs chef-d’œuvres pour les uns et nanars quasi-certains pour les autres ont souvent été stoppés dans leurs ambitions à cause de problèmes de droits liés au personnage de King Kong. Ces problèmes sont apparemment réglés aujourd’hui mais ont causés bien des soucis à de nombreuses personnes pendant plus de 50 ans. Du milieu des années 30 jusque dans les années 80, beaucoup se sont cassés les dents à vouloir monter des projets sans y parvenir, à commencer par Merian C. Cooper lui-même, pourtant créateur de King Kong et seul propriétaire (du moins le croyait-il) des droits concernant son personnage.

Il ressort également que pour un bon tiers de tous ces projets non finalisés, la faute en incombe principalement à deux personnes, qui ont fait beaucoup de dégâts du temps de leur toute puissance : Dino De Laurentiis et Daniel T. O’Shea. Je ne reviendrais pas sur la personnalité du premier, que les aficionados de King Kong connaissent bien et qui a fait l’objet d’innombrables articles tout au long de sa prolifique carrière. Le second en revanche, bien que cité plusieurs fois au cours de ce dossier, est resté inconnu du grand public et mérite que l’on s’attarde un peu plus sur son cas (mais en même temps le mérite-t-il vraiment ? C’est quand même à cause de lui que nous ne verrons jamais ce qu’aurait pu donner King Kong entre les mains expertes de Ray Harryhausen ou Jim Danforth).

Dans le méga dossier qui va suivre, je vais revenir plus en détail sur certains points obscurs et tenter d’éclaircir la situation par rapport aux droits. Attention !!! Il n’est plus question ici de se divertir à coups de projets farfelus, de cartoons débiles ou de belles affiches rares. Les points abordés risquent d’être sans intérêts, voir carrément rébarbatifs pour les fans non hardcore et je comprendrais aisément que certains passent leur chemin. Pour les plus courageux, je vous convie à un merveilleux voyage dans les méandres de la justice et des coups bas





KING KONG : UNE AFFAIRE DE DROITS




Alors que King Kong fait partie des plus célèbres icônes de l’histoire du cinéma, le statut sur sa propriété intellectuelle n’a cessé d’être contesté depuis sa création, à coups de fausses allégations et de nombreuses batailles judiciaires. Les droits concernant le personnage ont toujours été scindés en plusieurs parties afin que nul propriétaire unique ne puisse en réclamer l’exclusivité. Différents protagonistes ont également fait remarquer qu’une certaine partie du matériel concernant King Kong était tombé dans le domaine public et ne pouvaient être revendiqué comme étant une marque ou pouvant bénéficier de droits d’auteur.

Quand Merian C. Cooper créa King Kong, il supposait alors qu’il était le propriétaire absolu du personnage qu’il avait conçu en 1929. C’est par l’entremise de la RKO que Cooper pu donner vie à sa créature, dès 1932 et le début de la production 601 qui allait devenir King Kong lors de sa sortie sur les écrans en mars 1933. Cooper a toujours affirmé qu’il avait seulement autorisé la RKO à utiliser le personnage de Kong pour le film original et une suite mais qu’il restait par ailleurs le propriétaire de sa propre création. Dès 1935, Cooper s’est rendu compte que quelque chose n’allait pas quand il a essayé de mettre sur pied un projet appelé Tarzan vs King Kong pour le compte de Pioneer Pictures (entreprise dont il assurait la gestion). Après que David O. Selznick lui ait proposé le projet, le soudain débordement d’activités juridiques autour de King Kong qui s’en suivit le força à abandonner le projet et lui fit prendre conscience qu’il n’avait peut être pas un contrôle total sur le grand singe.



Des années plus tard, en 1962, Cooper avait apprit que la RKO avait octroyé une licence sur King Kong à John Beck pour qu’il produise avec le studio japonais Toho un projet appelé King Kong vs Godzilla. Cooper assurait que ses droits étaient inattaquables et était farouchement opposé au projet. En 1963, il déposa une action en justice pour interdire la distribution du film, action menée à la fois contre John Beck, la Toho et Universal (détenteur du copyright pour le sol américain). Cooper découvrit également que la RKO en avait profité pour accorder des licences à divers produits dérivés comme le kit produit par Aurora Plastics Corporation, des jeux de société, des bonbons etc… Charles B. Fitzsimons, assistant de direction de Cooper et ami proche du cinéaste, déclara que ces sociétés devaient négocier avec lui et Cooper et non la RKO pour obtenir ces fameuses licences. Voici ce que déclarait Cooper dans une lettre adressée à Robert Bendick :

« Mon souci est à propos de King Kong. J’ai créé le personnage bien avant mon arrivée à la RKO et j’ai toujours cru que je conservais les droits du film et tout ce qui tourne autour. J’ai cédé les droits à la RKO uniquement pour qu’elle produise le film original King Kong et plus tard, sa suite, Son of Kong. Il n’a jamais été question que ça aille plus loin. »

Cooper et ses avocats apportèrent divers documents pour renforcer ses dires, selon lesquels il était seul propriétaire du personnage de Kong et avait seulement autorisé la RKO à s’en servir pour deux films, pas pour négocier des licences autour du gorille. David O. Selznick lui-même vint se porter garant du bon droit de Cooper. Il avait d’ailleurs dès 1932 écrit une lettre adressée à Mr. A. Loewenthal du Syndicat des Artistes Célèbres de Chicago stipulant (en ce qui concerne Kong) « Les droits de la présente sont la propriété de M. Merian C. Cooper ».

Malheureusement, Cooper avait perdu certains documents primordiaux au fil des années (Il avait constaté que ces documents avaient disparu lors de son retour au pays après la Deuxième Guerre Mondiale) comme la lettre de Mr. Ayelsworth (alors président de RKO Studio Corp dans les années 30) et une lettre officielle de Mr. B.B. Kahane (président de RKO dans les années 60) confirmant que Cooper avait seulement accordé une licence sur les droits de King Kong pour deux films et rien de plus.

Malheureusement, sans ces lettres, il semble que les droits de Cooper aient été réduit à la novélisation de Lovelace sur laquelle il avait des droits d’auteur (il put passer un accord avec Bantam Books pour une réédition en format poche du roman ainsi qu’une adaptation en bande dessinée par Gold Key mais ce fut tout). L’avocat de Cooper reçu une lettre de l’avocat de John Beck, Gordon E. Youngman, qui écrivait :

« Dans l’intérêt du dossier, je tiens à préciser que je n’ai pas l’intention de négocier ni avec vous, ni avec Mr. Cooper ni avec n’importe qui d’autre pour définir les droits de Mr Cooper à l’égard de King Kong. Ses droits sont bien définis et ils sont quasi inexistants, excepté pour certaines publications et dans une certaine limitation. »

Dans une lettre adressée à Douglas Burden, Cooper se lamentait :

« Il semble que mes soucis avec King Kong soit destinés à devenir récurrents. Ils m’en feraient presque regretter d’avoir inventé cette bête, si je ne l’aimais pas tant. Je me sens comme dans Macbeth : « Bloody instructions which being taught return to plague the inventor »



Visiblement, et depuis le début, la RKO avait trouvé un moyen, légal ou non, pour s’approprier les droits de King Kong au nez et à la barbe de son créateur. Quelques projets avaient créés des remous dès les années 30 mais c’est surtout King Kong vs Godzilla qui mit le feu aux poudres et qui incita Cooper à contre attaquer pour la première fois en 1963. Au terme des nombreux procès qui eurent lieux depuis le premier clash, les juges finirent par rendre à César ce qui appartenait à César : il reconnurent enfin la paternité de Cooper et lui restituèrent, à lui et sa famille, les droits concernant King Kong. Le problème est que le verdict final n’a été prononcé qu’en 1980, soit 7 ans après la mort de Merian C. Cooper.

La deuxième grande affaire qui secoua les fondations de Skull Island eu lieu en 1975 – 76.
Cette histoire que l’on surnomma « La guerre du gorille » déchaîna les passions dans un procès retentissant et une bataille publicitaire à grands coups d’annonces tapageuses où Universal et Paramount étaient engagés dans une course contre la montre pour mettre sur rail leurs versions respectives de King Kong, chacun se disputant l’exclusivité des droits.

Mais deux ans avant « la guerre du gorille », se déroulait en coulisse un autre bras de fer pour définir exactement qui détenait les droits liés à King Kong. Steve Barkett, qui venait de s’associer avec Jim Danforth, s’était mit en tête de réaliser un remake de King Kong mais s’était retrouvé confronté à Daniel T. O’Shea, ex avocat et un temps président de la RKO, gardien du temple de Kong, unique personne à consulter pour tout ce qui concernait le grand singe et ayant pouvoir de vie ou de mort sur les remakes envisagés. Le problème était que ce personnage antipathique était farouchement opposé à toute idée de remake et clamait à qui voulait l’entendre que lui vivant, il n’y en aurait jamais.

Le prochain article raconta en détail cette histoire édifiante. Mais il vous faudra être bien sages si vous voulez que tonton Skull vous narre ce récit passionnant. :tatatatiiiiin:
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MessagePosté le: 04/11/2009, 22:06    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Wow ....
De mieux en mieux mon cher Skull !!!
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MessagePosté le: 12/11/2009, 23:29    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

LE PROJET BARKETT/DANFORTH : LA QUETE PERDUE






Ce post est en grande partie une traduction d’un article de Stuart Barnes parue dans l’excellent fanzine The Movie People de septembre 1975. Je précise donc que certaines réflexions de l’auteur ne reflètent pas mon avis. De plus, en relisant cette traduction qui remonte à 2 ans, je me suis rendu compte d’une certaine profusion de répétitions dans les faits. C’est un peu redondant mais l’article d’origine était comme ça, désolé.



Septembre1975. Variety et The Hollywood Reporter publient deux pages de publicités annonçant « King Kong : The Legend Reborn » par Dino De Laurentiis et Paramount Pictures. La semaine précédant cette parution, Steve Barkett apprenait que Universal Pictures était en cour de négociation avec la RKO pour réaliser leur propre version de King Kong, remake que l’avocat principal de la RKO, Daniel T. O’Shea montrait beaucoup d’insistance à dire qu’il n’y en aurait jamais.

Apparemment, l’annonce de la Paramount fut un choc pour Universal autant que pour Barkett. A la suite de ce battage publicitaire, Universal engageât des poursuites judiciaires à l’encontre de Dino De Laurentiis, Paramount et RKO, prétextant que cette dernière avait promis de céder les droits à Universal et qu’ils avaient, sur cette promesse, déjà dépensés une somme considérable pour la pré production du film. Universal réclamait 25 millions de $ de dommages et intérêts.

Mais pour Jim Danforth et Steve Barkett, l’histoire commence en 1974, bien avant que les annonces paraissent dans les revues professionnelles. Les deux cinéastes se rencontrent cette année là et le courant étant très bien passé entre eux, ils décident de travailler sur un projet commun. A l’époque, Jim est le leader dans son domaine même s’il n’est pas le plus connu. Son travail sur « Quand les Dinosaures Dominaient le monde » est supérieur à tout ce que proposent les autres animateurs depuis les dix dernières années mais, contrairement à Ray Harryhausen, Danforth n’a pas eu la chance d’être épaulé par un producteur de la trempe de Charles H. Schneer, bien organisé et capable de mener à bien un projet.
Les films de Barkett sont en général restés assez confidentiels mais il a toujours sût s’arranger pour trouver des financements et mener ses projets à terme. En outre il possède aussi une très bonne connaissance du monde de l’animation de modèles réduits ainsi qu’un enthousiasme débordant pour cette discipline.


Jim Danforth et Ray Harryhausen sur le tournage du "Choc des Titans".

La proposition de Barkett reposait sur une franche et étroite collaboration avec Danforth, chacun se partageant les tâches quotidiennes et s’attribuant la moitié des bénéfices. Cette association semblait annoncer la naissance d’une longue et fructueuse amitié. Après avoir planchés sur un certain nombre de concepts, les deux hommes apportèrent leurs idées à un exécutif de Columbia, John Veitch, qui à son tour les montra à Steve Tisch, un collègue producteur qui fut très intéressé. Les choses semblaient se mettre en place rapidement quand soudain Barkett fut informé que Columbia travaillait déjà en étroite relation avec Charles Schneer et Ray Harryhausen et que par conséquent la compagnie ne pouvait en aucuns cas collaborer avec d’autres partenaires concernant les films d’animation.

Rebondissant immédiatement, Barkett proposa en plaisantant de refaire King Kong, un projet dont Ray Harryhausen avait souvent exprimé le souhait de réaliser. Barkett se disait : « quelle ironie si du fait de cette exclusivité nous étions sur le point de faire un film que Schneer et Harryhausen souhaitaient réaliser depuis des années sans succès. » C’était une simple suggestion lancé sur le ton de la plaisanterie, bien des gens s’étant vu refuser catégoriquement par Daniel T. O’Shea les droits concernant King Kong. A cette époque, ni Barkett ni Danforth n’étaient sûr de la position d’O’Shea au sein de la RKO ni pourquoi il aurait nécessairement dû avoir la décision finale sur la question. Cet ancien avocat était depuis une quinzaine d’années en semi retraite mais avait été mandaté par la RKO pour négocier la vente des droits liée à leur catalogue. Malgré cela, il n’était pas habilité à signer des documents, son rôle devant se limiter à la négociation et la préparation des contrats. Plus aiguillé par la curiosité qu’autre chose, Barkett commença des recherches et finit par établir que les transactions entre O’Shea et la RKO remontaient aux années 30, alors que Cooper était à la tête de la production pour la compagnie. Dans les années 50, O’Shea fut associé avec Howard Hugues et sera pendant un trimestre président de la RKO, alors vacillante. En dépit du fait qu’il soit associé avec de nombreuses personnes influentes dans le milieu cinématographique, il semblait que les droits que possédait l’irascible avocat ne concernaient que des films mineurs. Souvent décrit comme un personnage vaniteux et autoritaire, la mauvaise réputation de Daniel O’Shea venait du fait que personne ne l’appréciait, certains lui vouant même une franche antipathie comme le très estimé Val Lewton.


Daniel T. O'Shea.

Pas impressionné pour deux sous, Barkett décida d’enfoncer les barrières que O’Shea avait dressé pour voir si, en effet, il pouvait acquérir une option sur la propriété des droits de King Kong.
La première étape fut la recherche des droits d’auteur pour déterminer qui, une personne individuelle ou une corporation en était propriétaire. Le catalogue américain des copyrights stipule que l’auteur est propriétaire de son œuvre. L’auteur n’était autre que Merian C. Cooper qui avait à l’origine conçu cette histoire avant qu’on entende parler d’un projet de film se déroulant sur l’ile de Komodo et faisant combattre un vrai gorille contre un varan. Plus tard, après que Cooper ai rejoint la RKO puis soit devenu le principal producteur exécutif il commissionna l’éminent écrivain britannique Edgar Wallace pour l’aider à écrire le scénario. Wallace décéda avant la fin de 1932, léguant ses droits sur le scénario à ses descendants, ce qui laissait Cooper – producteur et réalisateur de King Kong – le seul autre propriétaire du copyright.

RKO avait un intérêt sur les droits d’auteur mais uniquement pour le bail, ce qui veut dire que la propriété du film lui-même ne lui appartenait pas. Toutefois cela ne leur donnait pas non plus de participation dans les droits littéraires ce qui incluait suites et remakes.

Les recherches que menaient Barkett devenaient plus intrigantes de jour en jour. Il était évident que depuis des années O’Shea affirmait détenir des droits sur la propriété de King Kong que non seulement il n’avait pas mais que la compagnie qu’il représentait n’avait aucune autorisation sur la vente de ceux-ci.

Barkett se procura un exemplaire d’un document d’un certain Brylawski qui avait effectué des recherches en 1971 concernant les droits d’auteur et qui abordait le cas King Kong. Bien qu’il soit fondé sur de nombreuses rumeurs et ouï-dire, il contenait des pistes très précieuses. Earl Wright, avocat chargé de gérer les biens de M. C. Cooper (qui mourut en 1973) fut contacté. Il se révéla d’une aide précieuse pour localiser le Major Richard Cooper, fils du producteur/réalisateur et seul héritier de tous les droits littéraires de Kong.

Durant les années 60 une compagnie japonaise commis deux suites navrantes de King Kong où un acteur dans un costume de singe interprète le rôle. Bien loin des mécanismes complexes utilisés pour donner vie à des modèles qui font de King Kong non seulement un classique du genre mais aussi un authentique monument du folklore américain. La permission de produire ces atrocités fut obtenue auprès d’O’Shea qui, si l’on s’en réfère aux recherches concernant le copyright, n’avait aucun droit d’autoriser de telles suites.

Barkett chercha une trace de King Kong dans le registre de renouvellement des droits d’auteur de 1961 et fit une curieuse découverte (si les droits sur le copyright d’un film ont été renouvelés, un R en capital est accolé au titre dans le registre). Dans le catalogue RKO tous les titres étaient marqués d’un R… sauf King Kong ! Si la bibliothèque elle-même validait cette édition du catalogue, cela voulait dire que la novélisation de King Kong faisait désormais partie du domaine public et que le film pouvait donc être dupliqué, vendu, projeté dans les cinémas et à la télévision et ce par toute personne pouvant obtenir les négatifs originaux. Enfin les murs dressés par O’Shea s’écroulaient, les choses commençaient à prendre tournure. Bien sûr O’Shea se vantait d’être la seule personne à la RKO que l’on devait consulter pour tout ce qui concernait King Kong. Que feriez-vous si vous étiez l’avocat chargé du renouvellement des droits de tous les films de votre compagnie et que vous ayez autorisé le film le plus important du catalogue à tomber dans le domaine public ?


Peinture réalisé en 1974 par jim Danforth pour promouvoir son projet.

Antérieurement, Barkett et Danforth avaient écrit une lettre à la RKO à New York en y expliquant leur motivation pour acquérir les droits de King Kong afin d’en réaliser un remake. Ils y expliquaient qu’ils n’étaient pas intéressés par une suite, seulement un remake. Harry Gittleson renvoya une réponse courtoise à leur demande de renseignements détaillés expliquant qu’un représentant de la RKO devait se rendre en Californie la semaine prochaine et qu’il contacterait Barkett pour convenir d’un rendez-vous. Une semaine passa, puis deux…
Barkett appela pour avoir des nouvelles et Gittleson l’informa que le représentant avait attrapé un rhume et que cela prendrait un peu plus de temps que prévu mais qu’il devrait être là dans deux semaines. Le nom de ce représentant ? Vous l’aurez deviné : Daniel T. O’Shea !

Dans l’intervalle, Barkett se trouva en mesure de rencontrer Richard Cooper ainsi que des amis proches et le confident de la famille Cooper, Charles Fitzsimons (Fitzsimons était un fier irlandais qui fut ramené aux Etats-Unis par John Ford et Merian C.Cooper en même temps que sa sœur, l’actrice Maureen O’Hara. Ayant commencé sa carrière américaine comme acteur il était devenu ensuite un producteur respecté qui avait connu le triomphe avec le téléfilm « The Red Badge of Courage / La Charge Victorieuse en 1974).
Fitzsimons était captivé par le récit de Barkett à propos de ses recherches et surpris par le fait qu’il en savait plus sur la propriété des droits et les différents statuts que bien des experts légaux qui furent impliqués dans le litige opposant Cooper et la RKO.
Barkett avait maintenant dévoilé que la RKO n’avait aucun droit sur un remake de Kong : les droits exclusifs étaient la propriété des héritiers de Cooper (quelques années auparavant Cooper avait fait l’acquisition auprès des héritiers de Edgar Wallace de tous leurs droits sur le roman, une lettre en atteste).

Barkett attendait toujours le coup de fil d’O’Shea. Cinq semaines avaient passées depuis la date du premier rendez-vous manqué. Barkett savait que même s’il arrivait à prouver que la RKO n’avait aucun droit sur un remake de King Kong, une bataille juridique allait s’engager. Par conséquent, s’il pouvait trouver un arrangement qui le satisfasse, cela pouvait éviter que la propriété des droits soit bloquée pendant plusieurs années de procédure.

Quand il réussit finalement à le joindre, O’Shea se comporta comme un pacha. Et quand il lui demanda pourquoi il n’avait pas été prévenu quand l’avocat avait réalisé qu’il ne pourrait pas se rendre au rendez vous fixé celui-ci lui rétorqua qu’il n’avait pas à se justifier et que le rendez-vous aurait lieu quand il serait prêt.
Finalement Barkett et Danforth apparurent devant sa seigneurie O’Shea aux bureaux de la RKO à Los Angeles. Ils furent accueillis par un homme affable et courtois du nom de Vernon Harbin. Ce dernier faisait de son mieux pour faire patienter les deux hommes qui attendaient dans le hall d’entrée pendant qu’O’Shea était au téléphone. Barkett rageait derrière un sourire forcé. Il avait attendu cinq semaines pour rencontrer un avocat pompeux et discuter des modalités sur des droits que ce dernier ne détenait même pas et il se tenait debout dans un hall inconfortable pendant que la voix d’O’Shea se faisait entendre depuis son bureau.
O’Shea connaissait Danforth et adopta une attitude courtoise et professionnelle avec lui. Vis-à-vis de Barkett en revanche, il se montra extrêmement rude voir injurieux. Il questionna Barkett sur ses références d’une manière impolie et lui tint des propos offensants. Barkett, qui est bien connu pour avoir un tempérament volcanique lui aussi déclara plus tard : « Ce fut l’expérience la plus difficile de toute ma vie pour essayer de me contenir mais il était absolument nécessaire que O’Shea ne réalise pas à quel point j’en savais sur ses accords passés avec Cooper et sur la propriété des droits. » Barkett fit même remarquer à O’Shea qu’il serait ridicule pour lui d’essayer d’être plus futé que quelqu’un qui travaillait dans l’industrie cinématographique 30 ans avant qu’il ne soit né et O’Shea répliqua avec vanité « bien sûr que vous ne pourriez pas ! ». En vérité, Barkett s’était déjà montré bien plus malin que ne le supposait l’avocat mais cet exploit n’allait le mener nulle part.

Quelques années avant la mort de Willis O’Brien, Cooper avait envisagé l’idée de refaire King Kong en utilisant le nouveau procédé Cinérama. A cette époque O’Shea avait écrit une lettre à Cooper pour lui rappeler qu’il avait besoin de la permission des héritiers de Wallace avant de pouvoir lancer la production du film. Cette lettre existe toujours et il est donc très étonnant de voir que deux grands studios hollywoodiens (Universal et Paramount) souhaitaient acquérir des droits qui appartenaient prétendument à la RKO alors que son représentant légal n’avait pris aucunes mesures pour les renouveler et que par conséquent ces droits étaient tombés dans le domaine public.


Merian C. Cooper

Barkett informa les héritiers de Cooper qui n’étaient pas au courant des publicités parues dans la presse concernant les deux remakes de King Kong. Une lettre fut rapidement envoyée à Universal et Paramount les informant que le Major Richard Cooper était seul légataire des droits concernant King Kong. Quand Barkett remarqua que le producteur italien Dino De Laurentiis était l’instigateur du projet Paramount il pensa que celui-ci avait peut-être acquit les droits d’une édition italienne du roman mais il semblait que la famille Cooper possédait aussi un certificat italien attestant de leur propriété sur le livre.

Sur une période de trois ans à peine il y eu plusieurs infractions sur les droits de King Kong :
Une série de cartoon pour la télévision, plusieurs films à petits budgets et de nombreux jeux et produits dérivés. Durant ces trois ans il n’y eu aucun enregistrement dans le catalogue pour le renouvellement des droits. Toutefois, quand la bibliothèque du Congrès fut contactée il s’avéra en effet qu’une demande de renouvellement venait d’être enregistrée. Voilà qui semblait plutôt louche, on pourrait même suspecter que cette demande fut enregistrée illégalement…

Barkett était furieux, il savait qu’il lui serait très difficile de monter son remake de King Kong si les financiers venaient à apprendre que le projet pouvait être litigieux. Danforth était essentiel pour mener à bien ce remake mais en même temps très vulnérable. Le fait de se retrouver impliqué dans les coulisses de cette affaire pourrait avoir des répercussions néfastes sur la suite de sa carrière. Barkett soumit son projet au Major Cooper et le mis en confiance en lui proposant finalement de sécuriser les droits concernant d’éventuels remakes de King Kong s’il acceptait de se risquer dans une coproduction. Le procès avec la RKO semblait inévitable mais après la façon dont l’avait traité O’Shea, Barkett attendait cette confrontation avec impatience. Malheureusement, à la suite de cas de maladie dans la famille Cooper et du fait que le Major Cooper lui-même soit régulièrement appelé en mission, le temps manqua pour de nouvelles négociations.

Déçu mais sans autres recours, Barkett attendit donc tranquillement la confrontation. C’est dans les premiers temps de l’instruction que Barkett et Danforth entendirent parler pour la première fois du projet de remake de la Paramount mais après avoir interrogé tous leurs contacts, personne ne fut en mesure de confirmer ces rumeurs. De son coté, Barkett continuait à presser Richard Cooper pour obtenir une réunion approfondie mais pour le Major le gouvernement des Etats-Unis passait avant toute chose. Puis il y eu d’autres rumeurs sur l’imminence de l’annonce d’un autre projet de remake venant cette fois ci de Universal. Cependant, quand les personnes chargées de représenter les intérêts des Cooper furent contactées, il s’avéra qu’aucune n’avait reçu de demande en ce sens et qu’elles n’avaient pas été consultées pour les droits. De toute évidence quelque chose était en marche.

Puis vinrent finalement les publicités tapageuses dans la presse professionnelle bientôt suivi par l’annonce d’un procès, Universal engageant des poursuites s’élevant à 25 millions de dollars à l’encontre de la Paramount.

Barkett, sachant qu’il faudrait un certain temps avant qu’une décision soit prise entre la famille Cooper, RKO, Paramount et Universal, en profita pour tourner son attention vers d’autres projets. De son coté, Jim Danforth sentait que les sommes colossales engagées par Universal et Paramount accréditaient le fait que le projet allait se réaliser quoi qu’il arrive, peu importe qui détenait les droits ou combien de temps la bataille allait durer. Face à deux studios de cette envergure il était clair que son association avec Steve Barkett ne ferait pas le poids. Si un remake était sur le point de se réaliser il devait en être et il prit la décision d’offrir ses connaissances techniques dans tous les cas. Il prit la peinture qu’il avait réalisée pour son projet initial et se rendit à la tour MCA (firme qui détenait Universal) où son travail fut examiné mais jugé inapproprié par les producteurs : trop coûteux. Totalement déconcerté, Danforth décida d’appeler O’Shea pour voir ce qu’il pourrait en tirer. Apparemment l’avocat était hésitant dans ses déclarations et détailla par le menu le statut exact des droits et de leur propriété. Mais Quand Danforth demanda pourquoi quelqu’un était sur le point de réaliser un film dont O’Shea lui-même clamait haut et fort qu’il n’y aurait jamais de remake, ce dernier resta silencieux.



Jim Danforth décida alors de tenter sa chance avec la Paramount dont le projet semblait plus avancé, Universal l’ayant déjà envoyé paître trois ans plus tôt. Il rencontra le réalisateur John Guillermin et le directeur artistique de Dino DeLaurentiis mais se heurta à une réaction qu’il n’attendait pas. « Ils passaient leur temps à critiquer la version de 1933 en disant qu’ils détestaient le film, que c’était vraiment mauvais et qu’ils ne voulaient en aucun cas faire quelque chose qui y ressemble. »

Surpris par cette prise de position radicale, Danforth n’insista pas et se fit oublier. Dino le rappela quelques semaines plus tard, après qu’ils aient coupé de nombreuses scènes du film, « nous avons besoin d’une scène avec Rick Baker combattant un dinosaure animé, vous aurez carte blanche. Lisez le scénario, rappelez moi demain et dites moi ce que vous décidez ». Après lecture du scénario, Danforth le trouva tellement mauvais qu’il le renvoya et se désengagea totalement du projet. Dépité mais pas résigné, il se tourna alors une nouvelle fois vers Universal, cette fois-ci avec plus de succès (du moins dans un premier temps, la suite des évènements vous la connaissez déjà). Jim Danforth continua néanmoins à collaborer ave Steve Barkett, notamment sur The Aftermath / Zombie Aftermath (1982).
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MessagePosté le: 13/11/2009, 23:41    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Un conflit juridique avait eu lieux des années avant King Kong, ou O Brien lui même faillit se faire spolier ses techniques d'animation par H. M. Dawley.
Lors de sa séparation avec O Brien après le tournage de The Gost of Slumber Mountain auquel O Brien avait collaboré en 1918, Dawley tenta de minimiser publiquement la prestation de O Brien dans ce film qui connaissait un grand succès.
Et Dawley déposa le brevet d'invention du procédé d'animation image par image sur des miniatures dont la plus grande part revenait à O Brien, lequel n'avait jamais songé à protéger ses droits.

Le lendemain de la première projection des premières séquences d'essais du monde perdu, présenté par Arthur Conan Doyle lors de la convention du banquet des magiciens présidé par H. Houdini le 2 juin 1922, Dawley menaça de poursuivre Watterson Rothacker pour contre façon de son brevet.
Il voulait 100000 de dollars de dommages et intérêts avec une décision de justice empêchant l'achèvement et la distribution du Monde Perdu.

Dawley déclara:
"Un de mes anciens employés qui a appris les trucages en travaillant chez moi a comme le font parfois tous les employés indélicats, prétendu que tout le travail et toutes les idées étaient siennes....
Je ne soupçonnait nullement avant de lire aujourd'hui dans les journaux que l'on projetait d'utiliser mon oeuvre et vais tout de suite consulter mon avocat afin d'engager une action en justice pour empêcher la production du Monde Perdu"

Le tournage du film fut interrompu le temps que Rothacker et O Brien réunissent des témoignages attestant que O Brien avait développé ses techniques bien avant sa rencontre avec Dawley.
Après confrontation, un agrément à l'amiable en dehors des tribunaux permit de finir le film.

(Source: L'écran fantastique 6, 1978)
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MessagePosté le: 14/11/2009, 11:36    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Merci pour toutes ces précisions cher Division Ruine. Il commence enfin à bouger un peu ce forum ! :singe1:
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MessagePosté le: 14/11/2009, 19:47    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Merci Skull,
Ce petit conflit juridique peut paraitre anecdotique, mais si H. M. Dawley avait eu juridiquement gain de cause en compromettant la réalisation du film Le Monde Perdu qui offrit une considérable notoriété à O Brien;
O Brien aurait il pu intégrer la R.K.O et présenter à Cooper le concept d'un gorille géant avec une peinture réalisée avec Byron Crabbe.
Sachant que le projet initial de Cooper constituait à lâcher un authentique et infortuné gorille Africain sur de voraces varans du Komodo (^^) avec une couteuse expédition Africaine et un voyage au Komodo qu'aucun producteur ne voulait financer.

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SKULL.ISLAND
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MessagePosté le: 13/05/2010, 16:17    Sujet du message: LES PROJETS AVORTES Répondre en citant

Petite parenthèse avant de terminer ce dossier (la guerre du gorille reste à traiter), j'ai découvert qu'une partie de mon dossier sur les projets avortés avait été traduit en anglais et posté sur un forum anglophone, celui de kaijuphile.com en l'occurence.

Après avoir traduit un nombre conséquent d'articles pour alimenter ce forum, ça me fait tout bizarre d'être cité à mon tour.

La preuve ici :

http://www.kaijuphile.com/forums/showthread.php?t=804&page=14
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