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KONGA

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    King Kong Index du Forum -> LE VILLAGE INDIGENE -> Les films
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SKULL.ISLAND
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MessagePosté le: 27/12/2009, 20:01    Sujet du message: KONGA Répondre en citant

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Autres titres :

I Was a Teenage Gorilla (titre de travail)
Grande-Bretagne / USA / France / Italie / Belgique : Konga
Allemagne : Konga, Erbe von King Kong / Konga Frankensteins Gorilla
Grèce : Konga, o Akatanikitos Gorilanthropos
Turquie : King Kong

Grande-Bretagne / 1961 / Couleur / 90 mn.
Réalisation : John Lemont
Assistant réalisateur : Buddy Booth
Production : Herman Cohen / A.I.P.
Scénario : Herman Cohen et Aben Kandel
Musique : Gerard Schurmann
Directeur de la photo : Desmond Dickinson
Avec :

Michael Gough (Dr. Charles Decker)
Margo Johns (Margaret)
Jess Conrad (Bob Kenton)
Claire Gordon (Sandra Banks)
Austin Trevor (Dean Foster)
Jack Watson (Superintendent Brown)
George Pastell (le professeur Tagore)
Vanda Godsell (la mère de Bob)
Stanley Morgan (l’inspecteurr Lawson)
Grace Arnold (Miss Barnesdell)
Leonard Sachs (le père de Bob)
Nicholas Bennett (Daniel)
Kim Tracy (Mary)
Rupert Osborne (Eric)
Waveney Lee (Janet)
John Welsh (le commissaire Garland)
Paul Stockman (Konga, non crédité)

Sorti en Grande-Bretagne : mars 1961.







Présumé mort dans le crash de son avion en pleine jungle africaine, le Dr. Decker, botaniste et professeur d’université, réapparait soudain en Angleterre un an après les faits. Il ramène avec lui Konga, un bébé chimpanzé sur lequel il a l’intention de tester un sérum qu’il a mit au point en Afrique. Dès son arrivé à l’aéroport de Londres il explique à la presse qu’il est resté de son plein gré dans la jungle parmi les indigènes pour poursuivre des expériences sur des plantes carnivores locales. Il aurait découvert un lien génétique entre ces plantes et la race humaine, assurant que ses découvertes vont révolutionner nos connaissances en biologie.



Sans délais, il retrouve son poste à l’université d’Essex et son logement installé dans le campus, équipé d’un laboratoire installé au sous sol. Il partage les détails de son histoire avec son assistante Margaret et il est clair au cours de la conversation que leurs rapports précédant la disparition du Dr. dépassaient le simple cadre professionnel. Devenu froid et distant, Decker intrigue davantage Margaret pour l’attention débordante qu’il accorde à Konga. Selon lui, le bébé chimpanzé est crucial pour ses expériences en génétique qui, si elles réussissent, changeront à jamais la face du monde en prouvant qu’il existe un lien entre l’évolution des plantes et des animaux. Durant son séjour dans les jungles de l’Ouganda, il a découvert que certaines plantes ont des propriétés qui, concoctées avec une potion adéquate, permettent à toute forme de vie de croitre dans des proportions exceptionnelles. De plus, ce mélange miraculeux place le receveur sous le contrôle mental de la personne qui l’administre. Dans la serre qui jouxte son logement, le chercheur se débarrasse de tous ses végétaux pour y installer à la place les plantes carnivores qu’il a ramenées d’Afrique. Il demande à Margaret de porter la température à 35° pour reproduire les conditions climatiques des jungles ougandaises grâce auxquelles les plantes gagnent très vite en volume. En récupérant la lymphe de leurs feuilles, Decker met au point un sérum qu’il injecte à Konga, constatant que l’animal atteint immédiatement une taille adulte.



Durant ses cours à l’université, Decker s’entiche de Sandra Banks, une jeune et jolie étudiante qu’il aimerait voir l’assister en classe et dans divers projets, ce qui n’est pas du goût de Bob, le petit ami de celle-ci. Puis, au cours d’une réunion entre Decker et le doyen de la faculté, Dean Foster, portant sur les déclarations du Dr. à la presse, le débat tourne au vinaigre et Decker est traité de fou, sommé de revoir ses positions, incompatibles avec les théories enseignées dans une école réputée. Fou de rage, Decker, qui comprend que ses expériences sont menacées, retourne dans son laboratoire et injecte à Konga une nouvelle dose de sérum. Cette fois-ci le singe se transforme en gorille et, toujours sous l’influence du Dr., reçoit l’ordre de se débarrasser de Foster. Decker est immédiatement suspecté par la police grâce au témoignage de la secrétaire du doyen qui avait entendu la conversation houleuse que les deux hommes avaient échangée juste avant le meurtre. Mais le Dr. est vite relâché par Scotland Yard qui cherche plutôt un animal ou un homme à la force surhumaine.



Peu après, au cours d’un cocktail qu’il organise pour ses amis et la faculté, Decker fait la connaissance du professeur Tagore qui conduit des recherches similaires et qui est sur le point d’annoncer les résultats à la communauté scientifique. Decker, qui n’a pas travaillé aussi dur pour se voir voler la vedette par quelqu’un d’autre, ordonne à Konga d’éliminer Tagore lors de la visite de son laboratoire. Comprenant que le singe est la solution à tous ses problèmes, il décide de l’utiliser pour évincer quiconque se mettra sur sa route. Le prochain obstacle, justement, se trouve entre lui et l’appétissante Sandra. La jalousie de Bob a atteint des proportions que Decker ne peut plus supporter et Konga est une nouvelle fois mis à contribution pour se débarrasser du jeune courtisan. Margaret, qui n’est pas dupe des manigances de son ancien amant, accepte de ne rien dire à la police en échange d’une promesse de mariage. Decker feint d’accepter mais toutes ses pensées sont désormais tournées vers Sandra.



Il invite la jeune femme chez lui pour lui montrer le fruit de ses recherches et lui propose de devenir sa nouvelle assistante. Alors qu’il lui fait découvrir la serre et toutes ses plantes étranges, il perd tout contrôle et se montre un peu trop pressant avec la jeune femme. Bouleversée, Margaret, qui a tout vu de la scène, se précipite vers la cage de Konga et administre au singe une dose massive de sérum dans l’espoir de le contrôler à son tour. L’animal commence à doubler de volume et, rendu fou par cette dernière injection, met le feu au laboratoire et jette Margaret dans les flammes avant de croître dans des proportions tellement énormes qu’il fracasse le toit de l’habitation. Il s’empare ensuite du Dr. Decker pendant que Sandra est victime à son tour des expérimentations du botaniste en étant happée par une de ses plantes gigantesques. Totalement désemparé, Konga, qui ne cesse de grandir, arpente les rues de Londres et sème la panique dans la population. Arrivé à hauteur de Big Ben, le singe est stoppé par l’armée qui ouvre le feu sur lui. Decker trouvera une fin tragique en étant violemment jeté au sol par le monstre que les militaires finissent par abattre. Dans la mort, Konga redevient le petit chimpanzé qu’il était au départ alors que sur l’horloge de Big Ben retentit le douzième coup de minuit.







Durant les années 50 et 60, insectes et animaux géants grouillaient sur la surface de la planète (sur les écrans tout du moins), souvent le résultat de radiations atomiques responsables de mutations ou encore d’explosions libérant de leur hibernation des monstres millénaires. La plupart de ces créatures gigantesques et destructrices étaient confinées au Japon, victime de deux bombes atomiques durant la 2e Guerre Mondiale, ainsi que dans les déserts du sud-ouest des Etats-Unis où les premières bombes atomiques furent développées et testées. Mais pour une courte période quelques monstres géants égarés ou en vacance vinrent terroriser l’Europe et c’est ainsi que nous avons eu droit à des films comme 20 Millions Miles to Earth, Reptilicus, Gorgo, The Giant Behemoth et quelques autres avant que les visas de toutes ces créatures viennent à expirer et qu’elles retournent au Japon ou aux Etats-Unis.

Après avoir exploré les grandes figures du cinéma fantastique avec Dracula, Frankenstein ou le loup-garou, le producteur Herman Cohen (1), qui semble avoir un intérêt certain pour les films de gorille tueur, revient donc à ses premiers amours avec Konga. Mais cette fois-ci le primate va subir une cure d’hormones de croissance pour atteindre la taille de ses concurrents. Konga est aussi la dernière coproduction entre American International Pictures (AIP) et Herman Cohen qui ne s’est pas contenté de produire le film mais l’a aussi co-écrit.
En clin d’œil à deux autres de ses productions, Cohen prévoyait au départ d’appeler son film I Was a Teenage Gorilla. Le titre finalement choisi, Konga, est bien sûr une référence à King Kong, plus évocateur dans l’esprit des gens. Fidèles à leurs habitudes, les allemands sont allés jusqu’à appeler le film Konga – Frankensteins Gorilla tandis qu’un drive-in de Chicago en faisait la publicité par cette légende : Theory of the Evil Satan, with « Congorilla Konga ».



Le film est certes loin d’être un chef-d’œuvre mais il ne mérite surement pas tout le fiel déversé dans la plupart des critiques lui étant consacrées. Souvent considéré comme une pâle copie anglaise de King Kong, Konga aborde pourtant une histoire totalement différente. Si ce n’est la présence d’un singe géant lors du climax du film, aucun autre élément ne peut être à rapprocher du film de Shoedsack et Cooper. Konga traite plus des obsessions maniaques du Dr. Decker que des ravages provoqués par un singe géant. En vérité, le gorille à son stade le plus développé n’apparaît que dans le dernier quart d’heure du film. Il y a en fait quatre étapes différentes dans la croissance de Konga : c’est d’abord un bébé chimpanzé qui gagne ensuite sa taille d’adulte grâce au sérum, puis qui se transforme en gorille lors de la deuxième injection avant d’atteindre une taille équivalente à King Kong après la goutte de trop. Le singe surdimensionné ne cause que très peu de dégâts dans la capitale britannique, biens moins en tout cas que ne le ferait Godzilla lâché dans Tokyo. Par contre il est le seul primate géant à tenir dans sa main un représentant du sexe masculin plutôt qu’une jolie blonde (Queen Kong et King Kong 2 étant hors concours puisque le gorille est une femelle).



Malgré son aspect série B évident, Konga recèle certaines qualités qui font parfois défaut à d’autres films du genre. Car c’est d’une série B anglaise dont nous traitons ici, et il y a à l’évidence une différence dans la façon d’aborder les petits budgets entre les britanniques et les américains. Pendant que les yankee semblent prendre conscience, à un certain point, qu’ils ont un véritable nanar entre les mains et qu’ils prennent plutôt le parti d’en jouer, les anglais eux, même dans le cas d’une œuvre aussi absurde que Konga, essaient de tirer le film vers le haut. De plus, là où les américains auraient certainement réservés un sort plus favorable à Margaret ou Sandra, les britanniques n’y vont pas par quatre chemins et font mourir tous les protagonistes sans exception. Les aspects les plus réjouissants de cette production sont sans conteste le caractère jusqu’au-boutiste du Dr. Decker, prêt à tout pour arriver à ses fins, et le costume de singe alloué à Konga, déjà vu maintes fois dans d’autres productions et que l’on retrouve ici avec plaisir malgré son look un peu ridicule.



Par chance, le réalisateur John Lemont (d’origine canadienne mais vivant et travaillant en angleterre) et Michael Cough ont bien compris les attentes de AIP et de Herman Cohen et font en sorte que le film ne soit pas trop sérieux. Le thème mixe agréablement King Kong et Meurtre dans la rue Morgue, où un homme se servait déjà d’un singe dressé pour commettre ses méfaits. Si le postulat de départ est très proches des films de savants fous qui étaient souvent interprétés par Bela Lugosi ou George Zucco dans les années 40, Konga est un pur produit du début des années 60 avec son campus universitaire très présent dans l’histoire et ses étudiants qui ne perdent pas une occasion de se déhancher sur du bon vieux rock’n’roll. Et qui dit rock dit aussi sexe et drogue. L’époque est encore puritaine mais en fin stratège, Herman Cohen se débrouille pour glisser ici ou là quelques petites allusions. La serre est ainsi un prétexte inattendu pour suggérer l’obsession grandissante du Dr. Decker envers Sandra Banks, une étudiante blonde et naïve dont la poitrine agressive pointe ostensiblement à travers le chandail. En effet, hasard ou pas, dans cette atmosphère chaude et humide, certaines plantes présentent une forme phallique et sont munies d’une espèce de langue qui s’agite frénétiquement ! Konga lui-même est une créature intéressante dont la présence ne cesse de prendre une tournure inquiétante au fur et à mesure qu’il se met à gagner en taille et devient l’instrument du cerveau dérangé de son maître sous l’effet de la drogue.


La serre du Dr. Decker et ses plantes carnivores aux formes évoquatrices.


Mais le film n’a pas que des bons cotés. Bourré d’incohérences, il ne s’embarrasse pas de détails puisque d’un chimpanzé Konga se retrouve transformé en gorille lors de sa croissance. Ce point n’échappera à personne aujourd’hui mais il faut dire que près de 50 ans en arrière on s’en foutait royalement. Sous l’effet du sérum l’animal se met subitement à comprendre l’anglais et exécute à la lettre les ordres de son maître. Les effets spéciaux quant à eux restent très approximatifs : la croissance de Konga est parasitée par des effets de flou et d’ondulation de l’image pour masquer la substitution des singes de tailles différentes. L’échappée du gorille dans les rues londoniennes n’est pas plus réussie, les transparences sont hideuses et ne trompent personne tandis que l’acteur dans son costume de singe tient une poupée parfaitement inerte. Dans certains plans il semble même être affublé d’un strabisme qui rappelle un autre gorille géant tout aussi miteux : The Mighty Gorga.



Reste Michael Cough (2), impeccable dans son rôle de scientifique maniaque, hautain, mégalomane et meurtrier. Son personnage est présenté au départ comme plutôt altruiste, préoccupé par l’avancement de ses recherches pour le bien être de la race humaine. Mais son esprit est très vite pollué par ses rêves de grandeur, sa soif de reconnaissance et son désir obsessionnel pour Sandra. Decker est condescendant, misogyne (un thème récurrent dans les films de Cohen), manipulateur et antipathique au possible, défauts qui prennent toute leur mesure dans la scène où le chat de la maison, qui vient de laper quelques gouttes du précieux sérum, est froidement abattu d’un coup de revolver par Decker. Il faut le voir se justifier devant une Margaret horrifiée en lui expliquant qu’il ne peut tolérer que ses recherches puissent être compromises si on venait à découvrir un chat gros comme un tigre dans les rues de Londres. Le reste du casting n’est pas mauvais mais se retrouve complètement éclipsé par la prestation de Cough.
A propos de son personnage, on peut se demander si le nom du Dr. Decker n’est pas inspiré par le personnage titre de Dr. Cyclops, Albert Dekker, et par le fait qu’il s’agit également d’un savant travaillant sur la (dé)croissance même si dans le cas du film d’Ernest Shoedsack il s’agit plutôt de miniaturisation.



Malgré ses nombreux défauts et son coté cheap, il faut bien avouer que l’on ne s’ennuie pas une seconde à la vision du film. Les scènes s’enchainent sans temps mort et il est indéniable que le récit est emballé avec un certain savoir-faire.

Pour interpréter Konga, Herman Cohen avait d’abord envisagé Steve Calvert, un spécialiste des rôles de gorilles avec qui il avait déjà travaillé sur Bride of the Gorilla (1951) et Bela Lugosi Meets a Brooklyn Gorilla (1952). Mais Calvert ne voulait plus entendre parler de singeries et Cohen se tourna alors vers un autre habitué, George Barrows (3). Celui-ci revêtait en général ses propres créations mais dans ce cas précis, Cohen réussit à le persuader de simplement louer le costume. Une seconde version veut que Barrows ait eu des problèmes de visa à cette époque et ne soit donc pas en mesure de traverser l’Atlantique. Choisi en raison de sa capacité à enfiler le costume, l’acteur incarnant konga se nomme Paul Stockman, mais apparemment peu habitué à incarner des primates, il n’est pas très convaincant dans sa façon de se mouvoir. Il faut croire qu’il n’était pas non plus très soigneux puisqu’au grand désarroi de Barrows, son costume lui est revenu en piteux état : le mécanisme actionnant la mâchoire était cassé et Barrows a également dû ressortir son nécessaire à couture, l’encourageant à s’assurer qu’il serait bien derrière le masque lors de ses rôles ultérieurs.




L’affiche annonçait que le film était tourné en « SpectaMation » (encore un terme bien ronflant pour un résultat décevant) et le slogan n’était pas en reste : « Jamais depuis King Kong l’écran n’avait autant débordé de spectacle et de fureur dévastatrice »

A tous ceux qui pensent que Konga n’est qu’un film mineur n’ayant laissé aucune marque autre que son exploitation ciné, il faut rappeler que le film a fait l’objet d’une novélisation et surtout d’une adaptation en comic book édité par Charlton et décliné sur 25 numéros.







(1) Né à Detroit, le producteur-scénariste Herman Cohen et surtout connu pour être à l’origine de quelques classiques de la série B qui ont fait le bonheur des drive-in : The Bride of the Gorilla, Bela Lugosi Meets a Brooklyn Gorilla, I Was a Teenage Werewolf, I Was a Teenage Frankenstein, Blood of Dracula ou encore How to Make a Monster. Dans les années 60 et 70 il produits quelques films en Angleterre comme Trog ou Crime au Musée des Horreurs (Horrors of the Black Museum) avec l’acteur Michael Cough que Cohen retrouvera 2 ans plus tard pour Konga et à qui il offrira des rôles dans 5 de ses films.

(2) Acteur anglais incontournable, Michael Cough a beaucoup œuvré dans le genre qui nous intéresse. Habitué des seconds rôles dans une flopée de productions anglaises (dont Le Cauchemar de Dracula), Cough a néanmoins tenu la vedette dans quelques productions d’Herman Cohen dont Crime au Musée des Horreurs, Konga et Black Zoo.
Né en 1917, il s'agit de l'un des rares acteurs de cette période à être resté en activité jusque dans les années 2000 puisqu'on l'a vu récemment au cinéma dans la série des Batman où il tient le rôle d'Alfred le majordome, ou encore dans Sleepy Hollow (Tim Burton, 1999).

(3) Alors que Charles Gemora et Ray Corrigan furent les interprètes de la plupart des rôles de gorilles dans les films des années 30 et 40, George Barrows entra dans la compétition lors des deux décennies suivantes. Né à New York en 1914, Barrows a commencé sa carrière en tant que cascadeur et acteur pour finalement tourner dans une centaine de productions. Il s’était confectionné son propre costume et interprétait des gorilles dans la plupart des films ou il apparaît : Tarzan et sa Compagne (1934) Robot Monster (1953), Gorilla at Large (1954), The Ghost in the Invisible Bikini (1966), Hillbillys in a Haunted House (1967). Sans son costume, Barrows est apparu dans de petites séries B comme Frankentein’s Daughter (1958), Mesa of Lost Women (1953) mais également dans des films plus important : Cleopatre (1934) ou le Jeanne d’Arc de Bergman (1958).


George Barrows, à gauche sur les deux photos.


On l’a aussi beaucoup vu à la télévision où il hante de sa silhouette velue de nombreux show et quelques séries La Famille Adams et surtout un de mes épisodes préférés des Mystères de l’Ouest « La nuit de la Bête» (Night of the Simian Terror). Non pas que ce soit un des meilleurs de la série mais cet épisode à l’avantage de présenter non seulement un gorille (dans l’univers du far west c’est chose rare) mais aussi un géant qui lui sert de maître, interprété par Richard Kiel (célèbre pour son rôle de Requin/Jaws, ennemi de James Bond dans L'Espion qui m'aimait et Moonraker). La stature imposante de ce véritable géant (2,18 m) fait merveille à coté du petit gabarit de Robert Conrad. Même George Barrows en gorille parait presque ridicule à coté. Après leur rendez-vous manqué sur Konga, Barrows et Michael Cough feront finalement équipe dans « Black Zoo » (1963), un autre film d’horreur produit par Herman Cohen. Barrows y interprète bien sûr un gorille, forcément très proche de Konga.

George Barrows a pris sa retraite à la fin des années 70 et il est mort en 1994 à l’âge de 80 ans.





A suivre : une interview d'Herman Cohen et un panorama du matériel publicitaire.
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MessagePosté le: 30/12/2009, 13:59    Sujet du message: KONGA Répondre en citant

INTERVIEW DE HERMAN COHEN PAR TOM WEAVER



Q : D’où vient l’idée de Konga ?

HC : Nat et Stuart Levy était tellement contents des chiffres de Crime au Musée des Horreurs en Angleterre et en Europe qu’ils me dirent « Herm, peut tu nous faire un autre film d’exploitation dans le même genre ? » J’ai toujours adoré King Kong, Mighty Joe Young et tous ces films alors je leur ai proposé Konga et Aben Kandel et moi avons commencé à écrire le script.

Q : Konga utilise beaucoup plus d’effets spéciaux que n’importe quel autre de vos films.

HC : Nous avons réalisé énormément d’effets avec Rank Labs que j’ai supervisé moi-même. Pour les scènes où Konga atteint une taille gigantesque, le directeur des effets spéciaux à Rank Labs, un gars extrêmement ingénieux du nom de Victor Marguetti, avait développé une technique de traveling qui employait des lumières jaunes au sodium. Konga était le tout premier film sur lequel elles furent utilisées. Certains effets sur Konga, quand il est très grand par exemple, étaient vraiment bons. Konga n’a coûté que 500,000 $ pour un film en couleur mais les effets étaient tellement bons que les gens croyaient qu’il avait coûté des millions.


Herman Cohen, Jess Conrad, Claire Gordon et Konga sur le tournage du film.

Q : Combien de temps a prit l’élaboration des effets sur Konga ?

HC : 18 mois – plus d’un an et demi pour que ces satanés effets soient parfait. Entre les essais et les erreurs j’ai dû constamment revenir dessus, encore et encore. AIP était sans arrêt après moi « Où est le film ? Quand est-ce que nous l’aurons ? » Ils ne réalisaient pas la somme de travail que nous devions fournir car ils n’avaient jamais utilisés d’effets spéciaux avant ce film.

Q : Pourtant avant Konga, les films que réalisait Bert I. Gordon pour AIP contenaient déjà des effets spéciaux.

HC : Oui mais Konga était en couleur et c’est une différence énorme. Pour que Konga puisse tenir Michael Cough dans sa main j’ai dû incruster 5 scènes différentes sur une image.

Q : Je croyais que vous aviez construit un bras géant.

HC : Vous plaisantez ? Nous n’avions pas assez d’argent pour construire un tel bras à l’époque (rires).



Q : Vous avez aussi employé un acteur en costume de singe au milieu de maquettes pour les scènes où Konga commence à grandir.

HC : Pour un film à petit budget les maquettes que nous avions construites étaient plutôt bonnes. Je me suis vraiment « cassé le cul » sur ce film. En fait, je ne crois pas avoir travaillé aussi dur sur un autre film que Konga. Et n’oubliez pas les plantes géantes utilisées pour les scènes dans la serre. Mon chef décorateur, Wilfred Arnold et moi avons fait beaucoup de recherches sur ces plantes – j’ai dû me rendre dans un tas d’endroits avec lui, jardins des plantes etc. Elles étaient inspirées de vraies plantes carnivores et ont été fabriquées aux studios Shepperton. Mais j’avoue que c’était excitant d’avoir à travailler dans ces conditions. Nous devions faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour palier au manque d’argent. Par chance j’avais une équipe motivée avec moi.
J’ai même faillit me faire éjecter d’Angleterre à cause de ce film. Une fois que Konga a atteint sa taille gigantesque, je devais filmer les rues de Londres depuis les quais. Jack Greenwood (directeur de production) et Jim O’Connolly me dirent « Herm, nous n’avons pas la permission. La police municipale va nous tomber dessus ». J’avais aussi entendu dire qu’on ne pouvait pas soudoyer un bobby ; contrairement à New York, Chicago, Detroit ou L.A., ça ne marchait pas ici. J’ai donc dû prendre les choses en main. J’ai rencontré l’inspecteur chargé de la circonscription de Croyden qui est dans la juridiction du quartier des quais. Nous avons fait la visite ensemble pendant un bon bout de temps en abordant tous les sujets liés au tournage. Puis nous en somme venu à parler de la télévision et il dit « Oh, un de ces jours j’espère que je pourrais m’offrir une télévision en couleur ». C’était l’occasion que j’attendais. J’ai immédiatement acheté une télé couleur et je lui ai envoyé à domicile. Et soudainement j’ai eu la permission de tourner dans les rues de Londres ! Le truc c’est que je ne lui ai pas mentionné que durant le final, l’enfer se déchaînait littéralement et que nous allions filmer des mitraillettes, des bazookas etc., etc. Je ne lui avais pas parlé de tout ça intentionnellement (rires).

Q : Il est toujours plus facile d’obtenir le pardon que la permission.

HC : C’est aussi ce que je me suis dit. Nous avions la permission de tourner entre minuit et 5 heures du matin durant 4 ou 5 nuits. Et la dernière nuit, celle où nous devions filmer le final, ne voilà-t-il pas que l’inspecteur débarque pour venir prendre le thé et grignoter des biscuits avec moi en assistant au tournage ! Je lui dis « Gee, vous ne devriez pas être encore debout, il est affreusement tard (il devait être 2 heures du matin) ». Je voulais m’en débarrasser mais il y avait également deux sergents qui ne me lâchaient pas et je ne leur ai pas dit ce qui allait se passer ensuite.
Puis arrive la scène finale et là nous avons fait feu de toutes parts : j’avais dit à toute mon équipe « préparez les camions prêt à partir car quand nous aurons finit, il faudra dégager en vitesse », ce que nous avons fait ! Le 999 (numéro pour les urgences) a reçu près de 300 appels de personnes qui pensaient que Londres était envahi (rires) ! C’était seulement 15 ans après la 2e Guerre Mondiale et ils étaient encore inquiets. J’ai dû présenter mes excuses un nombre incalculable de fois ! Il y a même quelques vieilles femmes qui ont certifiées qu’elles avaient eu une telle frayeur que leur santé en avait été longuement affectée, ce genre de bêtise.
La police m’a donné les adresses de tous ceux qui se plaignaient et menaçaient d’aller voir le Consul et j’ai dû rendre visite à chacun d’eux pour tenter de les amadouer, ce que j’ai très bien réussit à faire heureusement. Jack Greenwood, Jim O’Connelly et moi-même avons dû acheter au moins 20 boites de chocolats, qui sont horriblement chers en Grande-Bretagne, des fleurs et toutes sortes de choses pour mieux faire passer la pilule. Ils ont pris les fleurs et les bonbons et m’ont souhaité une bonne journée (rires) !



Q : Avec un titre comme Konga, les gens ont obligatoirement fait la comparaison avec King Kong.

HC : Justement, c’est exactement ce que je voulais. Nous avions versé de l’argent à la RKO pour les besoins de la publicité qui clamait « Jamais depuis King Kong l’écran n’avait autant débordé de spectacle et de fureur dévastatrice ». J’ai délibérément proposé de l’argent à RKO car je ne voulais pas qu’ils pensent que nous voulions les flouer. Nous leur avons donné 25,000 $ pour être sûr qu’il n’y aurait pas de poursuites.

Q : Après Konga vous êtes retourné à Hollywood pour y tourner Black Zoo.

HC : C’était une idée originale que j’avais développée. J’ai engagé Aben Kandel pour travailler avec moi et nous avons écrit le scénario ensemble. J’ai construit le zoo juste ici, à Raleigh Studio (autrefois un studio de producteurs). La totalité du zoo que vous voyez dans le film était un décor de studio.

Q : Vous devez bien avoir une anecdote ou deux sur les animaux.

HC : Hé bien, un des lions s’est échappé pendant le tournage et nous avons eu droit aux premières pages de tous les journaux ! Tout le monde a dit que j’avais dû le faire pour apporter un peu de publicité au film mais c’est vraiment arrivé. Un mâle adulte de 150 kg appelé Chico s’est échappé en passant à travers une porte. Nous avons immédiatement fait évacuer l’équipe et les acteurs du studio et quelqu’un lançait des avertissements à travers un haut parleur pour tout le personnel. C’était juste avant le déjeuner et tout le monde avait consigne de rester dans les bureaux. La police est arrivée et a commencé à encercler le studio, il y avait même un hélicoptère chargé d’annoncer la nouvelle aux enfants de l’école qui se trouvait à coté pour leur dire de quitter la cour de récréation et d’aller se mettre à l’abri à l’intérieur du bâtiment. Plus de 50 policiers ont bloqués les rues avec leurs voitures et se sont mit à sa recherche pendant que le propriétaire du lion, Ralph Helfer, leur demandait de ne pas tirer. Ca a pris environ une heure avant qu’ils ne réussissent à le reprendre. Il s’était faufilé dans les soubassements du studio par une trappe réservée aux électriciens. Le pauvre avait une peur bleue (rires) ! Au moins ça nous a fait une bonne publicité.


Herman Cohen et Chico sur le tournage de Black Zoo.


Tom Weaver est l’auteur de Science Fiction and Fantasy Film Flashbacks, Attack of the Monster Movie Makers et de bien autres ouvrages parus chez McFarland & Co.

Cette interview est disponible en anglais sur le site : http://www.bmonster.com/scifi32.html
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Megaprimatus Kong

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MessagePosté le: 18/07/2011, 19:48    Sujet du message: KONGA Répondre en citant

Perso, mon avis est assez mitigé sur ce film. Si il a certaines bonnes choses, il a aussi de très lourd défauts. D'abord les effets spéciaux, même si on a vu pire, ne sont vraiment pas terrible. Il y a bien certaines scènes, par exemple l'attaque de la ville par Konga, qui ne sont pas trop mal, mais d'autres sont consternantes. En particulier la scène où il attrape Margaret, ou plutôt où il attrape une vulgaire poupée inanimée. Aussi, le coup du chimpanzé qui devient un gorille m'a un peu choqué tellement c'est n'importe quoi, mais c'est vrai qu'à l'époque on ne devait faire pas attention à ce genre de détail. Mais le principal truc que je n'ai pas aimé c'est... Konga lui-même !! Je m'attendais à un vrai clone de King Kong qui respecte toutes ces caractéristiques comme APE, Gorga, King Wong ou "It"(de Mad Monster Party), mais en fait non, malgré son nom, Konga n'a aucun rapport avec King Kong : Il n'est pas un mégaprimatus, ne tombe pas amoureux, n'escalade pas d'immeuble, ne combat ni V-Rex ni serpent ni aucun autres monstres, n'est pas particulièrement intelligent... Je n'ai pas non plus aimé son caractère complètement incompréhensible (pourquoi tue-t-il Margaret? Pourquoi attrape-t-il Decker sans lui faire de mal pour le tuer plus tard sans raisons?) après sa poussée de croissance, on dirait vraiment qu'il est devenu complètement cinglé. J'ai aussi trouvé qu'il mourrait un peu trop facilement.
Mais sinon, il est vrai que, surtout comparé à d'autres films de gorilles de la même époque, on s'ennuie pas trop, et que les acteurs sont assez bons (surtout M. Gough). J'ai aussi bien aimé le fait que tous les personnages principaux meurent, c'est assez inattendu (même si pour certains on n'est pas sûr, Sandra a peut-être juste perdu son bras). Plusieurs scènes sont plutôt biens et je trouve que le film possède un certain charme. En tout cas, il est clair qu'il ne mérite pas les mauvaises critiques qu'il a reçu lors de sa sortie, il est loin d'être une pâle copie de KING KONG. Mais je me demande si j'aurais pas préféré...

Bref, si je récapitule, voici selon moi :

-Ce qu'il y a de bien dans le film : C'est assez divertissant, plutôt bien joué, certaines scènes sont assez bien faites, il y a quelques originalités dans le film, plusieurs scènes sont plutôt bien, et le costume du gorille n'est pas terrible mais 10 fois meilleurs que celui de Gorga, APE ou Banglar King Kong (son visage à un minimum d'expressivité).

-Ce qu'il y a de nul dans le film : Les effets spéciaux, plusieurs incohérences, le costume du gorille n'est pas le pire qu'on ait vu mais n'est vraiment pas terrible, le caractère incompréhensible de Konga, le manque de rapport avec King Kong.

J'ai vraiment été deçu par Konga (le personnage), qui n'a de rapport avec King Kong que le nom (pourtant sur l'affiche du film il avait l'air d'attraper une jeune fille). Mais je ne vais pas réagir comme les fans de Godzilla qui condamne un excellent film juste parce que le monstre y est différent du leur, donc on va dire que j'aime bien le film... mais je ne le considère pas comme un film de King Kong (il mériterait presque de figurer dans la catégorie "Les Faux King Kong").
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:46    Sujet du message: KONGA

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