top

KONG / THE BEAST

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    King Kong Index du Forum -> LE VILLAGE INDIGENE : L'UNIVERS DE KING KONG -> Les films
Auteur Message
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 584
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 623
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 06/01/2011, 21:15    Sujet du message: KONG / THE BEAST Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
EDGAR WALLACE

ET LE SCRIPT ORIGINAL DE KING KONG




"En vous assignant Edgar Wallace afin de le mettre à contribution, j’ai bien sur en tête non seulement l’importance de sa renommé en Angleterre (ainsi qu’aux Etats-Unis) mais aussi son talent extraordinaire et sa rapidité d’écriture."
David O. Selznick à Merian C. Cooper (1931)



Si le scénario de King Kong est attribué à Ruth Rose et James Creelman, d'après une histoire originale dû à Merian C. Cooper et Edgar Wallace, il ne fait aucun doute que s’il y avait bien un « auteur » dans ce quatuor, c’était Wallace.


Edgar Wallace


Edgar Wallace (1875 – 1932), romancier anglais de renom, commença sa carrière comme journaliste et réalisateur-amateur de documentaires. Dépeint comme une sorte de Simenon britannique, il était réputé pour écrire une nouvelle en un week-end ! On lui doit au moins 175 romans, 24 pièces de théâtre et plusieurs centaines de courtes nouvelles, articles, etc... En 1938, un livre sur quatre imprimés en Angleterre était une édition originale ou une réédition d’un de ses ouvrages. C’est aussi l’un des auteurs les plus adaptés au cinéma avec plus de 160 réalisations.

Quand Wallace débarque à Hollywood, le 5 décembre 1931, il est à l'époque l'écrivain anglais le plus célèbre au monde, et surtout celui qui est le plus à la mode. Le succès de ses romans a donné des idées aux producteurs de la RKO qui lui proposent d'écrire des scénarios, dans l'espoir que les films dont ils seront tirés auront autant de succès que les livres de l'auteur.



THE BEAST / KONG





Le tout premier concept de Kong / The Beast, dessiné par Willis O'Brien et Byron Crabbe en 1931.


Merian C. Cooper s'était arrangé pour que Wallace commence sa nouvelle fonction par l'écriture de « The Beast », le titre de travail de ce qui allait devenir King Kong, dès que l’écrivain aurait terminé sa nouvelle « Death Watch », un récit de mystère plus tard publié sous le titre « Before Dawn ».

Le 12 décembre, Cooper emmène Wallace visiter l'atelier de Willis O'Brien et lui montre le tournage d’une prise d’essai dans laquelle des acteurs jouent devant un écran projetant un test avec des dinosaures en pleine action. Un passage dans le journal de Wallace décrit cette visite dans une ancienne salle de projection reconvertie en atelier par l’équipe d’O’brien. Wallace y raconte avoir vu plusieurs modèles de gorilles dans des états plus ou moins avancés ainsi que des maquettes de dinosaures et plusieurs décors réduits. Puis les deux hommes s’entretiennent de l’histoire pendant que Cooper en dessine les grandes lignes à Wallace. Quelques jours plus tard, le 19 décembre, Cooper fait enregistrer son histoire de gorille géant au calendrier de production de la RKO sous le numéro 601.


Les studios RKO où O'Brien et son équipe réalisèrent les effets spéciaux.


Le journal de Wallace, publié de façon posthume en Angleterre par Hutchinson sous le titre My Hollywood Diary en 1932, montre bien l’excitation de l’auteur due à sa nouvelle tâche de scénariste : «25 décembre : Merian Cooper m’a appelé et nous avons parlé de cette histoire d’animal géant que nous allons écrire, ou plus exactement que je vais écrire et qu’il va réaliser. Il vient juste d’avoir l’approbation de la direction à New York et je dois lui fournir un scénario ». L’annotation suivante, datée du 29 décembre, précise : « La presse locale à annoncé que je suis en train d’écrire une histoire horrifique avec Merian Cooper mais, pour être honnête, cette histoire est beaucoup plus celle de Cooper que la mienne. Je suis plutôt enthousiaste à propos de l’histoire mais le récit doit être plus ou moins écrit pour fournir certains effets spectaculaires. J’en retirerais bien plus de louanges que je ne le mérite si le film est un succès mais en cas d’échec, il me semble juste que je sois critiqué. »

La première tâche de Wallace était de fournir une structure narrative incorporant plusieurs scènes capitales sur lesquelles Cooper et O’Brien avaient déjà commencés à travailler. Wallace se mit au travail le jour de l’an 1932 et boucla son premier traitement en seulement cinq jours. Le 5 janvier il écrivait « Cooper est très content et aujourd’hui je suis en train de finir le scénario pour qu’il puisse en prendre connaissance ». Wallace, qui n’avait jamais auparavant partagé le processus d’écriture avec d’autres personnes, se montra pleins d’égards envers ses collaborateurs. Lui-même, Willis O’Brien et Cooper allaient réviser le scénario pages par pages. Wallace écrivit un peu plus tard qu’il comprenait parfaitement la nature collaborative qui s’exerce à Hollywood dans l’élaboration d’un scénario : « J’ai dû réécrire certaines lignes mais c’est le genre de chose qui arrive tout le temps, il faut s’y attendre »

Cooper semblait enchanté par le script, comme l’a fait remarquer Wallace : « Cooper m’a appelé la nuit dernière et m’a dit que toutes les personnes qui avaient lu le script de Kong étaient très enthousiastes. Elles ont déclarées que c’est la meilleure histoire d’aventure qui ai jamais été écrite pour le cinéma ».

Mi-janvier, RKO enregistra plusieurs titres potentiels pour la Production 601 : Kong, The Eighth Wonder et The Beast, ce dernier devenant alors le titre officiel. Les exécutifs de la RKO n’aimaient pas le titre Kong, trop proche à leurs yeux d’un autre film de Cooper, Chang et qui sonnait aussi trop oriental. Wallace suggéra King Ape et plus tard, les deux furent combinés (il existe toutefois plusieurs versions de l’origine du titre, l’une d’elles en attribuant la paternité finale à David O. Selznick, donc prudence…).

Mais, deux mois seulement après le début de la production de King Kong, le rôle d’Edgar Wallace dans l’écriture du scénario fut prématurément interrompu par sa mort, survenue le 10 février 1932. Quelques jours plus tôt, avant que Wallace ait pu achever un scénario définitif puis entamer le roman que Cooper et lui avaient prévu, les deux hommes furent atteint de pneumonie. Cooper parti faire des examens à l’hôpital et tenta sans succès de persuader Wallace de faire de même. L’auteur préféra rester dans son appartement, qu’il tenait dans une chaleur étouffante, buvant des quantités astronomiques de thé brûlant et saturé de sucre. Son organisme, déjà affaiblit par un fort diabète et une consommation excessive de cigarettes, ne tint pas le choc et c’est à 56 ans seulement que le plus célèbre romancier de l’époque tira sa révérence. « Je me suis rendu à l'hôpital et j'ai survécu, lui a refusé d'y aller et il est mort » déclara Cooper à propos de cette tragédie. Il devait également déclarer un peu plus tard : « Wallace n’a rien écrit pour Kong, pas un seul mot. Mais je lui avais promis qu’il participerait au scénario et je l’ai donc crédité ».

Cependant, le traitement qu’il avait écrit à survécu et prouve, contrairement aux dires de Cooper, que Wallace avait non seulement participé à l’histoire, mais qu’il en avait également dessiné toutes les grandes lignes et défini les personnages principaux. Précieusement gardé dans une cave en Angleterre par sa fille Penelope, le script dépeint déjà les scènes clés du film ainsi que des épisodes très graphiques qui ne furent jamais utilisés. S’il diffère considérablement du film dans sa structure et le ton beaucoup plus sombre, il contient des éléments et des évènements qui seront retenus dans le métrage. Cette présence, cependant, ne peut être acceptée de façon catégorique comme une preuve de la paternité de Wallace quant à l’histoire : de nombreux points en avaient déjà été établis par Cooper. Ce traitement de 110 pages contient également des corrections et annotations de la main même de l’auteur. Au-delà de son intérêt intrinsèque, il suggère que Wallace imagina et coucha sur le papier la presque totalité de la structure narrative, de nombreux détails de l’action et une part non négligeable de l’ambiance générale dégagée par ce classique intemporel.


Exemplaire daté du 11 janvier 1932. Vu sur eBay en octobre 2003 et proposé à 14900 $. Ce traitement de 110 pages, nommé Kong / The Beast, et imprimé sur du papier pelure offrant une très bonne préservation, a été retrouvé dans un sous-sol poussiéreux rempli de vieux objets souvenirs d’Hollywood.


Revenir en haut
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 584
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 623
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 06/01/2011, 22:17    Sujet du message: KONG / THE BEAST Répondre en citant

DETAIL DU SCENARIO D’EDGAR WALLACE


Bien que Wallace fût engagé pour écrire une structure narrative reliant entre elles les principales scènes imaginées par Cooper et O’Brien, son script préfigurait déjà de façon assez brillante certains thèmes sous-jacent parmi les plus important ainsi que l’ambiance générale du film. Par certains aspects, le script est même parfois meilleur que le film. Le scénario de Wallace, par exemple, omet toutes les scènes d’ouverture à New York que l’on retrouve dans le film. Le voyage jusqu’à l’île de Kong n’y figure pas non plus. Presque immédiatement, l’action démarre par l’interception d’un télégramme de détresse provenant d’un bateau ayant fait naufrage au large d’une île appelée Vapor ou Vapour Island. Selon les rares sources disponibles sur ce script, les versions diffèrent légèrement et il est difficile de savoir si cela est dû à une erreur de la part de l'auteur ou s'il s'agit de corrections apportées par Wallace lui-même. Nous savons que dans le courant du mois de janvier, Wallace, Cooper et O'brien se sont réunis plusieurs fois pour relire ensemble le script et que des modifications ont du être apportées.

Dans le script original, le personnage d’Ann Darrow est appelé Shirley Redman ou Zena tandis que celui de Jack Driscoll se nomme John Lanson ou Johnny. Le capitaine Englehorn était déjà présent et son rôle était d’ailleurs bien plus important dans cette version. Danby G. Denham, quant à lui, est un promoteur doublé d’un homme de spectacle à la Phineas. T. Barnum (1). Le film retiendra le thème de Barnum quand le personnage évoluera en Carl Denham dans le script de Rose et Creelman, la référence à « la huitième merveille du monde » étant clairement inspirée des formules à sensation dont usait Barnum dans ses publicités. Comme Frank Buck (2), c’est aussi un explorateur toujours en quête d’animaux sauvages qui servent à nourrir son rêve : présenter le plus grand spectacle jamais vu sur Terre. De retour d’une expédition qu’il vient de mener en Afrique, il se plaint de n’avoir que des lions, tigres, jaguars et babouins dans les soutes du navire. Il veut quelque chose que les gens n’ont jamais vu auparavant. L’aspect agressif et cynique de son personnage d’entrepreneur est montré dès la brillante scène d’ouverture, dans laquelle un singe retire un à un les pétales d’une rose.

Cap. Englehorn (avec un accent germanique prononcé)
« Vous voyez ? Ce sont les prémisses de l’intelligence humaine. L’admiration pour les choses. »

Denham
« Oui je vois! Il est en train de la mettre en pièces – c’est humain. »

Stevens
« Je suppose qu’il va faire partie de votre prochaine attraction, Mr. Denham ? »

Denham (dédaigneux)
« Lui ? Non ! Vous pouvez vous payer n’importe quel de ces singes pour deux sous. »


Et quelques lignes plus loin

Stevens
« Et qu’espérez vous trouver ? »

Denham
« Quelque chose de colossal, quelque chose que vous pourriez montrer au Polo Grounds ou au Madison Square Garden et vendre la place à 1 dollar par tête. »


Puis, une allusion menaçante qui va donner le ton pour la suite du scénario est introduite :

« Quelque chose que l’on n’a encore jamais vu ! »

Englehorn lui parle alors d’une île mystérieuse qui n'est référencée sur aucune carte : Vapour Island, appelée ainsi en raison des émissions volcaniques qu'elle dégage. Le capitaine affirme avoir vu un serpent de mer aux abords de l'île. Denham se montre d’abord sceptique mais, intrigué par les dires de son ami, décide de mettre le cap sur Vapour Island.

L’action débute ensuite assez rapidement sur un enchaînement de séquences montrant tour à tour le lent voyage du bateau à vapeur affrété par Denham et une chaloupe contenant des bagnards évadés d’une colonie pénitentiaire situé sur Devil’s Island (une espèce d’Alcatraz). Parmi les condamnés, dirigés par John Larson, se trouve une jeune infirmière, Shirley Redman (aussi appelé Zina) qui leur sert d'otage. Alors qu’ils sont en vue de Vapour Island, Laky, un noir, délivre à ses compagnons les avertissements de rigueur (« bad juju » - ceux qui ont vu les Tarzan avec Johnny Weissmuller comprendront sûrement) qu’ils ignorent jusqu’à ce qu’ils aperçoivent un courant suspect venant dans leur direction Un brontosaure fait chavirer l’embarcation (3) et alors que tout le monde se dépêche d’atteindre la rive, le dinosaure dévore deux hommes ; le spectateur franchi alors brutalement le seuil vers un monde étrange. Dans cette séquence, Wallace défini le rôle de la caméra pour présenter l’action du point de vue du monstre.


La scène du brontosaure, très différente de celle du scénario final, a été illustrée dans ce dessin où l’on voit bien que le sauropode fracasse une chaloupe et non un radeau comme dans le film. Remarquez également en bas à droite la présence de Shirley et de Laky, le forçat noir qui tente d’avertir ses compagnons.


Ensuite, la fuite effrénée des survivants tentant d’échapper au dinosaure les conduit à travers la forêt jusqu’à un « campement » qui de toute évidence a été le théâtre d’une récente tragédie. Dans cette scène, les dialogues deviennent concis et se cantonnent au minimum alors que l’image devient très graphique : la caméra s’attarde sur le canon tordu et déformé d’un revolver, un squelette humain accroché dans les arbres laisse choir son crâne sur le sol. Dans cette atmosphère lugubre, une querelle éclate pour la possession d’un revolver, le commandement du groupe et la convoitise que suscite Shirley. Deux américains, John et Tricks, semblent se détacher pour prendre le commandement et se poser en protecteur de la jeune femme. Dans un empilement d’os humains, les naufragés découvrent une cache où sont dissimulées des lances dont ils ne tardent pas à s’équiper. La troupe est bientôt la proie de bêtes monstrueuses : trois d’entre-elles commencent par s’entredévorer, puis un homme est avalé vivant par un étrange serpent muni de petites mains alors qu’un ptérodactyle surgit à l’horizon et descend en piqué sur l’équipage pendant que des bêtes inconnues et carnivores rodent aux abords du camp. Un des hommes est emporté par le ptérodactyle, un autre est chassé et tué par un tricératops. C’est alors qu’un allosaure attaque à son tour le tricératops (4) pendant que les hommes assistent à la scène, cachés derrière des rochers. Le son lointain de Kong se frappant la poitrine vient faire monter la tension à des intervalles réguliers et stratégiques.


La scène ou l'un des forçats est chassé par un tricératops est représentée ici par un dessin de production et une image issue de Creation, dont certains éléments du scénario seront utilisés pour King Kong.


Ayant récupéré quelques affaires se trouvant sur le bateau, John et Tricks montent une tente pour Shirley et préparent un feu pour la nuit. Une certaine attraction commence à s’installer entre John et la jeune femme. A l’aube, les mutins se saisissent de John et Tricks. L’un d’eux, Louis, un solide forçat, demande à John de lui remettre Shirley afin que lui et les autres condamnés puissent en abuser sexuellement. Il s’introduit dans la tente de la jeune fille.

Louie
« La mort rode par ici, petite fille. Mais il y a aussi l’amour »

Shirley (protestant)
« Laissez moi partir, vous n’êtes qu’une bête »

Louie
« Demain je serais mort – laisse moi être une bête amoureuse aujourd’hui. »


Alors que Louis s’apprête à violer la jeune femme, un bruyant et horrible grondement surgit des profondeurs de la jungle : Kong approche ! Voilà comment Wallace décrit la scène :

64 EXT. PLEIN JOUR
Séquence montrant la terreur des animaux en entendant le grondement de Kong. Succession de plans sur lesquels on entend des tambours tout du long. Des crocodiles se précipitent dans l’eau, un brontosaure se sauve dans les broussailles, un stégosaure s’enfuit rapidement. Le ptérodactyle dans son nid entend Kong lui aussi et rassemble ses petits autour de lui pendant que des oiseaux s’envolent.

81 EXT. CAMPEMENT. PLEIN JOUR.
PLAN D’ENSEMBLE - ….de Kong. L’écran formé par les arbres s’écarte et Kong apparaît, s’immobilise une seconde, puis s’approche
(dans ce passage, Wallace a annoté à la main et entre parenthèses que Kong fait une taille de 30 pieds (10 m), établissant qu’il s’agit bien d’un singe géant).

Kong soulève la tente et pose son regard sur Shirley. Commence alors « la plus étrange histoire d’amour de tous les temps ».

L'immense gorille se saisit de Louis et l'écrase dans son énorme main avant de s'emparer de Shirley. Le scénario précise : « A cet endroit, la scène suivante a été approuvé et arrangé par le réalisateur, se terminant par un combat entre les forçats et Kong ». Cette scène est illustrée dans un des premiers dessins préparatoires : Kong, la fille dans une main et un arbre dans l’autre, se bat contre un groupe d’hommes armés de lances. Après avoir fait quelques victimes, Kong emporte Shirley dans la jungle, poursuivit par les survivants.



Arrivé au tronc d’arbre surplombant le ravin, John envoie les hommes de l’autre coté alors que lui et Tricks restent en arrière pour s’assurer qu'ils ne sont pas suivi par un monstre quelconque. Kong, entendant le tumulte derrière lui, dépose Shirley sur la branche d’un arbre et fait demi-tour dans la direction du ravin.

Le scénario explique : « Kong s’arc-boute, se saisit du tronc servant de pont et le jette au fond du ravin avec les hommes. »

Sur ce dessin de production, réalisé très tôt dans l’écriture du scénario, on voit bien que les hommes victimes des insectes monstrueux du gouffre sont des condamnés (le numéro de matricule sur la chemise du bagnard en premier plan à droite) et non les marins du scénario final.



Un allosaure aperçoit Shirley qui se met à crier en direction de Kong. Un féroce combat s’engage entre les deux monstres alors qu’au fond du ravin, des insectes à tentacules, des crabes géants et d’autres créatures monstrueuses dévorent les bagnards. John et tricks réussissent à traverser le ravin à l’aide de lianes pendant que Kong tue son adversaire, récupère Shirley et grimpe une colline pour atteindre son refuge niché dans la montagne jusqu’à une corniche situé devant une grotte.

EXT. DU REPERE. PLAN MOYEN (ANIMATION). NUIT.
Kong l'examine attentivement, la tenant dans sa main. Il émet des grognements.

EXT. DU REPERE. PLAN MOYEN (ANIMATION). NUIT.
Il la regarde avec une étrange expression, vaguement humaine, mêlée d'intérêt et de ravissement.

EXT. DU REPERE. PLAN MOYEN. NUIT.

La fille le regarde à son tour, terrifiée, elle essaye de sourire.

EXT. DU REPERE. PLAN MOYEN (ANIMATION). NUIT.

Kong remarque son expression, lui rend son sourire et émettant de petits grognements.




Là il doit encore défendre Shirley de l’intrusion de reptiles à sang froid affamés puis, profitant d’un moment d’accalmie, il commence à examiner sa proie et entreprend de la déshabiller en retirant un à un les vêtements de la jeune femme (une comparaison est faite avec le singe effeuillant la rose), mais il est interrompu par les bruits d’un combat de dinosaures. Kong se débarrasse d’un des montres en lui lançant un rocher puis reporte son attention sur Shirley. Il la caresse et finit par s’endormir à ses cotés après lui avoir confectionné un nid. Kong est une gigantesque bête, la terreur de son royaume mais, en cet instant il devient amoureux. Wallace écrit :

153 EXT. LEVEE DU JOUR
Gros plan sur la figure de Kong. Il émet des sons étranges.

154 EXT. LEVEE DU JOUR
Gros plan sur Zena (prénom interchangeable pour Shirley), toujours effrayée mais avec un peu plus de confiance qu’elle n’en a eu jusqu’à présent. L’énorme main de Kong descend vers elle et le bout de ses doigts vient effleurer son visage, caressant sa joue. Prise de révulsion, Zena a une expression de dégoût qu’elle tente aussitôt de réprimer, agissant comme si le monstrueux gorille était capable de comprendre aussi bien qu’un humain.


Puis la fille va laver son visage dans un bassin avant de le sécher avec sa robe en lambeaux. Gros plans sur Kong qui la regarde. Il s’approche du bassin et l’imite. Puis, alors que Kong est parti en quête de nourriture, un ptérodactyle enlève Shirley mais Kong arrive in extremis pour la sauver. Il lui apporte ensuite un œuf de ptérodactyle comme s’il s’agissait d’un cadeau.



Pendant ce temps, Denham et Englehorn finissent par arriver en vue de Vapour Island. Alors qu'ils débarquent sur la plage, ils sont mis au courant de la situation par les naufragés survivants. De leur coté, John et Tricks sont toujours sur les traces de Shirley. Alors que John réussit à se faufiler jusqu'à la tanière de Kong, Tricks, dans la jungle en contrebas, essaye de capter l’attention du primate en lui criant « Hé le singe ! Descend de là et vient rencontrer ton maître !». Kong se lance à la poursuite de Tricks pendant que John en profite pour secourir Shirley. Alors que Kong est sur le point de tuer Tricks, Shirley pousse un cri à la vue d’un serpent. Kong laisse tomber sa proie et se lance à la poursuite de John et Shirley. Bientôt, tout ce joli monde se retrouve sur la plage où Englehorn a juste le temps de lancer sur le gorille une bombe remplie de trichlorure pour l’endormir. Alors qu’il s’apprête à tuer l’animal gisant sur le sable, le capitaine est arrêté par Denham qui déclare « Il est colossal ! Il est merveilleux ! Il vaut plus qu’un million de dollars pour moi. C’est la chose la plus stupéfiante et la plus terrifiante que la nature a jamais produit. Le Super Monstre : Kong ! »

L’action enchaîne ensuite à New York où Kong, assommé par les sédatifs, est retenu captif dans une immense cage exposée au Madison Square Garden, au milieu de la ménagerie de Denham (la jaquette de l’édition originale du roman, qui est l’œuvre de Nick Cravath, présente sur la tranche un dessin représentant Kong dans une cage. Dans le comic strip paru quelques semaines avant la sortie du film - et dessiné par Cravath également - on peut trouver à la fois des éléments du script de Wallace et du scénario final puisque Kong est exposé dans une cage, mais le lieu est cette fois-ci un théâtre comme dans le film).




INT. CIRQUE. NUIT.
PLAN EN PIED de Shirley devant la cage. Kong est toujours agité. Il se redresse et pose ses mains sur les barreaux, tout en grognant.


Les journalistes prennent des photos de Kong et Shirley puis, alors que Denham raconte aux spectateurs comment il a capturé le colossal animal, Shirley est enfermée dans une cage remplie de félins par une femme dresseur d’animaux qui la jalouse. Quand l’un d’eux commence à menacer la jeune femme, Kong, qui a entendu les cris de Shirley, brise ses chaînes, écarte les barreaux de sa cage et s’en prend aux tigres et aux lions qu’il massacre sans pitié pendant que la foule se disperse dans la panique la plus totale.



John et Shirley trouvent refuge dans un hôtel pendant que Kong escalade un gratte ciel. Il se saisit d’une femme par la fenêtre de l’immeuble mais s’apercevant qu’il ne s’agit pas de celle qu’il cherche, la laisse choir quelques dizaines de mètres plus bas. Il finit par retrouver Shirley et l'enlève à nouveau. Sautant de toits en toits, Kong finit par arriver en vue de l’Empire State Building. Alors qu’éclate un violent orage et que la foudre vient zébrer le ciel new yorkais, il place Shirley entre ses dents et entreprend d’escalader l’édifice en s’aidant de ses deux mains. Arrivé au sommet de ce qui était alors le plus haut gratte-ciel du monde, il est attaqué par la police qui, à bord de biplans, ouvre le feu sur lui. Les avions volent si près que Kong réussit à attraper l’un d’eux et l’envoie s’écraser au sol. Quand il décide de poser Shirley au sol, la police en profite pour gagner le toit et ouvre le feu avec des mitrailleuses. Portant la main sur son cœur brisé, il caresse une dernière fois Shirley avant qu'un éclair ne s’abatte sur le pylône auquel il se retient et le foudroie aussitôt.



308 EXT. EMPIRE STATE BUILDING. NUIT.
PLAN FIXE. La police est sur le toit. Deux hommes pointent une mitrailleuse sur lui. Ils ouvrent le feu.

309 EXT. TOIT DU BUILDING. NUIT.
PLAN MOYEN – Kong se tient en position verticale. Il porte sa main libre à sa poitrine. Il grimace épouvantablement. Il pose son regard sur la fille, chancelle, s’agrippe fermement au pylône.

310 EXT. TOIT DU BUILDING. NUIT.
GROS PLAN du pylone, montrant le paratonnerre et la main qui l’agrippe. Un éclair s’abat sur le paratonnerre qui devient incandescent.

311 EXT. TOIT DU BUILDING. NUIT.
GROS PLAN de Kong. Il ferme les yeux et se laisse tomber sur les genoux jusqu’à s’accroupir contre le pylone. Dans un violent effort il finit par se relever. On peut voir du sang sur le coté gauche de son torse. Il frappe sa poitrine dans un dernier geste de défi avant de sombrer dans le vide.
Dans la rue en contrebas, Kong gis allongé, la tête appuyée contre un mur. Il ouvre les yeux et, apercevant Shirley qui se trouve à ses coté, se saisit d’elle. Il la porte contre sa poitrine, comme s’il s’agissait d’une poupée et, fermant les yeux il baisse la tête. FIN.


Revenir en haut
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 584
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 623
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 06/01/2011, 23:39    Sujet du message: KONG / THE BEAST Répondre en citant



Du début jusqu’à la fin du script, l’imagerie de Wallace offre une vision très puissante, des dialogues laconiques, l’action est constante et la tension dramatique ne cesse de croître. Bien que le ton général du scénario de Wallace soit plus sombre et macabre que la version finale, son sens de la terreur, ce respect mêlé de crainte, ce sentiment de révulsion et de pitié anticipent déjà ceux dont nous ferons l’expérience dans le film.

Les toutes premières publicités avaient d'ailleurs pour titre Kong et portaient la mention « par Edgar Wallace », une photo montrant la bête entourée d’éclairs, semble t-il au milieu d’un orage, comme l’avait imaginé Wallace.



Wallace, doté d’une vision très cinématique, était vraiment doué pour l’écriture de scénarios. Rien qu’en Angleterre, plus de quarante de ses romans ont été adaptés au cinéma. Il prévoyait de diriger l’actrice Constance Bennett dans un film qu’il aurait écrit et Cooper, qui était effaré de la rapidité et de la dextérité avec lesquelles il travaillait, lui avait déjà promit de lui confier l’adaptation des Chasses du Conte Zaroff dès qu’il aurait terminé le script de Kong.











THE EIGHTH WONDER



Il ne fait aucun doute que la version finale du scénario soit l’œuvre de Ruth Rose (Me Ernest Shoedsack à la ville) mais plusieurs scénaristes, dont James Ashmore Creelman (qui adapta aussi Les Chasses du Conte Zaroff), furent mis à contribution. Ce dernier, alors sous contrat avec la RKO, avait été choisi pour achever le script original qui était très prometteur mais qui, selon Cooper, nécessitait encore beaucoup de travail, Wallace venant juste de commencer les corrections avant sa mort. Creelman, écrivain vétéran qui avait un don pour concocter des récits d’aventures fantastiques, se mit à l’ouvrage dès le mois de février, toujours sous la houlette de Cooper, qui allait diriger le scénariste sur les différentes versions du script comme il l’avait fait avec Wallace.

L'imagination fertile de Creelman produisait de bonnes idées mais il avait du mal à ne pas dépasser les limites des possibilités financières et techniques. Voici, par exemple, la description qu'il fait de Skull Island :

Ouverture en fondu sur une vue générale de l'île du Crâne au lever du jour, avec le pont du bateau en premier plan. Le capitaine Englehorn, appuyé sur le bastingage, admire la grandeur du spectacle. La mer et la jungle sont encore empourprées de brume. Mais tout là-haut le brasier du levant a, dans sa majesté, inondé les sommets. Le feu descend le long des cimes neigeuses en forme de colonnes, cime par cime, gouffre par gouffre, créant un nouveau jour à chaque pas ; des glaciers illuminés font flamboyer leurs chemins tortueux comme des serpents ardents ; de grandes avalanches dégringolent le long des torrents vigoureux, plus vives que l'éclair, et lancent vers les cieux, comme d'un autel s'élève la fumée, ses gerbes de neige. Les coupoles silencieuses éclaboussent de leur lumière rose le ciel qui les enveloppe et tisse peu à peu la voûte céleste, toute entière écarlate, de vagues de flammes qui semblent être animées par le mouvement des ailes de plusieurs compagnies d'anges.

On imagine aisément la mine dubitative des membres de l’équipe technique à la lecture de la prose lyrique de Creelman. Le spectacle flamboyant imaginé par l’auteur se réduit à l’écran à un simple mate painting aperçu une poignée de secondes. Une vue frontale de Skull Island montre au premier plan la plage, derrière laquelle se trouve le village indigène à demi caché par la végétation, surmonté par la grande muraille qui le sépare du reste de l’île, dont on ne voit que les falaises immenses qui semblent tutoyer les cieux.




Une des versions du script de Creelman, datée du 9 mars 1932, porte le titre « The Eighth Wonder ».



Au fur et à mesure que le scénario, dorénavant appelé « The Eighth Wonder », était réécrit, les bagnards furent supprimés et Denham (maintenant appelé Carl) et son expédition était au cœur de l’histoire. Dans un retournement autobiographique, la profession de Denham passa de chasseur de fauves et directeur de cirque à cinéaste spécialisé dans les drames naturels. Le but du voyage était désormais de vérifier la mystérieuse légende de Kong, un dieu adoré par des indigènes vivants sur une île inconnue situé dans l’océan indien. Denham avait entendu parler de cette légende par un ami, le capitaine d’un bateau norvégien et, suivant le vieil adage comme quoi les légendes ont toujours un fond de vérité, il est déterminé à trouver cette île mystérieuse, découvrir la créature à l’origine de la légende de Kong, et d’en faire un film.

Shirley, dont le nom est changé pour Ann Darrow, devient une actrice que Denham emmène avec lui pour donner à son film une touche romantique en incorporant une histoire d’amour susceptible de lui amener plus de spectateurs (la réponse de Cooper aux réactions liées aux sorties de Grass et Chang). John Larson, le condamné, devient Jack Driscoll, le second du bateau qui emmène l’équipage. Le lieu où Kong est emprisonné passe du Madison Square Garden au Yankee Stadium, avant de finalement se situer dans un théâtre de Broadway, Cooper et O’Brien pressentant que Kong paraîtrait plus imposant dans un espace plus confiné.


Dans le script de Creelman, Kong, exposé au Yankee Stadium, est enchainé au sol.


Certains passages plus légers, comme la scène où Kong imite Shirley lavant son visage, furent éliminés afin de durcir la personnalité du gorille. Cooper désirait vraiment que Kong soit une bête féroce, supposant que plus monstrueux serait l’animal, plus effrayante et tragique serait sa chute : « Je veux la chose la plus féroce, la plus brutale, la plus redoutable que l’on ai jamais vu. Je veux que les femmes pleurent en le voyant et, plus il sera brutal, plus elles pleureront à la fin ». Pour étayer son idée, le thème de « la belle et la bête », déjà suggéré dans l’histoire, fut développé de manière significative dans les versions ultérieures du script. C’est à ce moment là que la fameuse phrase finale fut ajouté. Quand un officier de police fait remarquer que les avions ont finalement eu raison de Kong, Denham secoue tristement la tête et répond « Les avions n’y sont pour rien. C’est la belle qui a tué la bête ».

Alors qu’il réécrivait le scénario de « The Eighth Wonder », Creelman avait également été chargé d’écrire celui des Chasses du Conte Zaroff. A un certain point, le début de la production de Zaroff approchant, Creelman dû se concentrer sur ce dernier pour en achever le script. Un autre scénariste de la RKO, Horace McCoy (qui devait écrire plus tard « On Achève bien les Chevaux »), fut chargé de travailler avec Cooper sur « The Eighth Wonder ». C’est durant cette période que Cooper décida que l’île préhistorique devait être habité par une tribu d’indigènes primitifs. La tribu devait vivre derrière un mur la séparant du reste de l’île, et devait offrir de jeunes vierges en sacrifice à Kong, qu’elle adorait comme un dieu. Malgré ces nouvelles idées qui apportaient un puissant élément mythique qui faisait défaut aux scripts précédents, Creelman les détestait, jugeant qu’elles ajoutaient d’autres concepts inutiles à une histoire qui en contenait déjà trop. En dépit de ses réserves, il fit de son mieux pour intégrer ses nouvelles idées à l’histoire lorsqu’il pu se remettre sur le script à temps plein. Alors que l’écriture progressait, Cooper devait résister à la pression exercée par certains dirigeants du studio qui désiraient que Kong fasse son apparition plus tôt dans le récit. Ils pensaient que le public en aurait assez d’attendre que Kong arrive mais Cooper était persuadé qu’une construction plus lente, qui amènerait le suspense de façon progressive, serait plus propice à susciter l’excitation lors de la première apparition du gorille géant.





KONG



Malgré de bonnes idées, et bien que son scénario ait été approuvé par le studio, Creelman ne réussira jamais à proposer une version vraiment satisfaisante pour Cooper. Si ce dernier était heureux de la tournure qu’avait prit son histoire, il n’était pas satisfait en revanche par le script final de Creelman qu’il jugeait trop lent, chargé de dialogues mièvres et de descriptions, le tout embourbé dans de maladroites scènes d’expositions. Ce n’était pas le récit d’aventure trépidant et enlevé que Cooper avait en tête, c’est pourquoi il décida de faire appel à Ruth Rose pour qu’elle égaye un peu les choses. Malgré sa qualité d’écrivain, Rose n’avait jamais écrit de scénario auparavant mais cela n’effrayait nullement Cooper. Il savait qu’elle était parfaitement qualifiée pour ce rôle car elle le connaissait, comprenait son style et, du fait de son expérience au sein des expéditions que Schoedsack et Cooper avaient menés, pourrait apporter une crédibilité qui faisait défaut au script.

Acceptant sa nouvelle mission, Ruth Rose se chargeât de simplifier l’intrigue et de supprimer toute baisse de régime dans l’action. Par exemple, elle élimina toute la longue explication de Creelman sur la façon dont Kong est ramené à New York pour passer simplement de l’île du Crâne à Broadway. Elle améliora l’aspect autobiographique du script en le saupoudrant de détails tirés des propres aventures de Schoedsack et Cooper, attribuant aux personnages principaux des traits calqués sur leurs créateurs. Le coté téméraire et tout feu tout flamme de Denham est emprunté à Cooper, la personnalité de Driscoll, dont l’apparence de dur à cuire cache un fond plus tendre, correspond plus à celle de Schoedsack pendant que Ann Darrow sera inspirée de Rose elle-même. Mrs Schoedsack révisa également les dialogues en les simplifiant pour les rendre plus vifs.

Elle finit également par ajouter une séquence d’ouverture au scénario, montrant comment Denham découvre Ann Darrow et l’engage pour son film. Rose s’inspira à la fois des plaintes que reçurent Schoedsack et Cooper, provenant des exploitants de salles qui reprochaient le manque de romance dans leurs précédents films, et l’expérience personnelle d’Esteban Clemente, un natif amérindien, acteur de vaudeville et ami des deux cinéastes. Un jour, Clemente était à la recherche d’une jeune femme pour un numéro de lancer de couteau mais aucun agent ne voulu l’aider car l’attraction était jugée trop dangereuse. Il se retrouva ainsi sans résultat jusqu’à ce qu’il rencontre une ravissante jeune femme sans le sou devant un cofee shop et lui offre le job.

En plus d’avoir apporté la scène d’ouverture à New York et toute la cérémonie sacrificielle, elle relocalisa la scène du cirque de Wallace au Carnegie Hall, amplifia les destructions causées par Kong dans les rues de New York et modifia la scène finale ou le gorille monstrueux tombe sous le feu nourri des avions. Complété au jour le jour, durant les 55 semaines que dura la production, le script, désormais appelé Kong, évolua jusqu’à recevoir l’entière approbation de Cooper. Ce fut lui-même qui ajouta la touche finale, l’ancien proverbe arabe qui ouvre le film : « Et le prophète dit : La Bête regarda la Belle. Son geste meurtrier resta suspendu. Et depuis ce jour, la Bête est comme morte. »



Après cinq années de séparation, Cooper et Schoedsack décidèrent de se retrouver pour coréaliser le film, comme au bon vieux temps. Alors qu’il était prévu que chaque scène soit dirigée par les deux cinéastes à la fois, ils s’aperçurent rapidement que leurs années passées en solitaires avaient considérablement modifié la façon de travailler de chacun. Contrairement à Cooper, Schoedsack aimait prendre son temps pour travailler. Patient et méticuleux dans sa façon d’aborder le tournage, il multipliait les prises jusqu’à être certain d’avoir la meilleure possible/de ne pouvoir faire mieux/pleinement satisfait. Les deux hommes commençaient à se taper sur le système et décidèrent que le mieux était de travailler séparément. Cooper dirigea les scènes principales : toute l’action se passant dans la jungle, la colère de Kong dans Manhattan et le climax au sommet de l’Empire State Building. Shoesack réalisa la séquence d’ouverture ainsi que les scènes sur le bateau et l’arrivée à Skull Island.





Bien que Cooper se soit attribué les principaux crédit pour avoir conçu et réalisé le film, King Kong n’aurait jamais vu le jour sans le génie de Willis O’Brien dont le talent transparaît dans chaque geste de l’animal. Et Wallace, qui travaillait en même temps sur plusieurs autres projets et venait de recevoir son renouvellement de contrat avec la RKO, contribua grandement à élaborer le schéma narratif qui servira à ébaucher l’un des plus beaux films du cinéma.

Ray Harryhausen en personne affirme avoir lu le scénario de Wallace et celui-ci est analysé dans le livre de Ronald Gottesman et Harry Geduld « The Girl in the Hairy Paw » (1976) ainsi que par Mark Cotta Vaz dans sa préface de la réédition du roman publié par The Modern Library en 2005.



Ci-dessus : ce stylo en argent, produit par Watermans dans les années 30, a servi à Wallace pour écrire le script de Kong/The Beast. Vu sur eBay en avril 2002, et estimé entre 10 et 12000 livres, il était accompagné d’une lettre manuscrite du petit-fils de l’auteur, Jonathan Wallace, qui s’est vu remettre ce stylo par sa tante Penelope peut de temps avant sa mort en 1996. Cette dernière lui avait assuré que c’était bien avec ce stylo que Edgar Wallace avait rédigé la première mouture du scénario de King Kong. Dans la lettre, Jonathan stipule qu’après un âpre combat juridique mené par la famille Wallace, on reconnu enfin à son grand père, de manière posthume, une part de la paternité du concept de l’histoire de King Kong.

Ce dessin de production, réalisé par Carroll Clark (5), montre Denham et un de ses compagnons explorateurs équipé d’une caméra sur trépied, dans les profondeurs de la jungle de Skull Island. Cette rareté semble avoir été réalisée très tôt dans la production du film : on y voit Denham et son équipier vêtus d’habits coloniaux, accompagnés par des indigènes armés de fusils comme si tout ce petit monde était parti en safari. Le script de Wallace ne faisant pas mention des indigènes de Skull Island, on peut donc en déduire que ces deux hommes font partis de l’équipe de Denham.



Dernière édition par SKULL.ISLAND le 02/02/2015, 22:58; édité 1 fois
Revenir en haut
SKULL.ISLAND
Empire State Building

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2008
Messages: 1 584
Localisation: Haute-Vienne
Point(s): 1 623
Moyenne de points: 1,02

MessagePosté le: 07/01/2011, 00:13    Sujet du message: KONG / THE BEAST Répondre en citant

(1) Phineas Taylor Barnum (1810 - 1891) était un entrepreneur de spectacles américain. Le cirque Barnum, fondé en 1871, fut rapidement une entreprise prospère et célèbre. C’était à l’époque la plus grande entreprise de cirque de l’Histoire américaine.





(2) Frank Buck (1884 – 1950) était un célèbre chasseur et collectionneur d’animaux sauvages. Il était aussi acteur, réalisateur, scénariste et producteur. Il travailla d'ailleurs pour un temps avec le cirque Barnum, pour lequel il présentait des spectacles ainsi que Gargantua, le plus grand spécimen de gorille en captivité à l'époque.









(3) Dans la première version du script de Wallace, C’est d'un bateau-prison qui a fait naufrage que s'échappent les condamnés.



(4) Ceci correspondrait aux essais des prises de vue pour les effets spéciaux montrés à Edgar Wallace lors de sa visite de l’atelier d’O’Brien.



(5) Carroll Clark a connu une longue carrière en tant qu’illustrateur et directeur artistique dans l’industrie cinématographique, couvrant plus de 200 films dont le Hell’s Angels d’Howard Hughes.


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:58    Sujet du message: KONG / THE BEAST

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:    Sujet précédent : Sujet suivant  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    King Kong Index du Forum -> LE VILLAGE INDIGENE : L'UNIVERS DE KING KONG -> Les films Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation