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Les origines de King Kong
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MessagePosté le: 07/03/2013, 09:00    Sujet du message: Les origines de King Kong Répondre en citant

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Super article comme d'hab' SKULL ! Okay
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MessagePosté le: 09/03/2013, 01:11    Sujet du message: Les origines de King Kong Répondre en citant

Si le continent africain, dans un premier temps, fut propre à susciter tous les fantasmes et enflammer l’imagination des romanciers, l’Insulinde (autrefois appelé Malaisie) su vite prendre le relais dans le cœur des amateurs d’aventures exotiques, car plus lointaine et peut être plus mystérieuse encore. L’archipel Indien, qui compte certaines des plus grandes îles du monde, était à l’époque l’endroit rêvé pour espérer découvrir de véritables mondes perdus. Les îles de Java, Sumatra, Bornéo, Bali ou encore Komodo, avec leurs chaînes montagneuses à perte de vue, leurs centaines de volcans (dont une bonne part sont encore en activité), leurs immenses jungles impénétrables, leurs paysages lunaires et leurs faunes et flores extraordinaires, héritières d’un art et d’une histoire qui s’immiscent dans le surnaturel, à l’instar de leurs temples, représentaient le must en matière de lieux inexplorés et nimbés de mystères. De plus, certaines de ces îles abritent une espèce de primate parmi les plus proche de l'homme, un grand singe roux nommé orang-outan (littéralement « homme des bois ») ainsi que des reptiles géants, vestiges abâtardis mais néanmoins impressionnant des dinosaures : les fameux varans (ou dragons) de Komodo.




L'édition anglo-saxonne de Ouha.


Mais ce ne sont pas seulement les récits des explorateurs qui vont participer à l’engouement des occidentaux pour l’Asie sauvage. A la fin du XIXe siècle, les « zoos humains » – dont le concept vient d’abord d’Allemagne et d’Amérique – sont alors en plein essor dans une Europe qui ne doute point de sa supériorité sur le reste du monde. Les Français, lors d’expositions de toutes sortes, seront friands de ces exhibitions ethniques durant plus d’un demi-siècle. Des Javanais sont ainsi exhibés à Paris devant un public de curieux endimanchés ou de scientifiques endoctrinés.
Et si la culture négro-américaine fait une apparition remarquée dès le début des années 1920, le double appel de la jungle asiatique et d’une certaine idée de la sauvagerie orientale refait surface dès cette même période, par l’intermédiaire de la littérature exotico-coloniale. En 1922, l’Insulinde réapparaît sur la scène culturelle française avec la parution du roman de Félicien Champsaur, Ouha, Roi des Singes, roman érotique art déco (et zoophile par la même occasion) qui raconte l’étrange périple d’une Américaine décidant de vivre avec un orang-outan quelque part à Bornéo. En 1929, paraît Femmes d’Asie de R. D’Auxion de Ruffé, recueil de nouvelles dont l’une d’entre elles évoque un Hollandais plus ou moins heureux en ménage avec une femelle orang-outan à Bornéo. Et, toujours en 1929, Champsaur sort la suite de Ouha, à savoir Nora, la guenon devenue femme, Nora – personnage influencé par Joséphine Baker – étant une métisse d’un homme et d’une guenon qui fait son bout de chemin dans l’Hexagone en dansant aux Folies Bergère (où elle s’agite nue avec des bananes accrochées autour de la ceinture) tout en devenant la maîtresse d’un académicien : des clichés et des fantasmes, tout ce qu’il faut pour jouer sur la fibre exotique des Français, oscillant sans cesse entre peur et fascination. Pierre Labrousse (professeur d’indonésien à l’Institut national des langues et civilisations orientales) rappelle à bon escient que King Kong sort sur les grands écrans en 1933, l’île du film se situerait à l’ouest de Sumatra et des mots de malais sont nettement audibles. Avant de préciser : « Ce goût pour une sensualité animale était la marque d’une imprégnation du monde colonial dans la société française, dont l’événement phare fut l’Exposition coloniale internationale de 1931, présentée comme une fête des rythmes et de la danse avec, pour représenter les Indes néerlandaises, une troupe balinaise »

Dans ce contexte, un livre, en particulier, sera décisif dans l’élaboration de King Kong : Dragon Lizards of Komodo: An Expedition to the Lost World of the Dutch East Indies, écrit en 1927 par William Douglas Burden.



Intrigué par le témoignage de deux pécheurs de perles hollandais, qui auraient aperçu de gigantesques reptiles sur une petite île indonésienne, le jeune Douglas Burden, explorateur et aventurier, décide de mener une expédition pour capturer quelques spécimen. Financée par l’American Museum of Natural History, l’expédition se met en route pour l’île de Komodo en 1926.

Après Singapour et Bali, Douglas Burden s'embarque avec toute son équipe à bord du "SS Dog" un steamer qui est mis à sa disposition par le Gouvernement colonial hollandais et qui les mènera jusqu'à l'île des dragons. Mrs Burden, l'épouse de Douglas, est également du voyage. L'expédition est aventureuse et riche en péripéties : approche difficile à cause de la mer agitée, découverte de larges empreintes sur le sol ... Il faut savoir que l'île concentre quelques dangers potentiels : scorpions, araignées, mille-pattes, vipères et autres. L'expédition fut une réussite complète. Burden revint à New York avec deux spécimens vivants et une douzaine de dépouilles de varans mais lui et son équipe n'arrivèrent jamais à capturer un varan adulte. Les deux dragons de Komodo furent les hôtes du "Bronx Zoo" mais pour une courte durée. Ces reliques du passé ne supportèrent pas la captivité et moururent peu de temps après. D’après la correspondance de Burden, celui-ci attribua leur mort à notre monde moderne. Ce n'est pas un hasard si cette épopée a des résonances familières dans notre mémoire: un steamer, une île oubliée et difficile d'accès, une expédition à laquelle participe une jeune femme, des animaux proches de la préhistoire et la capture de l’un deux, ramené dans notre monde « civilisé » (à New York de surcroît), seulement pour y trouver la mort. De retour aux States, Douglas Burden relatera les péripéties de son expédition à Merian C. Cooper. Le producteur s'inspirera de l'expédition de Burden vers l'île de Komodo pour produire King Kong en 1933. Le varan deviendra un gigantesque gorille et l'île de Komodo prendra le nom de "Skull Island".


L'ile de Komodo





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MessagePosté le: 17/03/2013, 22:51    Sujet du message: Les origines de King Kong Répondre en citant

GUSTAVE DORE



Illustration pour Atala.



Si Skull Island fait certainement partie des plus stupéfiants paysages imaginaires jamais créé grâce à la magie du cinéma, c'est en grande partie à Gustave Doré qu'on le doit. La qualité de la mise en scène, le soin apporté aux décors et à l'environnement de l'île de Kong, l'éclairage surréaliste de la jungle, dévoilant un univers profondément onirique : tout cela est proprement phénoménal... comme l'était l’œuvre de Doré.

Paul Gustave Louis Christophe Doré dit Gustave Doré (1832-83) était à la fois illustrateur, graveur, peintre et sculpteur. Considéré à juste titre comme l’illustrateur le plus populaire de tous les temps - que ce soit en terme de nombres d’illustrations (+ de 10.000), ou en terme de nombre de publications (+ de 4000) - Doré était un véritable enfant prodige. On lui attribue au moins 9 850 illustrations, 68 titres de musique, 5 affiches, 51 lithographies originales, 54 lavis, 526 dessins, 283 aquarelles, 133 peintures et 45 sculptures. Sur une seule période de 40 ans (1860-1900), une nouvelle édition illustrée par Gustave Doré était publiée tous les huit jours !

Génie précoce publié dès l'âge de 12 ans pour ses lithographies des 'Douze Travaux d'Hercule', Gustave Doré aura cet immense privilège de connaître une gloire internationale pour ses variations autour de grands classiques de la littérature. 'La Divine Comédie' de Dante, 'Pantagruel' de Rabelais, ‘Don Quichotte’ de Cervantès, ‘Les Travailleurs de la mer’ d'Hugo ou les contes de Charles Perrault, Gustave Doré s'attaque à tous les genres en proposant, chaque fois, une lecture virtuose et inventive de situations qui l'encouragent à exprimer un univers fantastique et grandiloquent.

Doré est également un des secrets les mieux gardés d’Hollywood. Ses illustrations furent utilisées maintes fois dans la conception de nombreux classiques dont King Kong, La Grande Illusion, Les Dix Commandements mais également dans des films plus récents comme Amistat, Seven ou Au-delà de nos Rêves.

King Kong s’avère comme l’équivalent cinématographique des gravures de Gustave Doré qui en a inspiré les nombreuses séquences truquées. Selon Ray Harryhausen, Doré était à l’époque « le premier directeur artistique du cinéma ». Son sens du décor fut intégré par Willis O’brien en composant des premiers et seconds plans très sombres et des arrières plans très clairs. Si on regarde de plus près les effets spéciaux, on se rend compte qu’ils rentrent dans une démarche d’une extrême logique scénaristique. Les truquages (par couches successives) font naître un champ visuel compartimenté partant de l’écran puis s'étendant à tout l’espace scénique. Les visions de Kong sont toujours surcadrées, mises en scène comme faisant partie d’une projection mentale, d’un fantasme.

En prenant pour modèle Doré, O'Brien opte pour une approche sauvage, mystérieuse et romantique. Les arrière-plans de Doré donnent souvent une impression de profondeur à travers leur utilisation stylistique de plans diversement éclairés, créant un effet de recul et de distance tout en contribuant à l'apparence éthéré et primitive de l'environnement.

A la demande de leur technicien en chef, Mario Larrinaga et Byron Crabbe ont ainsi esquissés des centaines de dessins afin de marier les idées visuelles d'O'Brien avec le style de Doré. Après avoir choisi ses sketches préférés, O'Brien travailla avec Larrinaga et Crabbe afin de les capturer sur des peintures sur verre et des entoilages peints. Pour une scène complexe, par exemple, la caméra pouvait être configurée pour regarder à travers un maximum de trois volets de verre peint, puis une dernière toile peinte opaque. Entre les monts, les accessoiristes plaçaient des feuillages supplémentaires pour créer des couches successives donnant encore plus de recul et de profondeur. Comme dans une gravure de Doré, l'image du film présente des détails nets au premier plan puis, subtilement, la transition s'opère vers des formes plus impressionnistes au fur et à mesure de leur éloignement.


Paradise lost


Skull Island


La même illustration et un détail de la jungle de Kong.




Les deux chèvres (fables de La Fontaine (1867)


Le "pont"




The descent on the monster



Kong gravissant Skull Mountain.





L'entrée de la caverne de "Daniel dans le repaire des lions", illustration pour la Bible (1866)


L'entrée de la caverne de Kong




Paradise lost - Satan contemple le Mont Nephratès du haut d'une corniche élevée.


King Kong dominant Skull Island du haut de son repaire.




Le géant Antaeus.



Jack et Ann en fuite.





Les travailleurs de la mer


L’intérieur de la caverne de Kong




L'enfer de Dante


L'entrée de la corniche





Ariosto



Un petit creux ?




Si les créateurs de « la 8ème Merveille du Monde » peuvent dire merci au plus grand illustrateur français de tous les temps, l’artiste pourrait bien leur rendre la pareille. En effet, pour le 100e anniversaire de la naissance de Gustave Doré, quel plus bel hommage pouvait-on lui rendre que l’entrée en production de King Kong.


Dernière édition par SKULL.ISLAND le 07/01/2014, 22:51; édité 2 fois
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MessagePosté le: 19/03/2013, 01:43    Sujet du message: Les origines de King Kong Répondre en citant

L'ILE DES MORTS

L’Île des Morts (Die Toteninsel) est un tableau d’Arnold Böcklin (1827-1901), une peinture à l'huile sur toile de 80 cm x 150 cm. Elle représente une île au coucher du soleil, vers laquelle se dirige une embarcation conduite par Charon, le guide des morts. À ses côtés dans le bateau, un défunt debout, dans son linceul regarde vers la crique dans laquelle va entrer la barque.

Sur l’île, une cour dans l’ombre, des rochers escarpés et de hauts cyprès donnent à l’ambiance un parfum de solitude et d’oppression.

Il existe cinq versions différentes de la toile réalisées par Arnold Böcklin à différentes périodes :

en 1880, conservée au Kunstmuseum de Bâle
en 1880, conservée au Metropolitan Museum of Art de New York
en 1883, conservée à l'Alte Nationalgalerie de Berlin
en 1884, détruite lors du bombardement de Rotterdam pendant la Seconde Guerre mondiale1
en 1886, conservée au Museum der bildenden Künste de Leipzig




Version de Bâle, 1880


Version de New York, 1880


Version de Berlin, 1883


Version de Leipzig, 1886




Cette œuvre est une des peintures les plus célèbres de la deuxième moitié du XIX° siècle et continue d’influencer la création de nos jours. Il existe des dizaines de références aux différentes versions du tableau de Böcklin à travers la littérature, le cinéma, le théâtre, la poésie, la bande dessinée et j'en passe… Ce tableau, reproduit à des milliers