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Les origines de King Kong
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PostPosted: 07/03/2013, 09:00    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

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Super article comme d'hab' SKULL ! Okay
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PostPosted: 09/03/2013, 01:11    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

Si le continent africain, dans un premier temps, fut propre à susciter tous les fantasmes et enflammer l’imagination des romanciers, l’Insulinde (autrefois appelé Malaisie) su vite prendre le relais dans le cœur des amateurs d’aventures exotiques, car plus lointaine et peut être plus mystérieuse encore. L’archipel Indien, qui compte certaines des plus grandes îles du monde, était à l’époque l’endroit rêvé pour espérer découvrir de véritables mondes perdus. Les îles de Java, Sumatra, Bornéo, Bali ou encore Komodo, avec leurs chaînes montagneuses à perte de vue, leurs centaines de volcans (dont une bonne part sont encore en activité), leurs immenses jungles impénétrables, leurs paysages lunaires et leurs faunes et flores extraordinaires, héritières d’un art et d’une histoire qui s’immiscent dans le surnaturel, à l’instar de leurs temples, représentaient le must en matière de lieux inexplorés et nimbés de mystères. De plus, certaines de ces îles abritent une espèce de primate parmi les plus proche de l'homme, un grand singe roux nommé orang-outan (littéralement « homme des bois ») ainsi que des reptiles géants, vestiges abâtardis mais néanmoins impressionnant des dinosaures : les fameux varans (ou dragons) de Komodo.




L'édition anglo-saxonne de Ouha.


Mais ce ne sont pas seulement les récits des explorateurs qui vont participer à l’engouement des occidentaux pour l’Asie sauvage. A la fin du XIXe siècle, les « zoos humains » – dont le concept vient d’abord d’Allemagne et d’Amérique – sont alors en plein essor dans une Europe qui ne doute point de sa supériorité sur le reste du monde. Les Français, lors d’expositions de toutes sortes, seront friands de ces exhibitions ethniques durant plus d’un demi-siècle. Des Javanais sont ainsi exhibés à Paris devant un public de curieux endimanchés ou de scientifiques endoctrinés.
Et si la culture négro-américaine fait une apparition remarquée dès le début des années 1920, le double appel de la jungle asiatique et d’une certaine idée de la sauvagerie orientale refait surface dès cette même période, par l’intermédiaire de la littérature exotico-coloniale. En 1922, l’Insulinde réapparaît sur la scène culturelle française avec la parution du roman de Félicien Champsaur, Ouha, Roi des Singes, roman érotique art déco (et zoophile par la même occasion) qui raconte l’étrange périple d’une Américaine décidant de vivre avec un orang-outan quelque part à Bornéo. En 1929, paraît Femmes d’Asie de R. D’Auxion de Ruffé, recueil de nouvelles dont l’une d’entre elles évoque un Hollandais plus ou moins heureux en ménage avec une femelle orang-outan à Bornéo. Et, toujours en 1929, Champsaur sort la suite de Ouha, à savoir Nora, la guenon devenue femme, Nora – personnage influencé par Joséphine Baker – étant une métisse d’un homme et d’une guenon qui fait son bout de chemin dans l’Hexagone en dansant aux Folies Bergère (où elle s’agite nue avec des bananes accrochées autour de la ceinture) tout en devenant la maîtresse d’un académicien : des clichés et des fantasmes, tout ce qu’il faut pour jouer sur la fibre exotique des Français, oscillant sans cesse entre peur et fascination. Pierre Labrousse (professeur d’indonésien à l’Institut national des langues et civilisations orientales) rappelle à bon escient que King Kong sort sur les grands écrans en 1933, l’île du film se situerait à l’ouest de Sumatra et des mots de malais sont nettement audibles. Avant de préciser : « Ce goût pour une sensualité animale était la marque d’une imprégnation du monde colonial dans la société française, dont l’événement phare fut l’Exposition coloniale internationale de 1931, présentée comme une fête des rythmes et de la danse avec, pour représenter les Indes néerlandaises, une troupe balinaise »

Dans ce contexte, un livre, en particulier, sera décisif dans l’élaboration de King Kong : Dragon Lizards of Komodo: An Expedition to the Lost World of the Dutch East Indies, écrit en 1927 par William Douglas Burden.



Intrigué par le témoignage de deux pécheurs de perles hollandais, qui auraient aperçu de gigantesques reptiles sur une petite île indonésienne, le jeune Douglas Burden, explorateur et aventurier, décide de mener une expédition pour capturer quelques spécimen. Financée par l’American Museum of Natural History, l’expédition se met en route pour l’île de Komodo en 1926.

Après Singapour et Bali, Douglas Burden s'embarque avec toute son équipe à bord du "SS Dog" un steamer qui est mis à sa disposition par le Gouvernement colonial hollandais et qui les mènera jusqu'à l'île des dragons. Mrs Burden, l'épouse de Douglas, est également du voyage. L'expédition est aventureuse et riche en péripéties : approche difficile à cause de la mer agitée, découverte de larges empreintes sur le sol ... Il faut savoir que l'île concentre quelques dangers potentiels : scorpions, araignées, mille-pattes, vipères et autres. L'expédition fut une réussite complète. Burden revint à New York avec deux spécimens vivants et une douzaine de dépouilles de varans mais lui et son équipe n'arrivèrent jamais à capturer un varan adulte. Les deux dragons de Komodo furent les hôtes du "Bronx Zoo" mais pour une courte durée. Ces reliques du passé ne supportèrent pas la captivité et moururent peu de temps après. D’après la correspondance de Burden, celui-ci attribua leur mort à notre monde moderne. Ce n'est pas un hasard si cette épopée a des résonances familières dans notre mémoire: un steamer, une île oubliée et difficile d'accès, une expédition à laquelle participe une jeune femme, des animaux proches de la préhistoire et la capture de l’un deux, ramené dans notre monde « civilisé » (à New York de surcroît), seulement pour y trouver la mort. De retour aux States, Douglas Burden relatera les péripéties de son expédition à Merian C. Cooper. Le producteur s'inspirera de l'expédition de Burden vers l'île de Komodo pour produire King Kong en 1933. Le varan deviendra un gigantesque gorille et l'île de Komodo prendra le nom de "Skull Island".


L'ile de Komodo





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PostPosted: 17/03/2013, 22:51    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

GUSTAVE DORE



Illustration pour Atala.



Si Skull Island fait certainement partie des plus stupéfiants paysages imaginaires jamais créé grâce à la magie du cinéma, c'est en grande partie à Gustave Doré qu'on le doit. La qualité de la mise en scène, le soin apporté aux décors et à l'environnement de l'île de Kong, l'éclairage surréaliste de la jungle, dévoilant un univers profondément onirique : tout cela est proprement phénoménal... comme l'était l’œuvre de Doré.

Paul Gustave Louis Christophe Doré dit Gustave Doré (1832-83) était à la fois illustrateur, graveur, peintre et sculpteur. Considéré à juste titre comme l’illustrateur le plus populaire de tous les temps - que ce soit en terme de nombres d’illustrations (+ de 10.000), ou en terme de nombre de publications (+ de 4000) - Doré était un véritable enfant prodige. On lui attribue au moins 9 850 illustrations, 68 titres de musique, 5 affiches, 51 lithographies originales, 54 lavis, 526 dessins, 283 aquarelles, 133 peintures et 45 sculptures. Sur une seule période de 40 ans (1860-1900), une nouvelle édition illustrée par Gustave Doré était publiée tous les huit jours !

Génie précoce publié dès l'âge de 12 ans pour ses lithographies des 'Douze Travaux d'Hercule', Gustave Doré aura cet immense privilège de connaître une gloire internationale pour ses variations autour de grands classiques de la littérature. 'La Divine Comédie' de Dante, 'Pantagruel' de Rabelais, ‘Don Quichotte’ de Cervantès, ‘Les Travailleurs de la mer’ d'Hugo ou les contes de Charles Perrault, Gustave Doré s'attaque à tous les genres en proposant, chaque fois, une lecture virtuose et inventive de situations qui l'encouragent à exprimer un univers fantastique et grandiloquent.

Doré est également un des secrets les mieux gardés d’Hollywood. Ses illustrations furent utilisées maintes fois dans la conception de nombreux classiques dont King Kong, La Grande Illusion, Les Dix Commandements mais également dans des films plus récents comme Amistat, Seven ou Au-delà de nos Rêves.

King Kong s’avère comme l’équivalent cinématographique des gravures de Gustave Doré qui en a inspiré les nombreuses séquences truquées. Selon Ray Harryhausen, Doré était à l’époque « le premier directeur artistique du cinéma ». Son sens du décor fut intégré par Willis O’brien en composant des premiers et seconds plans très sombres et des arrières plans très clairs. Si on regarde de plus près les effets spéciaux, on se rend compte qu’ils rentrent dans une démarche d’une extrême logique scénaristique. Les truquages (par couches successives) font naître un champ visuel compartimenté partant de l’écran puis s'étendant à tout l’espace scénique. Les visions de Kong sont toujours surcadrées, mises en scène comme faisant partie d’une projection mentale, d’un fantasme.

En prenant pour modèle Doré, O'Brien opte pour une approche sauvage, mystérieuse et romantique. Les arrière-plans de Doré donnent souvent une impression de profondeur à travers leur utilisation stylistique de plans diversement éclairés, créant un effet de recul et de distance tout en contribuant à l'apparence éthéré et primitive de l'environnement.

A la demande de leur technicien en chef, Mario Larrinaga et Byron Crabbe ont ainsi esquissés des centaines de dessins afin de marier les idées visuelles d'O'Brien avec le style de Doré. Après avoir choisi ses sketches préférés, O'Brien travailla avec Larrinaga et Crabbe afin de les capturer sur des peintures sur verre et des entoilages peints. Pour une scène complexe, par exemple, la caméra pouvait être configurée pour regarder à travers un maximum de trois volets de verre peint, puis une dernière toile peinte opaque. Entre les monts, les accessoiristes plaçaient des feuillages supplémentaires pour créer des couches successives donnant encore plus de recul et de profondeur. Comme dans une gravure de Doré, l'image du film présente des détails nets au premier plan puis, subtilement, la transition s'opère vers des formes plus impressionnistes au fur et à mesure de leur éloignement.


Paradise lost


Skull Island


La même illustration et un détail de la jungle de Kong.




Les deux chèvres (fables de La Fontaine (1867)


Le "pont"




The descent on the monster



Kong gravissant Skull Mountain.





L'entrée de la caverne de "Daniel dans le repaire des lions", illustration pour la Bible (1866)


L'entrée de la caverne de Kong




Paradise lost - Satan contemple le Mont Nephratès du haut d'une corniche élevée.


King Kong dominant Skull Island du haut de son repaire.




Le géant Antaeus.



Jack et Ann en fuite.





Les travailleurs de la mer


L’intérieur de la caverne de Kong




L'enfer de Dante


L'entrée de la corniche





Ariosto



Un petit creux ?




Si les créateurs de « la 8ème Merveille du Monde » peuvent dire merci au plus grand illustrateur français de tous les temps, l’artiste pourrait bien leur rendre la pareille. En effet, pour le 100e anniversaire de la naissance de Gustave Doré, quel plus bel hommage pouvait-on lui rendre que l’entrée en production de King Kong.


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PostPosted: 19/03/2013, 01:43    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

L'ILE DES MORTS

L’Île des Morts (Die Toteninsel) est un tableau d’Arnold Böcklin (1827-1901), une peinture à l'huile sur toile de 80 cm x 150 cm. Elle représente une île au coucher du soleil, vers laquelle se dirige une embarcation conduite par Charon, le guide des morts. À ses côtés dans le bateau, un défunt debout, dans son linceul regarde vers la crique dans laquelle va entrer la barque.

Sur l’île, une cour dans l’ombre, des rochers escarpés et de hauts cyprès donnent à l’ambiance un parfum de solitude et d’oppression.

Il existe cinq versions différentes de la toile réalisées par Arnold Böcklin à différentes périodes :

en 1880, conservée au Kunstmuseum de Bâle
en 1880, conservée au Metropolitan Museum of Art de New York
en 1883, conservée à l'Alte Nationalgalerie de Berlin
en 1884, détruite lors du bombardement de Rotterdam pendant la Seconde Guerre mondiale1
en 1886, conservée au Museum der bildenden Künste de Leipzig




Version de Bâle, 1880


Version de New York, 1880


Version de Berlin, 1883


Version de Leipzig, 1886




Cette œuvre est une des peintures les plus célèbres de la deuxième moitié du XIX° siècle et continue d’influencer la création de nos jours. Il existe des dizaines de références aux différentes versions du tableau de Böcklin à travers la littérature, le cinéma, le théâtre, la poésie, la bande dessinée et j'en passe… Ce tableau, reproduit à des milliers d’exemplaires, jouit d’une extraordinaire popularité et impressionna un nombre considérable de personnalités : Bela Lugosi et Bram Stoker, vrais connaisseurs, Lénine qui l’accrocha au-dessus de son lit à Zurich, Freud qui l’associa en rêve à l’Ile du Diable de Dreyfus, et Hermann Hesse, Strindberg, Goldberg, Clemenceau, Dali, Druillet, Giger, Zélazny, etc. Hitler a même eu en sa possession l'exemplaire de 1883 qui est exposé à Berlin. Lui qui se disait "fou de Böcklin" était également un grand admirateur de King Kong dans lequel l'île du crâne (Skull Island), la forteresse de la bête, n'est autre qu'un des nombreux avatars de l'Ile des Morts.

C'est également l'avis de Roger Dadoun qui écrivait: "L’Ile du Crâne, aux hautes falaises jurassiques, sur laquelle débarque une équipe de cinéastes à la recherche de la Bête monstrueuse et « huitième merveille du monde » King Kong, de Schoedsack et Cooper, est une magistrale variation sur le thème insulaire de Böcklin".

En effet, les auteurs de King Kong, et tout particulièrement Willis O’Brien, prirent pour modèle de leur île imaginaire le fameux tableau de Böcklin. Skull island, l’île de King Kong, ressemble étrangement à l’Ile des Morts. Les réalisateurs s’en sont inspirés à cause de la même interrogation sur les rapports entre l’homme et la nature. L’île est entourée de hautes falaises qui ne permettent de l’aborder que par un seul côté, une crique. C’est également le cas de Skull Island, flanquée d’une muraille naturelle, dont l’unique accès est un bout de plage.


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PostPosted: 19/03/2013, 14:19    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

WILLIAM MORTENSEN – L’AMOUR (années 30)




"le sexe est bien sûr l''intérêt du sujet, auquel est ajouté ici une dimension morbide de par les implications sadiques du thème." – Mortensen




William Mortensen (1897 - 1965) était l'un des photographes les plus connus et respectés en Amérique dans les années trente. Il a travaillé principalement dans le sud de la Californie en tant que portraitiste pour les studios d’Hollywood et a plus tard enseigné ses méthodes et ses idées aux jeunes générations. Si il est un peu tombé dans l’oubli aujourd'hui, c’est principalement due à sa défense du pictorialisme, un mouvement au sein de la Photographie qui favorisait la retouche, le travail à la main sur les négatifs, des traitements chimiques et une approche picturale artistique qui disparu peu à peu avec l'avance du modernisme.

Installé à Hollywood Boulevard (ou il avait également son studio) jusqu’en 1931, il déménagea ensuite à Laguna Beach à cause, selon lui, de la Dépression et des changements à Hollywood avec l’arrivé du cinéma parlant. Fay Wray, dans son autobiographie « On the Other Hand », en donne une autre version. En 1928, des photographies de la jeune actrice –prises par Mortensen des années auparavant – furent publiées dans une revue cinématographique. Bien qu’il ne s’agisse pas de nues, elles étaient considérées comme indécentes à l’époque et étaient accompagnées d’un compte-rendu de son escapade non chaperonné (1) à Hollywood sept ans auparavant. Avec l’appui de la branche publicitaire de la Paramount, la mère et le mari de Fay Wray firent pression sur Mortensen pour qu’il signe un document démentant toute cette histoire et dans lequel il niait également avoir pris ces clichés. C’est peut être la raison que le poussa à déménager.



On retrouve l’œuvre de Mortensen pour cette publicité de The Ape figurant dans un exhibitor book de Monogram pour la saison 1939-40.




(1) comprendre qu’elle n’était pas accompagnée d’un membre de sa famille ou d’une personne de confiance chargée de veiller à ce qu’elle n’ait pas de relations sexuelles avant le mariage.


Last edited by SKULL.ISLAND on 15/01/2014, 14:35; edited 1 time in total
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PostPosted: 23/05/2013, 22:34    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote




Stark Mad, réalisé par Lloyd Bacon en 1929, était distribué en version parlante ou muette selon les cas. Quatre ans avant King Kong, ce film réputé pour être totalement perdu présentait déjà un singe d'une taille inhabituelle. A la recherche de son fils Bob, disparu en compagnie de son guide Simpson, James Rutherford (Claude Gillingwater) organise une expédition dans les jungles d’Amérique Centrale. Accompagné d’Irene (Jacqueline Logan), la fiancée de Bob, et du capitaine Rhodes (Henry B. Walthall), Rutherford est rejoint sur place par le professeur Dangerfield (H. B. Warner) qui ramène avec lui Simpson (André Beranger), que son séjour dans la jungle a rendu à moitié fou.

Une nuit, alors que la troupe établit son campement dans un temple maya, des bruits étranges alertent les limiers qui se mettent aussitôt en quête d’une proie invisible. Partis à la recherche des chiens, Rutherford, Irene et Dangerfield arrivent devant une immense porte en train de se refermer. Appuyant de tout leur poids, ils arrivent à laisser un passage juste assez grand pour qu’Irene puisse s’y glisser mais celle-ci disparaît avec un grand cri. Forçant la porte, les hommes découvrent un énorme singe enchaîné au milieu du sol. Rejoint par le reste de la troupe, ils explorent les différentes salles du grand temple quand Rhodes est emporté par un étrange monstre munis de serres poilues. Au court de la nuit, d’inquiétants messages les enjoignant à quitter les lieux sont découverts un peu partout avant qu’un des membres soit tué par une flèche. Pour tous, il devient vite évident que le gorille peut défaire ou remettre ses chaînes quand il le souhaite.





Au cours des évènements qui suivent, Irene est secouru et le capitaine Rhodes fait sa réapparition mais entraîne bientôt la suspicion des autres quand ils découvrent que son bras soit disant paralysé est tout à fait mobile. S’échappant à travers la salle, Rhodes barricade la porte de l’extérieur et actionne un mécanisme qui provoque l’écroulement du sol à partir du centre de la pièce. Alors que le trou s’agrandit et que les dalles vont s’écraser au fond d’un profond marais, forçant les membres de l’expédition à se coller à la paroi, une petite fenêtre haut placé sur l’un des murs se trouve être la seule chance de salut. Dangerfield réussit à hisser Irene jusqu’à l’ouverture mais le singe apparaît et l’agrippe. Simpson, que les autres avaient laissé sur le bateau, vient les secourir in extremis après avoir peu à peu retrouvé la raison. Rutherford apprend du guide que l’ermite dément qui habitait les ruines du temple avait tué Bob quelques mois plus tôt avant d’être tué à son tour par Simpson, victime lui aussi des « horreurs de la jungle »…





Son statut de film perdu et les maigres informations le concernant font de Stark Mad une oeuvre intrigante à plus d’un titre. Le pitch ne permet pas de savoir ce qu’il advient du Capitaine Rhodes ni ce qui justifie ses actions. La présence du singe n’est pas expliquée non plus, pas plus que celle du monstre aux serres poilues, ni comment Rhodes réussit à lui échapper. Une ombre plane également sur le mystérieux ermite et son implication dans la mort de Bob. Le scénario, qui provient du propre matériel de presse de la Warner, peut seulement laisser supposer la teneur du film et n’a pas nécessairement été filmé tel quel. Affilié au genre jungle quest, Stark Mad peut aussi être rattaché à un autre genre très en vogue à la fin des années 20 : les films ayant des intrigues se passant dans de vieilles et inquiétantes demeures remplies de passages secrets, de trappes et autres mécanismes et pièges mortels, ici transposées dans un temple Maya.

Une jungle mystérieuse, des ruines anciennes, un gorille derrière une grande porte, et qui plus est n’est pas insensible au charme féminin : il n’en faut pas plus pour ranger Stark Mad dans la catégorie des précurseurs.






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SUPERMEGALOSAURUS
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PostPosted: 17/01/2014, 18:16    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

Nan mais... Des fois je me demande ce que j'ai dans les yeux... 


Pas loin d'un an que ce dossier de FOU FURIEUX est là, et je viens seulement de le voir... C'te honte...


Bon, c'est tellement énorme que je ne vais pas le lire maintenant, surtout que j'ai encore pas mal de boulot à abattre ce soir, mais je me le garde au chaud pour ce weekend ! Y'a de quoi faire !



Et c'est qui l'plus fort ?
C'est Skil, comme d'habitude !
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joja
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PostPosted: 23/02/2014, 21:44    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

The Monkey Talk est vraiment excellent!
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PostPosted: 26/02/2014, 20:51    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

Comme toujours mon cher Skull (je ne le redirais jamais assez), c'est du lourd.
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Megaprimatus Kong

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PostPosted: 02/03/2014, 19:28    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

Je profite de la date d'aujourd'hui (2 Mars) pour insérer ici une petite surprise que je n'ai toujours pas mentionné. Moi qui pensais naïvement pouvoir boucler ce dossier en quelques semaines, voici que je me retrouve, un an après, à trimmer comme un forcené pour en voir la fin (qui est cependant proche, rassurez-vous). Si ce dossier a été concocté pour les 80 ans de King Kong, c'est par contre aujourd'hui que nous fêtons son 81ème anniversaire. Il fallait donc quelque chose d'un peu spécial... et je vous l'ai trouvé !

Comme nous venons de le voir, finalement, The Gorilla ne sera pas le premier vrai singe géant avant King Kong mais le roi de Skull Island, on ne le sait pas, eu cependant un prédécesseur, bien qu’un peu plus modeste. En 1926, Howard Hawks réalise Sa Majesté la Femme (Fig Leaves), où un couple de citadins, Adam et Eve Smith, est perturbé par l’obsession de la jeune femme pour la mode et de son métier de mannequin. Lors d’un prologue préhistorique, Adam et Eve incarnent le premier couple de l’histoire de l’humanité. Parti chasser, Adam, grimé en homme préhistorique, tombe nez à nez avec un singe de trois mètres qui surgit de la forêt. Se sentant menacé, il frappe l’animal avec sa lance et se prend en retour une monumentale volé qui l’envoie valser quelques mètres plus loin avant que l’énorme primate ne reprenne tranquillement sa route. Cette courte séquence de quarante secondes qui ouvre le film marque sans doute la toute première apparition d’un singe géant au cinéma. Un véritable chimpanzé, inséré dans un décor de jungle miniature, a été utilisé pour tourner la scène. Les trucages fonctionnent parfaitement, rendant cette petite scénette assez succulente. Un peu tombé dans l’oubli, ce film n’est jamais mentionné dans les ouvrages consacrés à King Kong. Peut être est-ce dû à la brièveté de la scène mais personne se semble avoir remarqué ce précurseur. C’est une exclu Tonton Skull, bande de veinards…


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Titou.65
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PostPosted: 09/03/2014, 23:44    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

Je n’ai qu’une chose à dire :
« GRANDIOSE »
Une fois de plus tu nous offre de dossier à la mesure du roi Kong. Ce n’est pas faute d’acheter des livres en pagaille sur le sujet, mais je n’ai jamais vue autant d’infos et de précision que sur tes articles.
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PostPosted: 11/03/2014, 08:56    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

Un dossier d'une incroyable richesse, sans doute mon favori sur tout le Forum.

Merci encore SKULL pour partager tes recherches avec nous, et long live the King.
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T-REX 95
Brontosaure

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PostPosted: 11/03/2014, 15:58    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

Vraiment impressionnant, l'un des meilleurs que tu ais fait dans tout ce forum
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Pijalk
Tyrannosaure

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PostPosted: 11/03/2014, 18:51    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

Quel dossier croustillant ! Je vais avoir de la lecture pendant un sacré moment !
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Q5
Megaprimatus Kong

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PostPosted: 11/03/2014, 20:32    Post subject: Les origines de King Kong Reply with quote

J'attendais que tu ais fini ce dossier pour te féliciter pour ce dossier vraiment énorme et très bien fait, et te remercier pour les heures de lectures très instructives que tu m'as offerte Skull !! 

Ton dossier est probablement le plus complet jamais fait sur les origines du Roi de Skull Island ! En le lisant, on se rend compte qu'en fait King Kong 1933 n'a quasiment rien inventé : Ni le gorille géant, ni le gorille qui tombe amoureux, ni le gorille escalateur, ni le gorille géant qui dévaste une ville, ni l'île perdue remplie de dinosaures, ni même le gorille vénéré par les indigènes d'une île nommé "Kong" !

C'est dingue...
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PostPosted: Today at 21:43    Post subject: Les origines de King Kong

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