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LES FLUIDES MORTELS

 
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SKULL.ISLAND
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MessagePosté le: 30/06/2013, 23:41    Sujet du message: LES FLUIDES MORTELS Répondre en citant

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LES FLUIDES MORTELS



Le Blob, Caltiki, X, le Slime… autant de créatures mystérieuses venues des confins de l’espace ou de la nuit des temps, masses gélatineuses informes qui ne cessent de croître au fur et à mesure que leur appétit démesuré les poussent à absorber tout être vivant passant à leur porté. Qu’elles soient tapies depuis des millénaires dans les profondeurs de la Terre ou d’origine extra-terrestre, toutes n’auront de cesse de vous traquer pour vous aspirer, vous gnougnouter, vous suçoter jusqu’à la moelle. Ces choses répugnantes, gluantes et visqueuses suintent littéralement l'horreur de tous leurs pores et nous renvoient à nos peurs les plus viscérales. Tremblez, car les fluides mortels sont parmi nous et ils ont faim !






DU GEL QUI FAIT FROID DANS LE DOS


L’indicible, l’innommable, si souvent esquissé dans les écrits de Lovecraft, trouve ici un parfait « visage » avec ces êtres invraisemblables à l’anatomie plus que floue. Cette absence de repères anatomiques, justement, tente à susciter un sentiment de malaise, accentué par le mode de déplacement de ces créatures, tout en ondulation et reptation. Leur but n’est pas plus rassurant : totalement dépourvus d’émotions, ces choses rampant dans l’obscurité sont seulement mues par l’instinct de survie et une faim inextinguible. Leur seule préoccupation est de croître et de prospérer, quitte pour cela à engloutir la population mondiale. Pour certaines, leurs capacités à dissoudre toute matière organique en font de redoutables prédatrices pour l’humanité toute entière. Et ce n’est pas tout ! On retrouve souvent, lié à ces créatures, le thème de la contamination. Ainsi, de simples humains vont participer eux aussi à la monstruosité. Ceux qui se font happer par ces choses et en réchappent n’ont pas un sort plus enviable que les victimes ingérées en quelques secondes. Dans un premier temps, la matière visqueuse s’incorpore aux tissus humains et absorbe en quelques instant la substance vitale, sécrétant par ailleurs un produit toxique qui envahi le système sanguin jusqu’à atteindre le cerveau. Les contaminés finissent très vite par manifester des signes de démence avant, dans certains cas, de se transformer horriblement.

Initiée par la Hammer et Val Guest en 1955 avec Le Monstre, premier film de la série Quatermass, la filmographie de ces monstres singuliers et corrosifs s’étoffera de cinq nouveaux représentants en l’espace de six petites années seulement. Si la créature du Monstre n’est pas aussi spectaculaire que l'infâme Blob de 1988, elle porte déjà en elle tous les germes qui conduiront à l'éclosion de ces horreurs sans nom. On suit la lente dégénérescence physique et mentale d’un astronaute de retour sur Terre, rongé de l’intérieur par un mal mystérieux, ce qui n’est pas sans rappeler l’un des protagonistes au centre de Caltiki, tourné en 1960 par Riccardo Freda qui bouclait ainsi la boucle. Dans la suite des aventures cinématographiques du professeur Quatermass, La Marque, on découvrait d’horribles monstres une nouvelle fois très gélatineux. Entre-temps, en 1956, la Hammer Films avait aussi produit X…The Unknown et son étrange créature venue des profondeurs de la terre et absorbant tout sur son passage. Au Japon, Inoshiro Honda délaissa temporairement le kaiju eiga pour réaliser en 1958 L’homme H et ses créatures radioactives et liquides qui hantent les égouts de Tokyo. Mais c’est le Blob, réalisé la même année par Irvin S. Yeaworth Jr., qui va populariser l’image de cette infâme substance visqueuse. L’emploi de la couleur n’y est certainement pas étranger, le Blob y étant rose ou rougeâtre, tel un malabar géant face à un Steve McQueen tout jeunot. Le Blob connaîtra une suite en 1972 ainsi qu’un remake en 1988. Les années 80 verront également apparaître deux autres spécimens de moindre importance avec le Stuff, une crème particulièrement succulente qui se laisse docilement ingérer pour mieux vous exploser le crâne, ainsi que la chose de The Raft, le segment central de Creepshow 2, où une nappe gluante à la surface d'un lac engloutissait de jeunes innocents.


PROTOPLASMES EN FOLIE





LE MONSTRE (The Quatermass Xperiment / The Creeping Unknown, 1955) Val Guest.
Mise au point par le professeur Quatermass, une expédition spatiale revient de mission avec un seul survivant à son bord. Ses deux compagnons se sont littéralement volatilisés, ne laissant que des combinaisons vides. En état de choc, l'astronaute rescapé est victime d'un processus de mutation végétale qui s'étend bientôt à tout son bras. Essayant de percer le mystère de cette nouvelle forme de vie, Quatermass découvre que des spores de l'espace qui dévorent la matière cellulaire sont responsables de la mort des astronautes et qu'ils s'apprêtent à faire encore pire sur le survivant. Ce dernier, rendu fou furieux par son nouvel état, ressent un besoin irrépressible de tuer pour survivre...



Le professeur Bernard Quatermass, personnage créé en 1953 par Nigel Kneale pour la BBC, fait ici sa première apparition au cinéma après une série télévisée de six épisodes qui narrait déjà la même histoire. Le Monstre conte un funeste drame humain sous la forme d'un thriller de science-fiction qui débouche sur l'horreur. D'une taille microscopique à son arrivé sur Terre, l'alien prend possession de son hôte et le transforme progressivement en une masse informe, sorte de Blob avant la lettre, qui finit par atteindre six mètres de long sous sa forme finale. Moins cérébral que la série, le final du film est aussi plus spectaculaire : traqué par Quatermass, l'extra-terrestre se réfugie dans l'abbaye de Westminster pour y subir une mitose, autrement dit se dupliquer en d'autres cellules. Le savant fait alors dérouter toute l'électricité qui alimente la cité londonienne pour la rediriger sur Westminster et détruire le monstre avant qu'il ne se reproduise.





X… THE UNKNOWN (1956) Leslie Norman et Joseph Walton.
Alors que l'armée anglaise procède à des tests nucléaires dans une base écossaise, surgit une entité radioactive et souterraine d'une nature inconnue. Après avoir gravement brûlé deux soldats, la "chose" disparaît en laissant une faille sans fond dans la terre. Tous ceux qui croisent son chemin la nuit subissent les mêmes blessures tandis que la mystérieuse entité ne cesse de grossir au fur et à mesure qu’elle absorbe les radiations. Inquiet de voir un monstre radioactif errer la nuit dans les villes écossaises, un scientifique tente d’élaborer un dispositif anti-radiations pour mettre X hors d’état de nuire…





A l’origine, la Hammer envisageait ce film comme une suite à The Quatermass Xperiment mais Nigel Kneale refusa que le personnage du professeur Quatermass puisse être utilisé. Ce qui n'empêchera pourtant pas ce dernier de revenir l’année suivante dans La Marque (Quatermass II) toujours réalisé par Val Guest. X…The Unknown dégage d’ailleurs une ambiance proche des Quatermass, la menace rampante qui hante le film de sa fantomatique présence n’étant révélé que vers la fin. X ressemble à une masse boueuse phosphorescente qui se nourrit de radiations et inflige de terribles blessures à qui s’en approche. Dans certains cas, la peau et tous les tissus fondent littéralement, jusqu’à laisser apparaître le squelette. L’origine de X remonte à la naissance de la Terre, la combinaison des radiations et de la croûte terrestre en fusion engendrant une forme de vie qui se réfugia au cœur de la planète quand celle-ci vint à refroidir. Attirée par nos essais atomiques, une de ces entités millénaires est remonté à la surface dans le but de se nourrir à des sources radioactives. Mal lui en a pris cependant, nos voisins britanniques n’étant pas du genre à se laisser enquiquiner par un tas de boue, fut-il antédiluvien.





LA MARQUE / TERRE CONTRE SATELLITES (Quatermass II / Enemy from Space, 1957) Val Guest.
Quatermass se rend sur le point d’impact d’une chute de petites météorites que son équipe a détecté au radar. Il découvre non loin de là une mystérieuse usine mais il doit quitter les lieux sous la contrainte d'agents de sécurité armés. Avec l'appui d'un politicien et d’un vieil ami policier, le professeur mène l'enquête sur les activités de l'usine et ne tarde pas à découvrir qu’on y fabrique des substances pour nourrir des êtres multicellulaires en provenance d’une autre planète qui vivent dans de gigantesques coupoles. De plus, dans le voisinage de l’usine, d’étranges météorites transforment les gens en zombies…



Tout aussi réussi que le premier volet, cette suite distille un climat inquiétant avec cette invasion extra-terrestre qui se glisse insidieusement jusque dans les plus hauts rouages de l’Etat. Les nombreuses scènes se déroulant dans une raffinerie anglaise transformée en usine futuriste apportent également leur lot de décors impressionnants, accentués par des contres plongés qui font leur petit effet. Il faut néanmoins attendre les toutes dernières minutes pour voir apparaître les créatures, sortes de chapes hideuses et gluantes, tapies dans les cuves de l’usine, qui se repaissent d’éléments toxiques pour subsister. Lors d’un final renvoyant directement au Godzilla de 1954, les trois créatures de près d’une centaine de mètres de haut ravagent l’usine après que les dômes qui reproduisaient leur habitat naturel aient été détruits. Habituées à absorber un composé chimique à base d’ammoniaque et de méthane, elles succomberont à notre atmosphère dont l’oxygène agit comme un poison.





L’HOMME H (Bijo to Ekitainingen, 1958) Inoshiro Honda.
A la suite de tests nucléaires, des pêcheurs en mer se retrouvent sur le passage du nuage radioactif et subissent une mutation spontanée aboutissant à une substance gélatineuse. La nouvelle créature a le pouvoir d'absorber tout être humain passant à sa portée et s’approprier toutes les connaissances et l’intelligence de ses victimes. Après avoir ramené le bateau au port de Tokyo, elle prend en chasse un gang de Yakusa qui a élu domicile dans les égouts.



L'Homme H constitue un étrange mélange de science-fiction, de polar et d'épouvante auquel s'ajoute les habituelles considérations sur le péril nucléaire, typiques du cinéma fantastique nippon de l'après Seconde Guerre Mondiale. Le film se base, bien évidemment, sur le traumatisme des bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki mais aussi sur les souffrances dont ont souffert des pêcheurs nippons, voyageant sur le mal nommé Lucky Dragon, après avoir traversé une zone supposée « sûre » où ont été testées des bombes nucléaires. Dans la grande tradition blobesque, le monstre ressemble à une masse de gelée gluante adoptant, parfois, une apparence vaguement humaine mais généralement semblable à une simple flaque dissolvant ses victimes. D'une couleur bleutée, il peut ramper sur les murs et s’introduire partout mais peut être détruit à l’aide d’un lance-flamme. Sa particularité est sans nul doute d’être un des rares blobs « intelligents » de cette filmographie.





DANGER PLANETAIRE (The Blob, 1958) Irvin S. Yeaworth.
Un couple assiste à la chute d’un météore qui explose derrière une colline. Arrivés près des lieux, ils tombent sur un vieil homme dont la main est couverte d'une substance visqueuse qui s’est échappé de l'objet tombé du ciel. L’homme est amené chez le médecin mais la chose inconnue évolue et se répand sur tout son corps, puis absorbe le pauvre bougre, ainsi que le médecin. La Police ne prend pas l'évènement au sérieux, mais la substance informe semble grandir alors que la liste des victimes s’allonge…



Loin d’être un film majeur, Danger Planétaire est pourtant le seul de cette liste à avoir fait de sa créature une icône pop immédiatement identifiable. Parmi les « choses » présentées ici, il est indéniable que celle qui a eu le plus d’impact sur l’imaginaire collectif est le Blob. A l'origine, le film devait s'appeler "The Molten Meteor" et le monstre, quant à lui, a faillit être baptisé le Glob. L’auteur du scénario, Irving H. Millgate, le décrit comme un minéral. A son arrivée sur Terre, il est de la taille d’une balle de base-ball et mesure environ quinze mètres lors du climax. Il absorbe la chair à son contact comme un acide, croissant en taille (et en appétit) à chaque nouvelle victime. Son activité semble s’intensifier durant les chaudes nuits d’été et il se révèle impossible à tuer. Seul le froid peut le stopper dans sa progression : gelé il entre en hibernation.





THE FLAME BARRIER, 1958, Paul Landres.
Un satellite s'écrase dans la jungle du Yucatan, recouvert d'un protoplasme extraterrestre aux propriétés acides, consumant tous les être vivants passant à sa portée... y compris l'expédition de la femme du professeur Dahlmann, partie à la recherche de son mari disparu.



Sorti dans la foulée du Blob, ce petit film n&b de 70 minutes mélange agréablement monstre protoplasmique et film de jungle. Correctement réalisé par Paul Landres (The Vampire, Return of Dracula) d'après un script de George W. Yates (Them!, Les Soucoupes Volantes Attaquent), The Flame Barrier exploite également la veine légendaires, les indigènes craignant le Dieu de feu tombé du ciel, digérant ses profanateurs et ne laissant derrière lui que leurs squelettes. L'aventure se termine dans une caverne, où l'on retrouve le satellite et le savant, ingéré - comme il se doit - par la chose. Le monstre sera finalement grillé par l'arc électrique formé par les minerais de la grotte et des cellules photovoltaïques (leur première apparition dans un film de SF).





CALTIKI, LE MONSTRE IMMORTEL (Caltiki, il Mostro Immortale, 1959) Riccardo Freda.
Cherchant à connaître les raisons qui ont poussé la civilisation Maya à abandonner la cité de Tikel en 607 avant J.C, une équipe d’archéologues mène une expédition vers le temple de la Déesse Caltiki. Sur place, ils découvrent une grotte cachée abritant la statue de la déesse ainsi qu’une piscine. L'un des membres s'aventure à y plonger pour l'explorer mais mal lui en prend, le pauvre homme est décharné par une horrible créature. Pourtant le groupe parvient à détruire la chose qui y habite et en prélève un échantillon qui s’est collé au bras d’une victime. De retour à Mexico, les scientifiques établissent que l’échantillon appartient à un être monocellulaire d’un âge inconcevable. Après avoir déchiffré les anciennes inscriptions Maya retrouvées près de la piscine, ils découvrent que la radioactivité d'une comète de passage a eu pour effet de faire grossir la chose dans de gigantesques proportions, provoquant l’exil du peuple Maya. Comble de malchance, le retour de la comète est prévu pour le soir même…



Entamé par Riccardo Freda et terminé par Mario Bava, qui s'est aussi chargé de la lumière et des effets spéciaux, Caltiki est une habile synthèse des films précités et reprend la plupart des thèmes abordés depuis 1955. Il n’est pas clairement défini si Caltiki est arrivé à bord d’une comète ou bien si la chose est originaire de la Terre. Haute de deux mètres cinquante et plus large encore, cette amibe vieille de 20 millions d’années est bombardée de rayonnements radioactifs tous les 1,352 ans lors du passage de la comète Arsinoe. Animée par ce regain d’énergie, Caltiki sort de sa tanière et malheur à qui la rencontre. La déesse Maya dévore tous ceux qu’elle touche et les survivants sont rendus fou par la radioactivité. Tout comme le Blob, Caltiki peut être séparée en morceaux dont chacun continue à vivre indépendamment et à se développer. La chose peut ainsi se multiplier à l’infini mais, alors que c’est le froid qui stoppe les ardeurs du Blob, Caltiki est vulnérable aux flammes.





ATTENTION AU BLOB (Beware ! The Blob / Son of Blob, 1972) Larry Hagman.
Lors de travaux d'excavation, on découvre un contenant métallique indiquant "spécimen à garder gelé". Par négligence, le cylindre reste exposé à la chaleur ambiante et en quelque instant une chose gluante d'un rouge vif en sort par elle-même. Cette masse gélatineuse devient de plus en plus énorme au fur et à mesure qu’elle absorbe tout ce qui vit…





C’est à Larry Hagman (Le terrible Jr. de "Dallas") que l’on doit cette suite tardive à Danger Planétaire. Si les intentions sont louables, le film reste plus proche de la comédie potache un peu pataude que du film d’horreur pur et dur. La dernière 1/2 heure est certainement la plus réussie, avec de belles apparitions du Blob et quelques idées amusantes, comme celle de ce prêtre qui brandit un crucifix devant la créature, croyant sans doute avoir à faire à une manifestation du Malin. Le Blob finira gelé sur une patinoire, probablement pas pour bien longtemps, comme le laisse supposer une fin délibérément ouverte. Jack H. Harris, le producteur du film, avait déjà produit Danger Planétaire en 1958 et sera également derrière le remake du Blob en 1988, trente ans plus tard.





THE STUFF (1985) Larry Cohen.
Un homme découvre un jour une substance blanche et décide inexplicablement de la goûter. Il s’avère que cette pâte à un goût délicieux, qu’elle est pauvre en calorie et qu’elle annule les effets de la fatigue quand elle est consommé régulièrement. Commercialisée sous le nom de "The Stuff", cette sorte de crème dessert devient vite le produit en vogue et les ventes s’envolent. Mais une nuit, un jeune garçon se lève pour aller grignoter et s’aperçoit avec horreur que la crème est vivante. Il tente d'avertir ses parents, en vain, ceux-ci étant déjà sous l'emprise de la mystérieuse substance. Et le Stuff a également quelques effets secondaires plutôt impressionnants...



Ecrit et réalisé par Larry Cohen, ce film est une satire de la société de consommation et du monde publicitaire avec son espèce de Nutella passé à la javel qui transforme les gens en zombies junkies. D’origine souterraine, le Stuff est une substance blanchâtre et pâteuse qui, quand elle est consommée par voie orale, devient très addictive. Elle finit par remplacer le sang (et implicitement les organes) et contient un parasite qui prend le contrôle mental de la personne qui l’ingère. Quand le stuff décide de s’extraire de son hôte, il le fait par la bouche, ce qui cause en général l’éclatement de la tête. Le stuff peut aussi former de puissants tentacules pour agripper ce qui passe à sa porté. A son stade le plus élevé, il est assez grand pour recouvrir un quartier. Seuls le feu ou l’électricité peuvent en venir à bout.





CREEPSHOW 2 « The Raft/Le Radeau » (1987)
Deux jeunes couples décident de profiter de la fin de l’été pour aller se baigner dans un lac de montagne. L’endroit est désert et silencieux. Alors qu’ils essayent d’atteindre un radeau situé à quelques dizaines de mètre du rivage, l’un d’eux aperçoit une chose inhabituelle à la surface de l’eau. Un canard qui passait par là est engloutit par ce qui ressemble à une nappe de mazout et qui se dirige rapidement vers le radeau. Les 4 tourtereaux se retrouvent piégés sur leur frêle esquif et ne tardent pas à se faire dévorer par cette chose.





Ce deuxième segment est certainement le meilleur de cette suite par ailleurs un peu fade. D’aspect peu ragoûtante, cette flaque visqueuse et noirâtre s’agrippe aux imprudents et dissout leurs chairs tel un blob aquatique mais on en saura pas plus sur ses origines.





LE BLOB (The Blob, 1989) Chuck Russell.
Une météorite s'écrase près d'une bourgade des Etats-Unis. Une masse gélatineuse s'en extrait et s'agrippe au bras d'un clochard pour soigneusement le ronger comme du suc gastrique. Visqueuse et répugnante, la chose se glisse partout pour traquer ses proies et aucune arme ne semble efficace contre elle au fur et à mesure qu'elle grossit. Une mystérieuse équipe gouvernementale investit alors les lieux et met la ville en quarantaine...





Dans cette nouvelle version, le Blob est désormais le résultat de recherches secrètes ayant aboutit à un germe bactériologique destiné à être répandu en cas de guerre. Plus gore que l’original, le remake de Chuck Russell assume pleinement son statut de film d’horreur et lâche sur la ville un Blob véritablement menaçant et nauséabond. Jusqu'ici, le gel rampant n'avait jamais vraiment su exploiter son potentiel et il aura ainsi fallu attendre 1989 pour pleinement apprécier les vertus d'un monstre pas comme les autres. Jamais il n’aura été plus répugnant, agressif et vivace, asseyant du même coup sa place de prétendant au trône des monstruosités morveuses les plus gerbatoires. D’une couleur blanchâtre à son arrivée sur Terre, cette petite saloperie vire rapidement au rose pendant sa croissance, sans doute les conséquences de l’hémoglobine accumulée dans son organisme. On retrouve les scènes clé du Blob de 1958, notamment celles se passant dans la chambre froide et le cinéma, ainsi qu'un final similaire où la chose est contenu grâce à de la neige carbonique. L'ultime minute est cependant plus ouverte : un prêtre fanatique n'attend qu'un signe du Divin pour relâcher dans la nature un morceau du Blob qu'il garde enfermé dans un bocal.



SLIME FAST


Si les années 50 ont vu fleurir l’essentiel, ou presque, de la production consacrée à ces entités protoplasmiques, les décennies suivantes vont également introduire d’autres spécimens plus ou moins proches, comme le Slime. Apparu pour la première fois dans une nouvelle de Joseph Payne Brennan en 1953, le Slime est une espèce de vase de couleur gris-noir dont la forme fluctue au gré de ses besoins. Formée quand la Terre était encore jeune, à partir du dépôt des fonds marins, la créature peut s'étirer ou se rétracter en boule et lancer de longs tentacules. Cette erreur de la nature est poussé par une seule et unique chose : sa faim insatiable. Se nourrissant aussi bien de planctons que de calmars géants, le Slime résidait alors au fond de l'océan depuis des millions d'années jusqu'à ce qu'une violente éruption sous-marine le projette à la surface. Se sentant plus mobile et léger que jamais sur la terre ferme, il s'attaque à des animaux de plus en plus gros jusqu'à ce que son périple le mène aux abords d'une petite ville. Très vite, les victimes s'accumulent alors que la police est impuissante. En effet, la structure du Slime, proche de celle d'une amibe, fait qu'il est imperméable aux balles et aux explosifs…

A la lecture de cette description, il devient évident que le Slime est bien à l'origine de toutes les horreurs évoquées jusqu'ici. Que ce soit le Blob ou Caltiki en passant par X, tous ont de troublants points communs avec le Slime. Sa filmographie "officielle" reste pourtant très modeste. Il apparaît pour la première fois dans The Green Slime (sortit chez nous sous le titre Bataille au-delà des Etoiles), une kitchissime co-production américano-japonaise datant de1968. Vert et très gélatineux, le Slime vit sur un astéroïde qu'une mission spatiale à reçu l'ordre de pulvériser. Pendant l’opération, un échantillon de la chose se colle à la combinaison d'un astronaute qui ne se doute pas qu'il ramène un passager clandestin à bord de la station spatiale. Se nourrissant d'énergie, le Slime profite d'être dans le sas de décontamination pour prendre la forme d'une espèce de cyclope verdâtre à tentacules dont le premier souci est de massacrer les hommes d'équipage et de se reproduire. Si les aliens du Green Slime s’éloignent de la chose imaginé par Brennan quinze ans plus tôt, il en va tout autant de la créature de Spawn of the Slithis (1978) où une boue radioactive contenant des matières organiques avait le pouvoir d'évoluer en une forme protoplasmique s'appropriant les caractéristiques de tout ce qu'elle absorbait. En 1989, se seront les salves verdâtres dégoulinantes de Slime City qui viendront maculer les écrans avec cette histoire de possession où un jeune homme, sous l’effet combiné d’une étrange bouillie gélatineuse et d’un alcool frelaté, se transformait en un monstre visqueux et purulent.







BLOBIBOULGA


Mais laissons là le Slime pour revenir au Blob et à sa descendance aux allures de Flanby mal dégrossi. Les premières scènes d’Horribilis (2005) sont un hommage appuyé au Blob : contaminé par une étrange substance visqueuse provenant d'une météorite, un homme se met à se transformer en monstre carnivore doté de tentacules. Le film d'animation Monstres contre Aliens (2009) a lui aussi son Blob. Il s'agit d'une masse de gel bleue translucide et indestructible, d’où émergent un œil et un orifice buccal. Baptisée le B.O.B (Bicarbonate Ostylezene Benzoate), il est dépourvu de cerveau, ce qui ne l’empêche pas d’œuvrer pour la sécurité nationale. Et dans ce bestiaire poisseux comme une motte de saindoux, comment ne pas évoquer Hedorah, "la poubelle de l'espace" qui affronte Godzilla dans le bien nommé Godzilla vs Hedorah (1971). A l'état larvaire au départ, ce magma organique né de la pollution se développe jusqu'à atteindre une taille de soixante mètres. Il peut voler tout en dégageant des vapeurs toxiques, projeter de la boue acide de son corps et envoyer des rayons par les yeux. Une telle recrudescence de pouvoirs à pourtant bien du mal à faire oublier une physionomie pour le moins déconcertante : Hedorah ressemble à une gigantesque crotte de nez (voir une crotte tout court) flanqué d'yeux énormes. Et en plus il pue ! Dans un registre encore plus décalé, L'Attaque de la Moussaka Géante (1999) n'est pas mal non plus, avec sa spécialité grecque transformée en monstre géant par une soucoupe volante. La chose envahit les rues d'Athènes, projetant des geysers de sauce mortelle sur son passage.


L'Attaque de la Moussaka Géante


A la télévision, les références au Blob sont légions également. Citons pour exemple le Simpson Horror Show XVII et l’épisode « Mariée au Blob » où une météorite s'écrase dans le jardin des Simpson. A l'intérieur se trouve un petit organisme vivant, vert et visqueux, qu'Homer ne peut s'empêcher de manger. Il devient alors un blob pris d'une faim insatiable et se met à avaler tout ce qui lui passe sous la main, y compris les humains. Dans Futurama, H.G. Blob (pour Horrible Gélatineux Blob) est un personnage récurrent. Le blob fait aussi son apparition dans les séries Oggy et les cafards « Mon ami le blob », Ugly Americans "Blob gets job" ou encore Archie, Mystère et Compagnie "Beware! The Glob".





On le voit, la blobmania n’est pas prête de s’arrêter. Saviez-vous par exemple que depuis l’an 2000, la ville de Phoenixville tient tous les ans son « Blob Festival ». On propose aux visiteurs de rejouer certaines scènes du film, notamment celle où le public évacue la salle de cinéma en hurlant. Courir en hurlant… c’est probablement la seule chose qu’il nous reste à faire devant de telles cauchemardesques visions.




Ce dossier est paru à l'origine dans Metaluna # 8 (juillet 2012)





The Blob (affiche italienne)








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joja
Stégosaure

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MessagePosté le: 30/01/2014, 19:54    Sujet du message: LES FLUIDES MORTELS Répondre en citant

Celui de Bataille au-delà des Etoiles en VRAIMENT chelou!
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Pijalk
Tyrannosaure

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MessagePosté le: 29/06/2015, 17:00    Sujet du message: LES FLUIDES MORTELS Répondre en citant

Une sorte de blob apparait dans Ghostbusters 2.



Ici dans la baignoire.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:25    Sujet du message: LES FLUIDES MORTELS

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